Les séries de MAM & BMR

Netflix & Chill.
On est devenus accros aux séries, même BMR s'y est mis : c'est donc dire si le virus est pernicieux et loin d'être bénin. Avec le streaming (genre Netflix) on peut se visionner 2 ou  3 épisodes par soirée et savourer à haute dose (binge watching) ces séries (souvent policières pour ce qui nous concerne) plutôt habilement filmées : intrigues croisées, personnages travaillés, réalisation soignée et souvent originale. Des séries qui ont quelque chose à dire.

Hinterland (ou Y Gwyll en VO de la VO) : une série policière qui met en scène un flic anglais muté au Pays de Galles (on devine qu'il a la laissé derrière lui femme et enfants, on ne sait trop ni comment ni pourquoi).
Des polars très classiques (scène de crime, enquête, ...) avec des intrigues qui remontent dans le passé de la Cambrie (un peu à la Indridason, je ne sais pas si ce sont les paysages ...).
De beaux paysages battus par les vents, les pluies et les flots et un pays de taiseux où chacun préfère sa propre compagnie comme il est dit dans l'un des épisodes, ce qui convient parfaitement à notre flic au passé mystérieux.
Des épisodes qui sont un peu longs (1h30) mais chacun constitue une enquête indépendante (même s'il est préférable de les regarder dans l'ordre pour découvrir peu à peu les différents enquêteurs, comme dans une série de bouquins).
Et puis en prime, l'exotisme du Cymru cambrien, face à l'Irlande, aux noms délicieusement imprononçables (on a beau même se repasser plusieurs fois le passage, sans succès !).

Une série française (bof ...) adaptée d'un thriller de Jean-Christophe Grangé (re-bof ...) : Le passager.
Et bien si, ça marche !
Le passage au format série (6 épisodes 2015 Antenne 2 et Netflix) est plutôt réussi et la réalisation pas du tout cheap : décors extérieurs, figurants, matos et explosions, tout est là. La série est portée par un Hugues Anglade très à l'aise dans un rôle de psychiatre fou (ou de fou psychiatre, on ne sait pas trop).
La fliquette borderline et bordelaise (Raphaëlle Agogué) est moins convaincante mais bien mimi tout de même.
On a bien aimé la première partie dans les bas-fonds de la misère humaine (asiles de fous et repaires de clodos) à la poursuite du serial-killer qui revisite les grands mythes (Icare, Œdipe ou Prométhée). La seconde partie avec le complot des sombres officines du Monde tel qu'il va (trafic d'armes, essais cliniques pharmaceutiques, barbouzes et notables bordelais) est plus convenue.
Après la mémoire dans la peau : l'amnésie dans le pif ...

Paranoid : une petite série policière so british.
La réalisation est sans esbroufe (plutôt pièce de théâtre pour ce quasi huis-clos provincial) et l'intrigue n'a rien d'extraordinaire (les ramifications d'un complot d'un trust pharmaceutique) mais on reste vite accro aux personnages particulièrement bien campés et qui font preuve d'un humour décapant.
Au menu donc, trois inspecteurs de la cambrousse anglaise (un jeunot, une moins jeune et un plus vieux) qui seront même accompagnés un peu plus tard d'un duo allemand de Düsseldorf (une jeune femme et un gay).
Les deux nanas (la british et la german) sont plutôt déjantées et font pétiller les dialogues.
N'oubliez pas de prendre vos petites pilules après avoir visionné ces 8 épisodes.

Trapped : une série islandaise (et oui !) dirigée (et en partie filmée) par le remarquable Baltasar Kormakur que l'on avait déjà apprécié au cinéma [clic].
Un huis-clos dans une petite bourgade islandaise dont les citoyens vont se retrouver bloqués quelques jours par une tempête de neige. Le dernier ferry vient de débarquer avec (entre autres) ... un cadavre. Le premier.
La police locale (façon Fargo) mène l'enquête ou plutôt les enquêtes car, bien évidemment, plusieurs intrigues vont s'entrecroiser.
L'Islande est toujours aussi grise, glacée et neigeuse.
La petite ville où ont lieu ces quelques événements, avec son port, son usine de poissons, la petite ville est un personnage à part entière (un lieu commun mais qui est ici particulièrement adapté).
Plusieurs intrigues se croisent, très imbriquées dans le tissu social et économique de l'île : on y apprend beaucoup de choses, c'est presque un docu-fiction, bien maîtrisé du premier au dernier des dix épisodes.

The Killing : une série danoise particulièrement accrocheuse, un peu dans le style de Bron . La recette de ces séries policières est redoutablement efficace : d'abord des personnages particulièrement typés, y compris plusieurs seconds rôles (ici, les femmes sont particulièrement mises en valeur), ensuite des fausses pistes qui s'enchaînent au fil des épisodes (on le sait mais ça ne fait rien, on est là pour les personnages), une réalisation et une mise en images soignées, enfin un ancrage dans le politique ou le social qui veut nous ouvrir les yeux sur nos voisins.
Sarah Lund, la fliquette de la série, est complètement obnubilée par son enquête au point de malmener ses collègues, de négliger ses proches (mère, compagnon, enfant, ...) et de ne pas quitter le même horrible pull nordique tout au long de la série (pull désormais devenu célèbre). Mais ses beaux yeux verts n'ont pas leurs pareils pour, au détour d'un dialogue ou d'un interrogatoire, détecter la petite lumière qui fera avancer l'enquête ...
Un meurtre sadique avec en toile de fond la campagne électorale pour la mairie de Copenhague, dans cette ambiance propre aux séries nordiques : froid sombre et pluvieux, personnages taiseux, dialogues féroces, accents dépaysants.
Il faut également noter que cette série explore longuement les douleurs et les tourments endurés par les parents de la victime, c'est assez rare.


Narcos, ah Narcos ...
C'est par Narcos que l'on découvrit la qualité de ces séries qui ont quelque chose à dire et que donc nous sommes devenus accros à la drogue Netflix.
Un quasi documentaire (avec voix off) sur l'incroyable épopée de ce trafiquant colombien.
MAM fut littéralement happée (au point de regarder en VO - principalement espagnol - sous-titrée en américain !) mais BMR visionna la série d'un œil distrait ... car il venait tout juste de s'empiffrer les 700 pages du Cartel mexicain !
2 saisons pour un total de 20 épisodes.




Bron en danois, Broen en suédois, The Bridge en anglais.
Petit coup de cœur pour cette passionnante série aux héros attachants qui nous entraînent dans leurs aller et retour sur ce fameux pont de l'Øresund qui relie le Danemark à la Suède.
Ça commence fort avec un cadavre découpé en deux morceaux placés juste sur la frontière au milieu du pont : deux flics de chacune des deux polices vont devoir collaborer tout au long d'u
ne série très policière (meurtres en série, ...) entre Copenhague au Danemark et Malmö en Suède.
Le danois Martin (Kim Bodnia) et la suédoise Saga (Sofia Helin) sont aussi opposés que possible.
Lui est plutôt bon vivant (3 femmes, 5 gosses !) et pas très à cheval sur les règlements, elle, est franchement psychorigide (elle porte plainte contre son collègue danois lorsqu'il franchit la ligne jaune !) : cela nous donne situations et dialogues ironiques et percutants (sans bruit ni fureur, toute la place est laissée au sujet et aux dialogues).
Une série où l'on apprend beaucoup de choses sur ces deux pays, notamment parce que les meurtres du serial killer sont orchestrés sur des thèmes de société : SDF, égalité devant la loi, logement, immigration, exploitation des enfants, etc ...
La première saison comprend dix épisodes très accrocheurs, sauf peut-être les deux ou trois derniers dont les péripéties deviennent un peu trop rocambolesques.
Il existe plusieurs saisons de dix épisodes chacune.
À noter qu'il existe un remake franco-anglais : le Tunnel of course (mais pas vu).

House of cards c'est un peu l'emblème de Netflix puisqu'il s'agit de leur première série 'originale', l'une des premières séries où, en 2013, l'ensemble des épisodes ont été mis à disposition au même moment (pour la pratique de ce qui est devenu le binge watching).
Une série initialement adaptée et transposée d'une petite série britannique (non diffusée chez nous).
Autant être prévenus : House of cards n'est pas une série que l'on regarde distraitement du coin de l’œil. Il s'agit de manœuvres politiciennes sur l'échiquier de Washington DC au cœur du Capitole et du parti démocrate US et il vaut mieux ne pas manquer les petites phrases à double sens qui font tout le sel des dialogues très denses. Si le Capitole est un château de cartes fragile, l'exercice du pouvoir est un jeu de cartes aux règles complexes et l'on va découvrir ... le dessous des cartes.
Kevin Spacey et Robin Wright (excusez du peu !) y campent, sous la houlette de David Fincher, un couple d'orques féroces au pays des requins. Tous deux élégants et charmants, ils s'y montrent d'une arrogance froide et hautaine des plus réjouissantes, très british humour !
On devrait les haïr mais on les adore.
Les coulisses du pouvoir et du lobbying comme si vous y étiez : elle, est à la tête d'une ONG qui récolte des dons auprès de la bonne société de DC et lui, est le 'whip' chargé de maintenir dans le rang les députés du parti.
Seul bémol : malgré le brio dont fait preuve ce très beau couple, on finit par être un peu écœuré de toutes ces manipulations et magouilles politicardes sans même pouvoir se dire que l'on n'a pas les mêmes à la maison ... Une saison nous suffira.
Voilà une série qui nous change des policiers habituels.
On y découvre également (en jeune journaliste ambitieuse) Kate Mara la sœur de Rooney.
À noter que l'anglais des acteurs est ici particulièrement compréhensible.

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