jeudi 7 janvier 2016

Cinoche : Béliers


Blizzard, cette histoire de moutons ...


Dans la famille Béliers, je voudrais Rams, le film islandais de Grímur Hákonarson celui qui réunit plein de noms en -dottir et -sson sur son affiche (à la fin du film, les spectateurs restent debout dans la petite salle pour voir défiler le générique !).
Et tout d'abord ces deux trognes de trolls islandais : Sigurður Sigurjónsson et Theodór Júlíusson. Tous deux dotés d'un système pileux digne des toisons de leurs moutons.
Le bélier héros du film, Garpur, est lui-même crédité au générique !
Les deux -sson incarnent des frères ennemis, Gummi et Kiddi, vieux garçons fâchés depuis plus de 40 ans : ils vivent à cinquante mètres l'un de l'autre au fin fond d'une vallée reculée mais ne s'adressent plus la parole (si tant est que les éleveurs islandais ne soient pas taiseux de nature !). Ils ne se passent que de rares messages par le truchement de leur chien (le facteur aboie toujours deux fois).
Ce vieil équilibre de haine silencieuse va se trouver chamboulé lorsqu'on découvrira que les troupeaux de la région sont atteints de la tremblante ...
On vous laisse découvrir la suite et notamment quelques spécialités islandaises comme le tractopelle-ambulance ou encore le réveillon de Noël du vieux-garçon-éleveur-de-moutons-au-fond-de-sa-vallée-fâché-avec-son-seul-voisin (une scène tellement amusante que le réalisateur a été obligé de la couper au montage pour éviter que le film vire à la farce).
On en apprendra beaucoup en quelques minutes sur la vie des éleveurs : Grímur Hákonarson vient du documentaire et réussit à nous raconter beaucoup de choses avec peu d'images et encore moins de mots. Ce n'est pas le Tarantino islandais et son film lent, poétique et rude est à l'image des paysages austères de l'île.
On sera aussi surpris par cette façon de filmer les corps vieux et flasques, blêmes et tremblotants : même s'il s'agit évidemment de préparer la très belle scène finale, il y a là un certain regard sur les corps nus auquel nous ne sommes guère habitués.
Mais le film vire bientôt au drame avec la chevauchée fantastique des moutons dans la tempête de neige : et là on se dit que aïe, ça tourne à cette tragédie fraternelle typiquement islandaise à laquelle tous les bouquins d'Indridason nous ont longuement préparés ...
Un conte de Noël parfois drôle, souvent tragique, toujours profondément humain ... même s'il y est question de bêtes !

Pour celles et ceux qui aiment les moutons, y compris en gigot.
D’autres avis sur Sens Critique et une interview du réalisateur.

Aucun commentaire: