mardi 12 juillet 2016

Cinoche : Truman


[...] Chacun meurt comme il peut.


Un film hispano-argentin avec Ricardo Darin ?
Il ne nous en fallait pas plus pour nous traîner dans une salle obscure un soir de finale.
Pourtant le programme ne s'annonçait guère réjouissant: un homme déjà âgé (Ricardo Darin), atteint d'un cancer, renonce aux soins qui lui permettraient de jouer les prolongations et s'apprête à quitter le match.
Un ami de longue date (Javier Camara, excellent, à presque voler la vedette à son ami), perdu de vue depuis qu'il vivait au Canada, a fait le voyage pour passer quelques jours avec lui.
Quelques jours qui seront l'occasion pour Darin de faire ses adieux à ses amis, son ex, son fils et ... à son chien.
Truman, c'est justement le nom du chien que Darin semble avoir tant de mal à quitter (il lui cherche une famille d'adoption) : une allégorie de tout ce que Darin s'apprête à abandonner derrière lui ...
Les espagnols sont supposés être un peuple méridional bavard et exubérant : visiblement il s'agit d'un cliché car on a affaire ici à des taiseux. Peu de mots sont échangés (mais beaucoup de regards !) et très peu de choses sont dites. Trop peu de choses même car c'est bien un film sur le difficile exercice (l'impossible exercice) d'exprimer ses sentiments face à la mort.
Et du sentiment il y en a (évidemment dans une pareille situation) même un peu trop dans cette chronique d'une mort annoncée.
La décision de Darin (renoncer aux soins et partir sans s'attarder) est difficile à accepter pour ses proches. La mort elle-même n'est pas facile à accepter. Et enfin, Darin lui-même n'est pas exempt d'états d'âme. Chacun a beaucoup de mal à dire, chacun fait semblant de ne pas voir, de ne pas savoir mais grâce à l'empathie du film (et de son réalisateur Cesc Gay) pour ses personnages, beaucoup de choses 'passent' en dépit de toute cette retenue.
Un film triste et mélancolique (un peu long parfois) sur le difficile exercice de mourir : [...] Chacun meurt comme il peut, nous est-il dit ici.

Pour celles et ceux qui aiment les fins de partie.
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