vendredi 16 octobre 2015

Bouquin : Les innocents


L'histoire des enfants perdus de New-York.

New-York n'est pas un endroit pour Les innocents.
Alexandra Hemingway, le sait bien :
[...] Il y avait un vieux dicton de flic qui disait que dans ce métier tout ce qu’on pouvait attendre d’autrui se résumait en un mot : rien ; et c’était encore trop en demander.
Allie ou Hemi pour les intimes.
Pour une fois, le terme fliquette ne semble guère approprié : notre Lara Croft de service dépasse les 1m80, fait du kayak sur l'Hudson River, conduit un gros 4x4 et on n'a pas intérêt à lui casser les ... pieds.
Elle semble avoir de sombres histoires derrière elle (qu'on découvre peu à peu, mais c'était pas dans L'invisible, le premier polar du canadien Robert Pobi).
Elle a des soucis de couple, de famille, un lourd passé. Bref, dure dehors mais fragile dedans, c'est pas Robocop.
À peine quelques pages, le temps de faire la connaissance de Hemi l'impétueuse, et voilà qu'on retrouve le cadavre d'un jeune garçon d'une dizaine d'années dans l'Hudson River, les pieds sectionnés à la cheville.
[...] « Merde. Oui. On sera là dans dix minutes. » Phelps était déjà debout quand elle raccrocha.
« Où est-ce qu’on va ?
— East River Park.
— Qui est-ce qu’on va chercher ? » Elle sortit son portefeuille de sa veste.
« Un gamin mort.
— C’est sûr que c’est un meurtre ?
— Oui, à moins qu’il se soit sectionné les pieds tout seul. »
Quelques pages de plus et le tableau devient franchement noir.
[...] « Les analyses toxicologiques ont révélé pas mal de choses. » Hemingway était debout maintenant. « Du genre ?
— Tyler Rochester était vivant quand on lui a sectionné les pieds. »
[...] Hemi, est-ce que vous savez quel genre de personne est capable d’accomplir des choses pareilles ? Quel genre d’expérience a vécu un être humain pour faire ça à un enfant ? » Hemingway n’avait pas de réponse et elle doutait que quelqu’un puisse en trouver une. Elle regarda le garçon. Ça n’avait pas été fait par un être humain.
Le petit Tyler ne sera ni le premier ni le dernier d'une très longue liste ...
Heureusement, Robert Pobi nous épargne les scènes horrifiques où les victimes tremblent, souffrent, hurlent et agonisent. On n'a droit qu'aux conséquences, cool : juste des petits cadavres découpés vivants auxquels il manque des morceaux.
Heureusement, encore quelques pages et l'on découvre déjà le tueur d'une longue série !
Mais le voici découpé à son tour en petits morceaux ! Aïe, quelqu'un aurait-il pris la relève, un deuxième serial-killer ?
On continue vaillamment et à peine rendu à mi-parcours tout s'éclaire : on a enfin le point commun entre tous les garçons !
[...] Ils n’auraient pas pu rêver mieux comme point commun. Ils avaient plus qu’une piste à présent – ils tenaient leur affaire.
Alors là, la petite voix intérieure se fait plus forte : fais bien attention naïf lecteur, ça va trop vite, Pobi est en train de te mener en zodiac sur l'Hudson River ...
Voilà, vous savez à peu près tout : un polar qui coule comme une bonne série télé, des cadavres et des assassins en veux-tu en voilà, une intrigue plutôt bien ficelée, une écriture franchement honnête, un récit de bonne facture, des flics sympas et attachants avec une fliquette qu'on a déjà hâte de retrouver dans une autre enquête ...
[...] Tu sais, Hemi, tu manges vraiment beaucoup pour une femme. » Elle s’essuya la bouche avec sa serviette et sourit. « On me le dit souvent.»
[...] Tu sais, pour une nana, tu as la plus grosse paire de couilles que j’aie jamais vue. — C’est ce qu’on me dit souvent. »
[...] « Pour une femme, t’es loin d’être bête. — C’est ce qu’on me dit souvent », répondit-elle.
[...] Tu sais, pour une femme tu peux être vraiment pessimiste. — On me le dit souvent. »
[...] — Tu sais que pour une femme, t’as un sacré appétit. — C’est ce qu’on me dit souvent. »
[...] Vous savez, vous êtes plutôt canon pour un flic. » [...] — On me le dit souvent », répondit Hemingway sans sourire.
[...] Tu sais, t’es loin d’être idiote pour une nana. — On me le dit souvent », répondit-elle en souriant d’un air grave.
Robert Pobi utilise toutes les ficelles du genre, ni trop ni trop peu, mais avec un professionnalisme qu'il convient de saluer.
Bien sûr tout cela est un peu too much mais c'est pour ça qu'on est venu, alors délectons-nous sans
autre prétention.

Pour celles et ceux qui aiment les fliquettes et les serial killers.
D’autres avis sur Babelio et sur Bibliosurf.

Aucun commentaire: