lundi 6 octobre 2014

Cinoche : Still the water

Autumn sleep ?

Still the water de la japonaise Naomi Kawase est précédé de bonnes critiques et d'une réputation solide puisqu'il se dit que ce film a bien failli récolter la palme d'or à Cannes(1).
Il ne reste donc plus qu'à trouver l'une des très rares salles qui le distribuent.
Sur l'île d'Amami (une île dont est originaire la cinéaste, au sud du Japon, à mi-chemin d'Okinawa), les habitants vivent en harmonie avec la nature omniprésente : luxuriance tropicale (une forêt digne de Miyazaki), océan pas si Pacifique que cela, alizés et typhons, volcans et tremblements de terre, les japonais n'ont guère d'autre option que la communion avec les esprits naturels (chez nous, faute de spiritualité et d'élévation d'âme, on s'appuie généralement sur le bras séculier des pouvoirs publics).
On retrouve donc avec plaisir sur Amami toute la spiritualité et le chamanisme que l'on avait découverts récemment sur Okinawa grâce à la BD Mabui qui fut pour nous une belle introduction au film de Naomi Kawase.
Sur l'île, deux adolescents, deux familles. Les ados devront quitter le giron maternel et accéder à l'âge adulte : un passage difficile, un typhon émotionnel, après lequel il n'est pas aisé de retrouver son équilibre et une nouvelle harmonie.
Le titre original est Futatsume no mado, La seconde fenêtre.
Malheureusement, à force d'explications pesantes et de répétitions appuyées, le film s'avère un peu trop lent, trop long (2h) et trop contemplatif : cela explique sans doute sa diffusion quasi confidentielle qui va accentuer l'exclusion de tout un public potentiel.
Donc bienheureux ceux qui comme nous, auront franchi ces obstacles : ils seront finalement touchés par la grâce et pourront assister à quelques scènes qui relèvent tout simplement de la pure magie du cinéma.
Les balades en vélo des deux jeunes gens, les chants qui accompagnent la mère, le repas familial où les parents asticotent gentiment leur fille amoureuse, sont autant de moments vraiment superbes de naturel, d'humanité et d'émotion.
L'occasion aussi de (re-)découvrir un Japon méconnu, une spiritualité étonnante et de retrouver la forte empreinte de la nature tropicale.
On y découvre également une lumineuse jeune femme Jun Yoshinaga (la jeune fille) et surtout un acteur superbe Tetta Sugimoto (le père de la jeune fille) au visage tout aussi lumineux, transparent dans ses émotions et qui nous donne réellement l'impression de ‘voir’ à travers lui.
(1) - après Winter sleep, ce film aurait pu être titré Autumn sleep ! Décidément les jurés cannois avaient le sommeil facile cette année.


Pour celles et ceux qui aiment les esprits et le vent (kamikaze en VO).
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1 commentaire:

cathulu a dit…

Ah oui, j'ai craqué pour l'acteur qui interprète le père ! :)