lundi 17 mars 2014

Cinoche : Arrête ou je continue

De l'incommunicabilité entre les êtres.

Deuxième déception cinoche ce ouikende : décidément, les salles obscures et climatisées n'étaient pas le bon plan pour échapper aux particules fines.
Après Le Grand Hôtel de Budapest, une autre bande annonce alléchante nous avait tapé dans l’œil : celle du film de Sophie Fillières, Arrête ou je continue avec deux superbes têtes d'affiche, Emmanuelle Devos et Mathieu Amalric.
Petite déception donc car le film s'avère finalement beaucoup moins drôle et enlevé que le laissait supposer la bande annonce.
Faut dire que le sujet n'est pas bien rigolo : rien ne va plus entre Mr. Amalric et Mme. Devos et c'est l'histoire de la dilution d'un couple, filmée sans fioritures ni péripéties romanesques, au ras des dialogues quotidiens.
C'est d'ailleurs tout ce qui fait l'intérêt de ce cinéma qui montre un certain regard sur l'incommunicabilité. Ni Monsieur, ni Madame, aucun des deux n'est capable des mots nécessaires, des mots qui tissent le lien entre deux personnes et la caméra sait fort bien montrer la trame qui s'effiloche entre les différents personnages et bien sûr entre Devos et Amalric.
Aucun des deux n'est capable de s'ouvrir à l'autre, pas plus Madame que Monsieur qui un temps (mais un temps seulement) semblait avoir hérité du mauvais rôle. Finalement, loin très loin du vaudeville (et c'est toute l'originalité du regard de Sophie Fillières sur une histoire rabâchée), Monsieur ne trahit pas vraiment Madame, Madame ne quitte pas vraiment Monsieur, c'est le Couple qui ne fonctionne plus, si Couple est bien le nom que l'on donne au lien ténu entre eux qui s'est distendu jusqu'à la rupture.
Malgré un second degré quasi permanent et une ironie un peu amère, ce film mélancolique nous a semblé un peu longuet parce qu'on s'attendait à plus de verve pétillante entre ces deux grands acteurs.
À l’écran le couple gâche visiblement ses dernières chances et on n’est pas loin de penser que, avec ces deux merveilleux acteurs, la cinéaste a gâché celle de faire un film qu’on aurait voulu beaucoup plus fort.
Reste bien sûr Emmanuelle Devos, toujours et à nouveau confondante de naturel décalé quelque soit la pire des situations improbables dans laquelle le scénario la plonge et Dieu sait que celui-ci a été écrit pour elle !


Pour celles et ceux qui aiment les histoires de couples (et Emmanuelle Devos).
Critikat
en parle.

Aucun commentaire: