lundi 17 février 2014

Cinoche : Abus de faiblesse

Insupportables.

On n’est pas des fidèles du cinéma de Catherine Breillat.
Et parfois Isabelle Huppert nous énerve un peu (on se souvient de l’ennuyeux White Material par exemple).
Mais on a été attirés par cet Abus de faiblesse qui nous raconte l’histoire vraie de la cinéaste elle-même (oui, Catherine Breillat) qui après un AVC, s’est trouvée dans cette position de faiblesse, embringuée avec (et plumée par !) l’un de ses acteurs (Christophe Rocancourt).
Hélas, mauvaise pioche !
MAM s'est franchement ennuyée et BMR a dû puiser loin dans ses ressources pour concocter ce billet pour un film qu'on aurait volontiers passé carrément sous silence.
Après un démarrage laborieux (l'accident de l'héroïne), le film décrit avec forces détails, la galère d'Isabelle Huppert (dans le rôle de Catherine Breillat donc) à demi paralysée par son AVC, en butte à tous les obstacles de la vie quotidienne : se lever ou s'asseoir, ouvrir une porte ou un paquet de jambon, traverser une rue pavée, ... On connait malheureusement tous quelqu'un de notre entourage familial ou professionnel, victime de cet AVC qui frappe à tout âge et à toute heure et les images du film sont plutôt stressantes.
Malheureusement, l'autre volet du film c'est le fameux abus de faiblesse de la cinéaste qui profite à l'un de ses acteurs, escroc notoire (elle le connait comme tel, dès le début).
Fascination malsaine. Et pourtant ils ne couchent même pas ensemble. On a beau se dire que tout cela est sans doute arrivé pour de vrai et que Breillat raconte sa propre histoire, on n'arrive pas à croire un seul instant à cette embrouille que la cinéaste ne se donne même pas la peine de rendre crédible pour le spectateur. Peut-être est-ce justement cela qui est incroyable, ces abus de faiblesse qu'on ne comprend pas, justement. Oui, peut-être mais franchement au cinoche, là, ça ne passe pas.
D'autant que l'actrice-cinéaste et son escroc préféré n'y vont pas avec le dos de la main morte (c'est le cas de le dire) et il est question de chèques avec beaucoup de zéros (Catherine Breillat a été escroquée de 700.000 euros). Alors là, excusez hein, mais voir quelqu'un signer, plusieurs années durant, des chèques de 200.000 euros sans être inquiété ... ben franchement non, ça ne passe pas, même en Belgique. Le personnage du banquier manque cruellement dans le scénario : on ne prête qu'aux riches, dit-on ...
Bref, on est en plein dans la série mieux vaut être riche et hémiplégique que pauvre et handicapé.
Ce n'est plus Intouchables mais Insupportable(1).
Catherine Breillat filme les malheurs de Catherine Breillat : c'est tout à fait indécent et on se dit en sortant que ce n'est pas les 4 ou 5 entrées de la salle qui vont renflouer ses finances et rembourser son avance sur recettes. Sans compter que tout cela ne donne pas une très belle image de la production ciné.
Bref, ne faites pas comme nous et ne laisser pas Catherine Breillat abuser de votre faiblesse, il y a sûrement d'autres films à voir.

(1) - oui, bien sûr on pourrait croire que c'est une bonne action que de montrer les ravages malheureux de l'AVC ou les abimes insondables de l'abus de faiblesse mais non, ici la démonstration est complètement foirée et contreproductive.


Pour celles et ceux qui aiment Catherine Breillat.
Critikat et Les Inrocks en disaient pourtant du bien.

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