mercredi 17 décembre 2014

BD : Fatale

F comme femme, F comme fatale.

À la lettre “F", le répertoire des femmes fatales semble bien interminable …
Et tout récemment, après Bloody Cocktail, Eva Green ou Gone Girl tous les indices portent à penser que ce blog est tombé sous le charme de ces femmes … que l’on ne croise qu’une seule fois !
Voici donc Mélanie Horst, Aimée Joubert ou Madame Souabe, peu importe : tous ces noms ne désignent qu’une seule femme … fatale.
Après Tardi, le dessinateur Max Cabanes a choisi de reprendre plusieurs œuvres de Patrick Manchette (aidé par Doug Headline qui n’est autre que le fils de Patrick Manchette).
Fatale est réputée comme leur meilleure adaptation (après La princesse de sang), ce que l’on peut confirmer ici.
Changeant de ville comme de nom, d’apparence et de coiffure, la pulpeuse jeune femme semble très occupée à faire le ménage dans les milieux de la bourgeoisie chabrolienne de province.
Hommes d’affaires véreux, chasseurs grossiers et ventrus, épouses dévouées à la carrière de leurs maris, flics compromis ou notaires concupiscents, … ce ne sont pas les proies qui manquent et le lecteur se délecte d’avance lorsque la dame (appelons la Aimée par exemple) débarque dans une nouvelle petite bourgade bien de chez nous. En bord de mer, Aimée semble nager comme un poisson dans ces eaux troubles agitées de passions, de haines, de fric, de sexe et de magouilles.

[…] C’est comme d’habitude, non ?
Ce sont toujours les histoires de cul qui apparaissent les premières …
Puis viennent les questions d’intérêts …
… et enfin les vieux crimes.
Tu as vu d’autres villes ma douce. Et tu en verras d’autres.

Mais qui est Aimée ? Quel passé nous cache-t-elle ? Et à part l’argent, qu’est-ce qui la motive dans ce rôle de nettoyeur ? Les notables de Bléville l’apprendront bientôt à leurs dépens.
Mais plutôt qu’un polar inquiétant ou une intrigue sophistiquée, Cabanes a choisi de nous peindre une ambiance et un personnage.
Coup de chapeau pour cette BD qui sort des sentiers rebattus.
Un seul volume là où d’autres jouent les prolongations en série.
Un décor (savamment construit) des années 60-70 avec 2CV, R16 et 4CV en guise de vaisseaux spatiaux.
Des images troubles et inquiétantes, comme battues par la pluie et les mauvais (pres)sentiments …
Quelques clics ici : [1] [2].
Et puis une BD qui donne vraiment envie de lire le roman ? Quel plus bel hommage ?


Pour celles et ceux qui aiment les romans noirs.
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