mercredi 23 novembre 2011

Miousik : Régis Israël - Greenshape

Le Ch’ti folk.

La boxe est un noble sport, un noble art, qui mène ... à tout et à un autre art : la musique. C'est ce que prouve Régis Israël (un Ch'ti), alias Greenshape avec un album bien nommé : Storyteller ...
Dans la lignée des Cocoon ou des Angus et Julia Stone.
Jetez-y une oreille et vous piocherez à coup sûr une ou deux ritournelles qui vous accrocheront.
Nous, ce fut : Please ... ou les chœurs féminins qui émaillent d'autres historiettes.


Pour celles et ceux qui aiment les conteurs d'histoires.

mercredi 16 novembre 2011

Cinoche : Tintin

Tintin.

On l'a déjà dit, 2011 est une année faste en matière de dessins animés : après le Chat du rabbin et Chico et Rita, et surtout les excellents Contes de la nuit de Michel Ocelot, voici le Tintin de Spielberg, deux grands noms réunis ici.
La 3D animée, c'est un peu comme un nouveau train électrique : tout le monde veut y jouer.
Et les grands cinéastes sont un peu comme de grands enfants : voici donc le tour de Spielberg avant bientôt Scorcese.
On reste toujours aussi sceptique quant à l'apport réel de la 3D qui certes donne de la profondeur au dessin animé (c'est la moindre des choses !) mais bon ... passons, si ça peut motiver encore quelques mois quelques grandes réalisations avant de passer de mode, tant mieux !
Spielberg nous livre donc une adaptation plutôt réussie de l'univers de Hergé(1) : à la fois fidèle à deux ou trois albums de la série et en même temps avec suffisamment de liberté pour donner libre cours à son imagination de cinéaste.
Et il s'en donne à cœur joie : la deuxième moitié du film recèle plusieurs séquences mémorables. Comme cette course poursuite digne des meilleurs James Bond (ou plutôt Indiana Jones), cette bataille navale fantastique qui relègue les pirates des Caraïbes au rang de marins d'eau douce et même ce duel de grues portuaires !
La première partie du film est un peu plus convenue et un peu lente à se mettre en place : comme si Spielberg se sentait un peu obligé d'exposer fidèlement les standards tintinesques sur lesquels il était attendu(2) avant de démarrer enfin “son” film, heureuse surprise.

(1) : le racisme d'Hergé est toujours bien présent ! espérons qu'une partie des spectateurs prendra cela comme un hommage au second degré !
(2) : et il s'en tire très bien mais, par construction, c'est plutôt 'convenu'


Pour celles et ceux qui aiment les grands reporters.
Critikat et Nicolinux en parlent.

samedi 12 novembre 2011

Cinoche : Intouchables

L’homme de fauteuil.

Quel succès que ce film qui continue de remplir les grandes salles des grands cinés toujours aussi combles ! Rien que pour cela, rien que pour ce succès grand public, bravo.
Pourtant pas facile de se dépatouiller d'un sujet aussi casse-gueule qu'un film sur un tétraplégique.
Même si on se souvient qu'Alain Monne avait fort bien réussi sa copie avec Sophie Marceau et Christophe Lambert (c'était L'homme de chevet).
Même si ce film-ci est inspiré d'une histoire vraie : alibi certainement nécessaire pour s'autoriser à déployer l'humour de la comédie sur un tel sujet.
Avec ces Intouchables, Olivier Nakache et Eric Toledano réussissent à leur tour l'exercice de style.
Grâce surtout à François Cluzet et Omar Sy.
Grâce surtout à Omar Sy (celui du SAV de Canal) qui crève l'écran, du moins sur le ton de la comédie (après cela, ce sera peut-être difficile de changer de registre).
Avec tout le battage qui entoure ce succès, vous connaissez forcément l'histoire : un riche tétraplégique des beaux quartiers(1) se morfond dans son fauteuil. À la recherche d'une aide(2) il tombe par hasard sur Omar Sy, grand black de banlieue à peine sorti des pattes des keufs. La rencontre des deux extrêmes va détonner. Le mélange est explosif et l'insensible Cluzet va être enfin touché par quelque chose : l'humour et l'amitié du grand black de la banlieue. Et le public comblé a droit à une belle histoire, bien racontée, avec juste ce qu'il faut d'émotion et beaucoup, beaucoup d'humour.
Une histoire vraie à laquelle, c'est paradoxal, on ne croit pas un seul instant. Mais peu importe, c'est un film pas un reportage.
De tout cela il ne reste pas grand chose à la sortie : paralysés par tant de bonnes intentions, on n'a pas vraiment été touchés par cette romance(3). Mais peu importe, il y eut le plaisir d'un bon moment passé devant la toile ... en compagnie de très nombreux spectateurs !

(1) : l'adage est encore vérifié - mieux vaut être riche et tétraplégique que pauvre et paralysé
(2) : après l'homme de chevet déjà cité, voici donc l'homme de fauteuil
(3) : contrairement à la poésie tropicale qui baignait le film avec Sophie Marceau et son chéri


Pour celles et ceux qui aiment les belles histoires.
Pascale et Nicolinux en parlent.

mardi 8 novembre 2011

Bouquin : La mort, entre autres

Polar noir des années noires.

Revoici l'écossais Philip Kerr et son étonnant détective privé Bernie Gunther, façon Nestor Burma chez les nazis.
On avait beaucoup apprécié le gros volume précédent qui réunissait trois épisodes : c'était la Trilogie Berlinoise.
Cette quatrième aventure, La mort entre autres, se laisse lire avec toujours autant de plaisir (Philip Kerr est un bon auteur de polars) mais n'atteint pas le niveau de la trilogie précédente.
Le goût de la nouveauté et le plaisir de la découverte ne sont évidemment plus là. Et l'intrigue de cette enquête, de cette manipulation dont est victime l'ami Bernie est un brin rocambolesque.
Reste, outre le plaisir de lire un bon polar, un polar bien noir, l'intérêt de relire quelques pages de notre Histoire, des pages bien noires.
Puisque tout l'intérêt des histoires de Philip Kerr c'est que, sans jamais pontifier, il nous fait voyager de Berlin à Vienne ou Garmish et même Tel-Aviv, il nous fait rencontrer toutes sortes d'aimables personnages comme Eichmann ou encore Hadj Amin le Grand Mufti de Jérusalem. Il nous balade entre les prémices du nazisme avant guerre jusqu'aux compromissions de l'Église, de la Croix-Rouge et de la CIA, toutes très occupées à faire échapper un grand nombre de nazis et de SS vers l'accueillante Argentine de Peròn.
Et toutes les ‘anecdotes’ dont Philip Kerr émaille son récit sont tristement avérées : depuis la visite d'Eichman à Tel-Aviv pour trouver une terre d'accueil où envoyer les juifs d'Allemagne, jusqu'au plan B qui consistait à récupérer une colonie française pour ce faire. C'était Madagascar. La suite on la connait et une autre solution, plus finale, sera mise en oeuvre.
Y'a de quoi déprimer pour le pauvre Bernie qui navigue en eaux troubles :
[...] Je me sentais aussi solitaire qu'un poisson dans une cuvette de toilette. Je n'avais pas de parents, et pas d'amis à qui parler, hormis le type dans le miroir de la salle de bains, celui qui d'ordinaire me souhaitait le bonjour, le matin. Dernièrement, il avait cessé de m'adresser la parole, même lui, et j'avais l'impression qu'il me saluait trop souvent d'un sourire sarcastique, comme si ma présence lui était devenue odieuse. Nous étions peut-être tous devenus odieux. Nous tous, les Allemands. Les Américains nous regardaient tous avec un mépris silencieux. Philip Kerr
Alors bien sûr il faut en revenir aux fondamentaux de tout bon détective :
[...] Voyez un peu les pays qui boivent beaucoup de bière. Ils sont presque tous protestants. Et ceux où l'on boit beaucoup de vin ? Tous catholiques.
- Et les Russes ? Ils boivent de la vodka.
- C'est une boisson qui aide à trouver l'oubli, répondit le père Bandolini. Absolument rien à voir avec Dieu.
L'époque était des plus sombres. Ce polar noir l'éclaire un tout petit peu.
Chacun connait bien désormais les sinistres compromissions dont firent preuve français, anglais ou américains à la fin de la guerre, par exemple avec les ‘médecins’ nazis qu'évoque largement ce bouquin.
Ce qui reste généralement passé sous silence, et pour cause, ce sont les compromissions des mêmes, avant guerre dans les années 30, pour trouver un consensus sur une solution au ‘problème juif’, aucun n'en voulant chez lui. On connait la suite.

Pour celles et ceux qui aiment les histoires avec de l'Histoire dedans.
D'autres avis sur Critiques Libres.
Le Livre de poche édite ces 565 pages qui datent de 2006 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Johan-Frédréik Hel Guedj.