lundi 1 avril 2013

Cinoche : The place beyond the pines

Destinées

Belle histoire (belles histoires devrais-je dire) que nous raconte Derek Cianfrance (le réalisateur de Blue Valentine).
Belles histoires puisque le film est clairement découpé en trois parties, trois chapitres.
Le premier est celui de Ryan Goslin qui abandonne la voiture de Drive pour la moto.
Plus voyou beau gosse, tu meurs.
Se découvrant soudain père d'un petit garçon auprès d'Eva Mendès qu'il avait abandonnée il y a quelques années (quel con !), il entreprend de laisser tomber la fête foraine (un cirque dans lequel il joue les gladiateurs à moto) pour cambrioler des banques : c'est plus rentable et ça lui permettra de combler son fils de cadeaux.
Enfin, c'est ce qu'il croit. Puisqu'il croisera la route d'un flic.
La seconde histoire est celle du flic, Bradley Cooper. Après avoir joué les héros en stoppant les exploits du bandit à moto, il fricote avec les ripoux de son unité. Mauvais plan pour lui aussi.
Le troisième chapitre enfin, il vous faudra aller au ciné pour le découvrir, on vous le raconte pas.
D'ailleurs on vous a pas dit grand chose car c'est un film à savourer lentement (ça dure quand même près de deux heures et demi, même si on ne s'ennuie pas un instant). Beaucoup de tension(1) mais un rythme qui laisse le temps aux personnages de s'installer et de développer toute leur complexité. Une belle histoire, riche, et très bien racontée : voilà un film original, qui change des montages habituels, et qui s'éloigne de la bande annonce 'polar' qui le précédait.
Chacune des histoires amène une rupture là où on ne l'attendait pas trop(2).
Chacune des histoires parle du père : Ryan Goslin n'a pas connu le sien et voudrait bien rattraper le destin quand il découvre son fils, Bradley Cooper négligera le sien (de fils) et aura bien du mal avec son juge de père (ça aide pas quand on fricote avec les ripoux).
Chacune des histoires parle de destinée et des choix qui nous conduisent sur ce chemin qui est le nôtre, même si parfois c'est pour tenter d'en inverser le cours.
Chacune des histoires pourrait tourner autour de cette photo (ci-contre).
Juste on regrette le rythme un peu lent des deux derniers volets, un peu trop longs : après le premier qui est plutôt 100% adrénaline, le film en parait presque déséquilibré.
Un film à savourer.
Saluons au passage le second rôle de Ben Mendelsohn qu'on avait déjà croisé dans Cogan.
(1) - comme la scène de la perquisition par exemple et bien sûr les cambriolages à moto du début
(2) - à commencer par la surprenante issue des courses à moto !

Pour celles et ceux qui aiment les histoires de pères et fils. Critikat et Cluny en parlent.

Aucun commentaire: