dimanche 14 juillet 2013

Cinoche : Hijacking


La marine marchande.

Voilà un petit film plein d’exotisme qui nous embarque sur un cargo (rares sont les occasions au ciné(1)) en plein océan indien … et on y parle danois !
Mais la balade touristique n’est pas au programme et Hijacking est comme son nom l’indique une histoire sous haute tension.
Un cargo au milieu des mers, à bord quelques marins barbus (et danois donc) et … de la visite avec une pirogue d’indigènes, façon Somalie, kalachnikov à la main. Quinze millions de dollars de rançon.
Au Danemark, au siège de la compagnie, on se mobilise discrètement pour entamer les négociations.
Mise de départ : 250.000 dollars.
Autant dire que ça va durer : un peu plus d’une heure pour les spectateurs, un peu plus de quatre mois (oui quatre mois !) pour les matelots.
Deux huis-clos à l’écran, double tension à près de 15.000 km de distance : en pleine mer, les marins danois en t-shirt puant et cradingue sont confinés dans la cambuse, il fait trop chaud, on pisse dans un coin, les pirates jouent trop facilement de la gâchette et ça menace de péter à tout bout de champ.
Au Danemark, enfermés en costard-cravate dans une petite salle de réunion, des experts de la négociation et le patron de la compagnie, sous la pression des familles, des associés ...
Deux personnages clés : en mer, le cuistot barbu qui fait la tambouille pour la smala de ‘somaliens’ avec le canon d’une kalach’ dans le cou.
À terre, le patron de la compagnie qui décide de prendre en main les négociations, c’est son métier, habituellement il négocie les bateaux avec les japonais. Le voici pressé par ses associés d’en finir rapidement.
Le film est sous haute tension, hyper-réaliste, caméra portée, façon documentaire, … dur, dur !
Alors oui, la marine … marchande.
Tout est dans cette tractation, ce dialogue difficile entre le patron (remarquable acteur que ce Søren Malling méconnu chez nous) et une sorte d’interprète ‘somalien’(2) dont on ne sait trop s’il fait partie de la bande ou s’il est plus ou moins embarqué de force lui aussi.
Prix entre deux feux, le cuistot qui voudrait bien retrouver sa famille mais que les pirates utilisent comme moyen de pression psychologique sur les armateurs.
Alors, sachant que le bateau ne vaut pas grand chose, à quel prix se monte la vie des six ou sept marins danois ? Quelque part entre 250.000 et 15.000.000 de dollars ?
Ce qui est sûr, c’est que pour les ‘somaliens’ ces vies ne valent pas un clou, pas plus que les leurs : il ne faut jamais oublier cela quand on négocie avec ces déshérités …
Ouf, éprouvant pour tout le monde : marins, armateurs et spectateurs !
Et la forte impression d'un film original.
(1) - on se rappelle le Contrebande islandais
(2) - on dit ‘des somaliens’ mais c’est un mauvais raccourci et ça se passe en réalité plus à l’est, dans un endroit indéterminé le long des côtes indiennes

Critikat en parle.

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