samedi 25 janvier 2014

Cinoche : Lulu femme nue

C’est raté !

Une adaptation cinoche de l’excellentissime BD d’Etienne Davodeau avec Karin Viard ? !
Ouaaaah ! On ne pouvait pas manquer ça !
Et on a été très déçu.
BMR qui venait juste de relire la BD avant la séance (quel sérieux) et MAM à qui le film a donné envie de relire la BD lue … en 2009.
Égale déception de part et d’autre : la cinéaste d’origine islandaise, Sólveig Anspach, à qui on devait déjà le gentil mais très moyen Queen of Montreuil, vient de rater l’affaire du siècle en gâchant cette Lulu femme nue.
On lui en veut beaucoup d’avoir manqué cette belle occasion.
Et ça ratatouille dès l’ouverture : la BD racontait une bonne partie de l’histoire de Lulu au travers des dialogues de la bande d’amis qui s’étaient retrouvés chez elle après sa ‘fuite’. Cette double mise en scène de l’album, un peu mystérieuse et piquante (les errances de Lulu et ce que ses amis en savent ou en disent), n’est pas du tout exploitée au cinéma. On se contente de suivre bêtement Lulu qui rate bêtement son train. Exposition pesante et poussive. On attend en vain le décollage pour plus tard, qui ne viendra pas. Quelques belles images (comme les frangins et la sœur en contre-jour sur la promenade du bord de mer) mais sans plus.
Et puis Karin Viard, qu’on aime bien pourtant, est trop intello pour être vraiment crédible. On la sent gênée et empruntée, un peu comme Lulu peut-être mais ça ne suffit pas.
Reste Bouli Lanners et ses deux inénarrables frangins pieds-nickelés, ou encore la savoureuse Claude Gensac en vieille mamie, façon Carmen Cru pour rester au rayon BD. On note aussi la jeune Solène Rigot qui joue la Morgane de Lulu. Belle brochette mais film très ennuyeux. On se demande bien ce que vont en penser celles et ceusses qui n’ont pas lu la BD et qui ne pourront pas remplir les blancs, les trous et les longueurs.
Du coup on se dit que réaliser une bande dessinée est un sacré boulot, pas forcément tape-à-l’œil (les dessins de Davodeau sont tout en discrétion raffinée), et que tout un travail magique se cache derrière les cases et les bulles.
Alors, honte à Sólveig Anspach pour nous avoir foiré ce rendez-vous dont on attendait beaucoup (trop sans doute).
Et honte à vous qui n’auriez pas encore lu la BD de Davodeau ! Que la sortie de ce film manqué vous soit la dernière occasion à ne pas manquer pour vous rattraper et vous éviter de rejoindre les ignorants (autre excellentissime BD du même).


Pour celles et ceux qui aiment les BD.
L’avis de Critikat.

1 commentaire:

Stéphanie a dit…

Alors alors, je ne suis absolument pas objective quand je parle du travail de Davodeau, tellement j'aime, et un peu hésitante je m'étais dit que j'irais voir ce que ça peut donner au cinéma, mais là maintenant, j'ai un doute...je vais plutôt aller me promener à la plage et relire Lulu en rentrant... (je crois savoir que Davodeau a été un peu interloqué par le film)