vendredi 26 décembre 2014

Bouquin : Police

Harry, es-tu là ?

Est-ce le réchauffement planétaire et la fonte des glaces mais la source des polars nordiques semble intarissable et Jo Nesbo n’est pas en reste.
Voici donc Police (on a loupé un ou deux épisodes précédents).
Pourtant depuis quelques temps, depuis le Bonhomme de neige notamment, la plume du norvégien s’est essoufflée et semble avoir pris un virage qui ne nous enthousiasme plus guère : thriller, serial-killer et policiers ripoux, ces ingrédients trop classiques prennent désormais toute la place et Police(avec un titre pareil, c’était couru !) coule de la même veine.
Reste notre fidélité à cet auteur découvert il y a plusieurs années et une écriture toujours très pro, évidemment.
Un serial-killer s’en prend à des flics qui semblent avoir en commun le fait de ne pas avoir élucider d’anciennes affaires …
[…] « Tu vois quelque chose ? demanda Katrine.
— Ouais, dit Harry.
— On a besoin des TIC ?
— Ça dépend.
— Ça dépend de quoi ?
— Ça dépend si la Brigade criminelle est prête à se charger de cette mort. »
[…] Comme disait Harry, un tueur en série, c'est une baleine blanche. Un tueur en série de policiers, c'est une baleine blanche à pois roses. Il n'y en a pas deux.
[…] Rien que dans le district d'Oslo… il y a combien de policiers ?
— Mille huit cent soixante-douze », dit Katrine. Ils la dévisagèrent.
Elle haussa les épaules. « Je l'ai lu dans le rapport annuel de la police du district d'Oslo. »
Ils continuèrent de la dévisager. « La télé du studio ne marche pas, et je n'arrivais pas à dormir. OK ?
— Peu importe, dit Bjørn.
Jo Nesbo nous a habitué aux fausses pistes longuement crédibles, mais cet épisode est épicé de deux passages particulièrement retors (au tout début et à la toute fin) pendant lesquels l’auteur nous roule joliment dans la farine sur plusieurs pages et nous fait prendre, très habilement il faut le reconnaitre, des vessies pour des lanternes : on se surprend même à relire frénétiquement les pages précédentes en se disant mais, bon sang de bonsoir,  comment a-t-on pu lire/croire que …
Cruel est l’auteur pour le lecteur crédule.
Et bien sûr c’est un festival, on a droit à du ‘grand’ Harry Hole toujours aussi déjanté qui ravira, une fois de plus, les inconditionnels de la première heure.
[…] — Il a parlé d'une intuition, dit Beate. Par là, il veut dire…
— Une analyse fondée sur des faits non structurés, dit Katrine. Connue sous le nom de “méthode Harry”.
[…] Øystein prit une cigarette et l'alluma avec son briquet.
« Harry.
— Oui.
— T'es le plus enculé de solitaire que je connaisse. » Harry regarda sa montre. Bientôt minuit. Il cligna des yeux.
« Je dirais plutôt seul.
— Non. Solitaire. Par choix. Et bizarre.
— Bon, dit Harry en ouvrant la portière.
[…] « Bon sang, Harry… Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
— Juste une explosion. C'est moins grave que ça en a l'air.
— Pas grave ? Tu as l'air d'une orange de Noël avec ses clous de girofle.
— C'est seulement…
— Je veux dire, une orange sanguine, Harry. Tu pisses le sang.
[…] Harry déboula à l'accueil. Les gens le regardaient fixement et s'écartaient. Une femme se mit à crier, une autre plongea derrière un comptoir. Harry se découvrit dans le miroir derrière le comptoir. Un type de près de deux mètres, rescapé d'une bombe, avec à la main le pistolet automatique le plus hideux de la planète. « Sorry, folk », marmonna Harry. Et il passa la porte à tambour.
Réservé aux fans.
À ceux qui ne connaîtraient pas encore (mais est-ce possible ?), on conseillera plutôt d’anciens épisodes comme Le sauveur ou Rue Sans-souci, dans un registre moins thriller et plus intello-polar.


Pour celles et ceux qui aiment Harry Hole.
D’autres avis sur Babelio.

1 commentaire:

keisha a dit…

J'ai aussi remarqué la tendance au sérial killer et j'aime moins. Mais bon, Nesbo sait y faire, peut être me laisserai-je tenter ? (j'ai abandonné depuis quelques aventures, au Bonhomme de neige je crois)