vendredi 31 janvier 2014

Cinoche : The Ryan initiative

L’espion qui l’aimait

His name is Ryan, Jack Ryan : c'est un peu l'espion de trop qui venait du froid et qui m'aimait.
Il nous aura fallu pas mal de courage pour braver la nuit, le froid, les mauvaises critiques et une bande annonce nullissime et finalement tout de même réussir à compter parmi les rares spectateurs de la toute dernière hollywooderie : The Ryan Initiative. Mais bon, une petite toile pas prise de tête le jeudi soir après un p'tit encas au café du coin, ça permet d'anticiper la fin de semaine.
Pourtant, après déjà une bande annonce des plus insipides, les critiques étaient vraiment peu engageantes : dézinguant à peu près tout, des acteurs au scénario, regrettant le bon vieux temps de la guerre froide (la vraie, pas le remake avec les barbus) et [je cite Filmosphere] regrettant même ce bon vieux Octobre Rouge. Bon d'accord c'était bien Octobre Rouge, d'accord on l'a vu pas loin de dix fois, mais dites les gars de Filmosphere, on n'est quand même pas condamnés à le regarder en boucle pendant les 300 prochaines années et les sept prochaines générations ?
Alors oui, le dernier film de Kenneth Branagh s'inspire un peu distraitement et très librement des personnages de Tom Clancy (toute façon, on n'a jamais été très fans de ses pavés), oui le scénario replace la guerre froide de nos jours, après le fameux 11 septembre, le KGB n'existe plus(1), les terroristes ont remplacé les espions venus du froid. Mais Jack Ryan sans les russkofs, ça n'aurait pas beaucoup de style et on quitte rapidement Kaboul pour revenir à Moscou où de vilains oligarques menacent de (re-)faire chuter le monde en général et les États-Unis en particulier, à coup de dollars et d'explosifs.
Heureusement, Jack Ryan est là qui veille au grain et qui va s'occuper de sauver le monde en général et les États-Unis en particulier. Ça va, on suit ?
Je pose la question parce que MAM s'est affolée pendant les premières minutes quand le petit génie des maths qu'est Jack Ryan, expose ses théories financières et dévoile le complot : MAM a cru qu'il y avait quelque chose à comprendre (mais kéceki dit ? cékoi le truc ? j'comprends rien ... chut, cool, ça va se tasser, y'a rien à comprendre, c'est pas Margin Call) : heureusement le stress n'a pas duré et ces spéculations fumeuses ont été vite évacuées par la suite du scénario. Revenons aux basics : le héros, le méchant, la femme, le tueur, la bagnole, le fric, le pistolet, etc ...
Après cette mise en place acrobatique qui veut s'affranchir de la guerre froide mais qui s'en inspire quand même, qui veut nous affranchir sur le financement international du terrorisme mais qui n'est guère inspirée, qui essaie de créer en cinq minutes (genre résumé des épisodes précédents d'une série télé) un lourd passé et une complexe motivation à l'ami Ryan(2), le film trouve finalement son rythme et nous avec.
Avec deux atouts : le méchant russkof joué par Kenneth Branagh lui-même et le mentor de Jack à la CIA interprété par Kevin Costner (en voilà un qui vieillit bien).
Quant à Chris Pine qui prête son sourire de boy-scout à Jack Ryan, il semble avoir plu à MAM et BMR ne fera pas de commentaire, non. Pas l'envie qui manque, mais ... non.
Par contre, on est tous les deux d'accord pour dire qu'on aurait pu se passer de Keira Knightley : une potiche qui joue un rôle de potiche ...  c’est même pas un rôle de composition.
Pour le reste, on l'a dit, c'est les basics : bastons, poursuites, bombinette, ... il ne manque pas grand-chose, et on a même droit à une sorte de hold-up hyper stressant façon Mission Impossible.
Au final (allez, pour une fois on dévoile la fin : Jack sauve le monde en général et les États-Unis en particulier), au final donc Jack Ryan sera remercié par le président du monde des États-Unis lui-même. Mais on le voit pas, le président ... pourquoi ? Il est black ? Futés, les scénaristes ont dû se dire que, exactement tout comme Octobre Rouge, on allait voir et revoir leur film pendant les 300 prochaines années et les sept prochaines générations et qu'un jour les spectateurs se diraient : non, mais c'est quoi c'te connerie ? t'as vu, ils avaient mis un black à la présidence dans leur film ! Les oufs !
Comment voulez-vous faire un film pour la postérité désormais : on maîtrise même plus la couleur du président, et même de dos ça se voit à l'écran, çà. Pfff...
Mouais, pas sûr que cet ingénieux artifice suffise à détrôner Octobre Rouge de l'étagère à dvd.

(1) - les scénaristes citent à plusieurs reprises le FSB (mais ce sera tout) pour bien montrer aux gars de Filmosphere qu'ils ont mis à jour leurs manuels
(2) - fastoche : le jeune étudiant Jackie tombe en arrêt, un  mardi matin, devant les écrans de télé quand défilent en boucle les images des tours jumelles. Chagrin, l'américain et patriote Jackie s'engage dans les Marines et s'en va canarder du terroriste en Afghanistan. Crash. La CIA prend sa rééducation en main et nous voici donc enfin de retour à Moscou. Risible et inutile, là, avouons que Filmosphere n'a pas tort.


Pour celles et ceux qui aiment les espions qui les aiment.

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