dimanche 26 juin 2016

Cinoche : Tout de suite maintenant


Un autre diamant noir.


Quel film a donc voulu faire Pascal Bonitzer avec ce Tout de suite maintenant ?
Pas facile pour le réalisateur d'emballer ce cadeau pour sa fille d'un rôle en or en compagnie d'un casting de choc.
Pas facile pour l'affiche de sortir en même temps qu'un autre film évoquant nos fantasmes et notre fascination pour les traders de la haute finance (je t'envie, moi non plus).
Pas facile pour le film de ne pas souffrir de la comparaison, Isabelle oblige, avec le Elle de Verhoeven.
Pas facile pour le spectateur de démêler tout ce que Bonitzer a voulu caser dans son film.
Une histoire de finance où les vieux requins et les jeunes loups feraient figure de doux agneaux à côté des personnages ici présentés. Même si cette 'fusion/acquisition' n'a rien d'un thriller, l’ambiguïté du personnage d'Agathe Bonitzer est plutôt réussie entre angélisme et machiavélisme redoutable, on ne sait trop de quel côté la balance doit pencher.
Une histoire d'amour(s) où ça couche à tout va (ou ça eut couché à tout va).
Une histoire de famille où les deux filles et leur papa Bacri forment un joli trio bien savoureux.
Une histoire étrange avec un chien fantôme et une femme de ménage vaudou.
Bref, chacun y verra ce qu'il peut et les commentaires dubitatifs à la sortie de la salle sont presque aussi savoureux que la séance elle-même !
Finalement, le film est bien loin de celui de Verhoeven, bien loin de l'affaire Kerviel et sans doute beaucoup plus proche du Diamant noir d'il y a quelques jours. Dommage que la réalisation théâtrale et distanciée ne nous permette pas d'apprécier suffisamment tout cela, même si ce froid cynisme convient bien à plusieurs scènes dont celles où Isabelle Huppert fait, comme toujours, merveille (ah ! la scène des esprits chevaucheurs - très belle scène aussi avec Bacri dans la cour de l'hôpital où elle nous montre qu'elle sait jouer autre chose que les bourgeoises imbues d'alcool).

Pour celles et ceux qui aiment les triangles.
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