mercredi 9 octobre 2013

Miousik : Gaëtan Roussel

Les jolies gambettes des filles haut perchées.

Trois ans après Ginger, le nouvel album de Gaëtan Roussel (Orpailleur) s’avère vraiment très très inégal.
Pour autant et malgré la promo orchestrée, il faut oublier quelques instants que l’ami Roussel prend la grosse tête, grisé par son succès mérité et il ne faudrait surtout  pas passer à côté des quelques perles mélodieuses où Gaëtan Roussel reprend la recette qui avait fait le succès de la si belle chanson dont il avait fait cadeau à Vanessa Paradis : c’était Il y a.
Il y a trois ans donc.
Même cuisine aujourd’hui avec swing entraînant, textes intrigants et surtout ce phrasé syncopé et décalé qui vient rehausser la mélodie.
Et cette fois-ci on épice même avec quelques chœurs légers et féminins qui ajoutent douceur et profondeur à la voix nasillarde et charmeuse de Gaëtan Roussel.
Au final, tout cela nous donne deux très belles réussites, bien pêchues, comme ce faux reggae (à écouter plusieurs fois pour bien apprécier) : Par dessus tes épaules, ah ces petits symboles par-dessus tes épaules que n’aurait sans doute pas reniés le beau Serge.
Et surtout “il y a lalala” cette très très aérienne et emblématique Éolienne, bien digne des meilleurs rengaines de Ginger et qui prouve que Gaëtan Roussel ne brasse pas que du vent :

Laissons les bises, alizés aux voiliers
Aux petits drapeaux de plage - colorés
Mistral chasseur de nuages laissons-les
Souffler dans le ciel bleuté - de l'été
Laissons les brises caresser les mollets
De coq les jolies gambettes - de fer forgé
Des filles ou des girouettes - haut perchées
Laissons les courants d'air frais - circuler

Laissons tout le vent enfermé
Au fond de nos postes de télé - s'évader
Toute l'énergie éolienne
Que nos existences contiennent - s'envoler

Les jeux de langue française et de phrasé font écho à ceux de Tina Tindle.
Les gambettes haut perchées nous évoquent peut-être les sandales très hautes de Lola Lafon.
Pour une fois, nous qui sommes si friands des lyrics anglo-saxons, voici que nous chantons haut perché : et vive la chanson française, cocorico, mollets de coq, pirouettes et girouettes !


Notre sélection est à écouter ici.

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