lundi 31 mars 2014

Cinoche : De toutes nos forces

Véli-mélo.

Il aura fallu une affiche qui réunit Jacques Gamblin et Alexandra Lamy(1) pour vaincre notre appréhension du mélo.
Et puis c'est signé  Nils Tavernier, fils de.
Nous voici donc embarqués pour De toutes nos forces, inspiré d'une histoire vraie comme on dit désormais, celle de la Team Hoyt (une ‘équipe’ de oufs !) qui défraie la chronique sportive étasunienne depuis quelques années.
Papa Gamblin vit très très mal sa paternité d'un fils tétraplégique et sa famille menace d'exploser.
Pour reconquérir son père, le gamin (qui va quand même sur ses 18 ans dans le film, 20 ans dans la vraie vie) va obliger Gamblin à courir avec lui la course Ironman de Nice.
L'Ironman c'est un triathlon de oufs : 4 km de natation en mer, 180 km de vélo en montagne et je vous mets un petit marathon pour finir ?
Le père va donc tirer un bateau avec son fils dedans, pédaler avec son fils assis sur le vélo devant lui et pousser un fauteuil roulant pendant 42 km.
Sachez quand même que la fameuse Team Hoyt dont est inspiré le film, fait ça tous les jours ou presque et totalise au compteur : 6 Ironman, plus de 60 marathons, plus de 200 triathlons, etc ... !
Avec une histoire pareille on pouvait effectivement craindre le pire et un mélo larmoyant pétri de bons sentiments.
Mais Nils Tavernier évite les plus gros écueils avec une partition très juste pour le couple Gamblin-Lamy qui nous permet d'entrer sans réticence dans le film et dans l'histoire.
Ensuite, le film trouve rapidement son rythme de course : entraînement intensif, préparation des hommes et du matériel, doutes et appréhensions avant la course et de très belles images de sport.
Car finalement, ce qui fait et sauve le film c'est bien cet axe sportif qui lui sert de ligne directrice : l'Ironman c'est un dépassement de soi, même pour ceux qui concourent avec deux bras et deux jambes.
Le spectateur lambda peut donc tout à fait partager les efforts et les souffrances, les doutes et les peurs, les joies et les victoires de la Team Amblard (le nom de la famille du film). La course finale échappe donc aux clichés mélo du feel-good-movie parce que c'est (avant tout ?) une épreuve sportive, une épreuve dans tous les sens du terme, un dépassement des limites physiques imposées par la nature(2). Ok, pas toujours de façon égale.
On est évidemment ému, on a bien sûr la larme à l’œil mais avouons qu’on aimerait presque être à leur place sur la ligne d’arrivée.
Et puis il y a ce remarquable Fabien Héraud qui porte bien son nom et pour qui ce film a dû être une belle aventure. Son visage tordu illumine le film.
Ce n'est pas vraiment ‘un autre regard’ sur le handicap, plutôt un autre regard sur les corps et le sport. À voir, oui.

(1) - la dame gagne à être connue depuis qu'elle a quitté l'infâme Dujardin (une ex-star du cinéma muet, non mais je vous jure ...) et on l'avait appréciée récemment, excellente dans une pièce de théâtre : La Vénus au phacochère.
(2) - dans ce film, Gamblin travaille sur des chantiers de l'extrême et son fils handicapé rêve de voler …


Pour celles et ceux qui aimeraient voler et qui se contentent de faire du jogging.
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