vendredi 14 décembre 2012

Cinoche : Argo

Au commencement était l'Iran.

La mode est aux histoires inspirées d'histoires vraies, si possible avec de l'Histoire dedans.
Argo (de Ben Affleck) en rajoute encore avec tout ça, et en plus le film dans le film(1).
En 1979, l'Iran connaissait l'une de ses révolutions(2), trente ans avant d'autres pays de l'islam.
Les États-Unis étaient, as usual, voués à la vindicte populaire et quelques ressortissants US trouvaient refuge chez l'ambassadeur canadien.
La CIA se chargera de les exfiltrer avec une opération rocambolesque, maquillée en vrai-faux tournage de film (même Hollywood s'y était laissé prendre), une histoire à peine crédible, impensable comme scénario de film, ... sauf qu'elle est vraie.
Voilà, de toute façon on sait déjà tout, c'est le propre des histoires vraies mais Ben Affleck arrive à créer et entretenir la tension crescendo, tout en nous promenant dans les bureaux de la CIA ou les couloirs du gouvernement, dans les studios d'Hollywood et bien sûr dans le bazar iranien : Téhéran est plutôt bien filmée(3), ville sous haute tension, manifestations de rues anti-US, traîtres pendus aux grues, foule à l'assaut de l'ambassade US, brrrrr....
Ce qui mérite le détour par ce film, c'est la reconstitution minitieuse de l'époque (costumes, coiffures, ...) et de cet épisode peu glorieux de la géopolitique états-unienne.
Il y est clairement expliqué que les faucons US jouent depuis des années avec le feu : à peine en ont-ils fini avec ce Shah qu'ils avaient installé sur le trône iranien que les voici déjà en train d'armer les talibans en Afghanistan.
On connaît mieux la suite mais Ben Affleck nous ramène à la genèse de tout ce foutoir ...
Ça se laisse regarder sans déplaisir et la leçon est salutaire, avant que l'Iran ne retrouve bientôt le devant de la scène géopolitique.
(1) - en guise de pré-générique on a même droit à un résumé de l'Histoire de l'Iran sous forme de story-board !
(2) - après un bref épisode démocratique, si, si, Ben Affleck nous le rappelle ! Ce que Ben Affleck ne dit pas c'est que Khomeiny qui prendra le pouvoir, rentrait de France où il était en exil !
(3) - tournage (celui du vrai film) à Istanbul nous dit-on

Pour celles et ceux qui aiment les beaux bruns ténébreux des années 70.

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