jeudi 7 mars 2013

Cinoche : Möbius

Je te tiens, tu me tiens, ...

Petite déception (légère) que ce Möbius dont la bande (ah, ah) - annonce semblait prometteuse.
Depuis Les patriotes, on sait que Eric Rochant aime les histoires d'espionnage où l'on ne sait plus qui manipule qui.
Et dans ce registre, Möbius va très loin si l'on en croit les commentaires désorientés des spectateurs à la sortie de la salle qui, tout comme MAM, n'ont fait absolument aucun effort pour tenter de saisir quelques brins de l'intrigue compliquée tissée dans le film [ceux qui ne craignent pas les saveurs un peu éventées, peuvent saisir quelques clés dans un commentaire posté discrètement sous ce billet].
Alors ?
Alors on peut quand même aller voir ce film :
Pour (c'était gagné d'avance) Cécile de France de Belgique dont les yeux illuminent le ciel monégasque.
Pour la première partie qui plante le décor, les personnages, les fils des marionnettes, l'intrigue politico-financière, et où l'on se dit que peu à peu, on va comprendre (on l'a vu, MAM sera déçue).
Pour la combinaison d'histoires récentes (la disgrâce de l'oligarque Berezovsky, l'empoisonnement de Litvinenko, ...) sans compter les références à la crise économique, depuis les frères Lehman(1) jusqu'à la débâcle espagnole.
Pour se convaincre une bonne fois pour toutes que Dujardin ferait bien de rester à cultiver le sien et que, même affublé d'une barbe de trois jours(2), il est bien aussi insipide que BMR le disait.
Pour les deux ou trois brins d'humour dispensés au début du film, lorsque l'équipe en planque prend au second degré les consignes idiotes qui lui sont balancées comme "gardez vos distances" ! Et pour la petite coquetterie du dialoguiste lorsque, quelques instants après, la deuxième consigne idiote est assénée : "restez vigilants" et puis un blanc ... le spectateur qui a donc juste le temps de se dire in petto, ben celle-là c'est comme l'autre hein ? ! et yes ! l'acteur à l'écran qui rebondit(3).
Bref, une belle histoire d'amour cachée dans un pas très bon film d'espionnage.
  
(1) - assurément Cécile de France est bien responsable de cette faillite mémorable : si elle est passée dans leurs bureaux, sûr que les traders ont dû quitter leurs écrans des yeux un peu trop longtemps
(2) - on n'ose imaginer ce qu'a coûté la prod du film quand, chaque fois à partir du quatrième jour, il fallait attendre que la barbe repousse avant de reprendre le tournage !
(3) - malheureusement ce sera tout, le dialoguiste facétieux en aura sans doute eu marre d'attendre encore trois jours que la barbe de Dujardin repousse et aura flanqué sa dém'

Pour celles et ceux qui aiment Cécile de France ou de Belgique.
Cluny en parle, Filmosphère aussi.

1 commentaire:

BMR & MAM a dit…


Attention, on en dit un peu trop ...

Alors c'est l'histoire d'une tradeuse qui n'a pas froid aux yeus (la belle Cécile) qui sévit à Monaco puisqu'elle a été virée des US après avoir mis Lehman Brothers en faillite.

Elle aimerait rentrer chez elle pour retrouver son vieux papa. Alors la CIA lui propose un casier tout neuf en échange de quelques tuyaux sur un oligarque russe, disons Rostovski, qui veut faire des affaires dans sa banque à Monaco.

Parce que l'oligarque russe est en train de propulser un ami à lui (disons Vladimir) à la tête du FSB qui, chacun sait ça maintenant, a remplacé le KGB, et donc la CIA aimerait bien un dossier sur Rostovski.

Mais Vladimir sait que sic transit gloria mundi et aimerait bien lui aussi un dossier sur Rostovski en cas de retour de grâce. Alors il charge sa meilleure équipe et son protégé Dujardin (qui est donc espion russe, si, si) d'approcher (ah, ah) la belle Cécile pour lui soutirer des infos sur Rostovski.

Cécile ignore que Dujardin est russkof (évidemment il s'en cache), Dujardin ignore que Cécile est manipulée par la CIA (évidemment elle ne s'en vante pas). Et ces deux-là ne devraient surtout pas tomber amoureux l'un de l'autre.

En cours de route, la CIA voit les russes s'activer et change de plan : elle décide de laisser filer la belle Cécile dans les pattes des russkofs et ainsi la CIA obtiendra la preuve que Vladimir essayait de bâtir un dossier sur son promoteur Rostovski.

Mieux encore (là on dit vraiment presque tout), ils pourront retourner Dujardin (cf. la bande à Möbius) en le menaçant de tout révéler : pour protéger son mentor Vladimir, Dujardin devra forcément accepter de bosser pour eux et leur filer des tuyaux. Chic, chic, une taupe au FSB.

Evidemment Dujardin sera fidèle à son mentor et lui dira tout (cf. la bande de Môbius, on continue à tourner autour du ruban) : les tuyaux refilés à la CIA seront donc percés. mais la CIA sait bien tout ça et est habituée à décrypter les tuyaux percés, c'est le lot de tout bon service d'espions qui se respecte.

Bien sûr, Dujardin sera très déçu d'avoir été berné par la belle Cécile qu'il ne pensait pas manipulée par la CIA. Et la belle Cécile sera très chagrin d'avoir contribué à piéger le beau Dujardin qu'elle n'imaginait pas au FSB.

On vous dit quand même pas la toute fin finale que vous découvrirez dans les bras de Dujardin.

Voilà, si avec ça vous ne comprenez toujours pas, c'est que vous y mettez autant de mauvaise volonté que MAM. Rassurez-vous, on peut quand même apprécier l'histoire d'amour sur fond de guerre d'espions, même sans rien comprendre à tout ça, ce n'est finalement que du décor.