lundi 9 novembre 2015

Bouquin : Le cercle


La vengeance est un plat qui se mangera ... plus tard.

Après un excellent plat Glacé, on n'a pas longtemps hésité à remettre le couvert avec Bernard Minier.
Après le premier épisode, on est désormais en confiance avec cet auteur et ça commence plutôt bien avec quelques pages à l'humour ravageur et vengeur, comme on aime, à l'encontre des fans de foot (ça se passe en juin 2010).
[...] - Vous n'aimez pas le sport à la télé ? le taquina Servaz.
- Du pain et des jeux. Rien de très nouveau. Au moins les gladiateurs mettaient-ils leur vie en jeu, ça avait tout de même une autre allure que ces gamins en short courant après un ballon.
Et l'on retrouve avec grand plaisir notre commandant toulousain préféré, féru de littérature latine.
[...] - Vous vous intéressez à la poésie, commandant ? [...]
- Latine uniquement.
- Des études ?
- De lettres, il y a très longtemps.
Des études ... ça oui, il en sera question ici.
Le serial-killer échappé de l'épisode précédent semble de retour dans la petite ville étudiante.
Une prof salement saucissonnée et noyée dans sa baignoire.
Un 'cercle' mystérieux d'étudiants.
[...] - Le Cercle, confirma-t-il. Bon sang, on dirait le nom d'une de ces associations secrètes, genre francs-maçons, rose-croix ou skulls and bones ! Tu as une idée de ce que ça peut être ?
On retrouve également avec plaisir les différents personnages de l'épisode précédent : la gendarmette Ziegler (la Lara Croft de service), Margot la fille du commandant, et bien d'autres ...
Alors l'infâme Julian échappé de l'asile psychiatrique Glacé est-il de retour lui aussi ?
Certainement bien sûr ... mais rien n'est aussi simple, cher lecteur !
Rien d'aussi simple, parce que Minier a construit sa trilogie de façon très astucieuse : c'est d'ailleurs tout le sel de cet opus 2 à lire plutôt comme un épisode charnière.
On pense aux constructions savantes de Pierre Lemaitre : voilà deux auteurs qui partagent le même amour de la belle écriture et du travail soigné.
Bernard Minier est un expert du montage cinéma : il use (et abuse peut-être un peu) des ruptures de continuité et des scène alternées. Il joue avec nos nerfs.
Très honnêtement, on aura quand même préféré le premier tome et son décor original dans les montagnes : cette saison 2, urbaine, est beaucoup plus classique mais on espère que cette trilogie va finir en fanfare pour que l'on puisse y épingler un coup de cœur.
En attendant la conclusion de la série, celles et ceusses qui ne connaissent pas encore cet auteur peuvent se précipiter sur les pentes de Glacé (un épisode qui, quoi qu'il arrive en saison 3, se suffisait déjà à lui-même).

Pour celles et ceux qui aiment auteurs latins (et donc : pas le foot).
D’autres avis sur Babelio.

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