dimanche 12 juin 2011

Cinoche : Beginners

Et paf le chien.

http://carnot69.free.fr/images/coeurbrise.gif

Aaarrgh, décidément 2011 risque d'être une année fatale pour la communion qui rassemble habituellement MAM et BMR sur ce blog ...
Après Somewhere en janvier, voici Beginners en juin ...
Deux réactions opposées, deux avis contradictoires ... pour deux films qui se ressemblent beaucoup.
Comme pour le film de Sofia Coppola, MAM s'est franchement ennuyée et BMR a plutôt bien aimé celui de Mike Mills. Véro n'était pas là, et ne s'est donc pas endormie sur son fauteuil.



Beginners ne ressemble en rien, ni à son affiche ni à sa bande-annonce : rien d'une comédie gaie sur le milieu gay de la Côte Ouest.
Le film est, bien au contraire, d'une profonde tristesse et décline le mot sad sur tous les tons.
Ewan McGregor (Oliver) vient de perdre son papa. Qu'il avait déjà ‘perdu’ quelques années avant, quand celui-ci avait fait son coming out après que maman ait, elle-même, abandonné les siens. Bref, Oliver est paumé, triste (ça va, vous suivez le fil ?) et se raccroche au chien de papa qui est toujours là (le chien).
Si le film s'en tenait là, MAM aurait raison.
Mais voilà que les copains d'Oliver réussissent à le sortir un soir à une ‘party’ ... et une étoile filante, un ange, que sais-je, enfin Mélanie Laurent (Anna) traverse la vie d'Oliver.
Anna est triste, elle aussi. Si on ne le voit pas, son papa est toujours là, un peu trop même. Visiblement ces deux-là ont des problèmes avec leurs papas. Alors ils traînent ensemble leur tristesse. Et le chien.
Tout comme dans le Château Marmont de Sofia Coppola, Anna et Oliver traînent leur spleen et leurs cartons dans des lieux qu'ils n'arrivent pas à habiter : la maison du vieux, l'appart d'Anna, celui d'Olivier, encore des halls et des chambres d'hôtel, nulle part où se poser, même pas somewhere.
Une génération (Mike Mills est né en 66, Sofia Coppola et Ewan McGregor en 71, Oliver a 38 ans dans le film, ...) qui a tout eu : les parents se sont battus (les guerres, les droits comme ceux des gays avec Harvey Milk, ...) mais les enfants ont tout eu, argent, éducation, ... et du coup se retrouvent désemparés, pas encore construits, débutants ...
Somewhere était une belle histoire entre Stephen Dorff et sa fille Cléo (rappelez vous : Ellene Fanning) et pour ces Beginners il est à peine plus question de sexe entre Oliver et Anna qui s'endorment et se réveillent ensemble ou pas, selon leurs humeurs, pardon leur humeur, c'est à dire la tristesse (vous suivez toujours le fil ?).
Bien sûr, le désarroi des riches de la Côte Ouest peut être franchement exaspérant (c'est le point de vue un peu primaire de MAM). Sauf si l'on accepte de se laisser porter par le spleen beaudelairien (le jour du bac de philo c'était pourtant facile) et de se retenir de botter le cul à ce c... d'Ewan MacGregor qui a LA chance inouïïïe de voir Mélanie Laurent frapper à SA porte ... et qui s'occupe du chien !
Les clins d'œil au film de Sofia Coppola sont nombreux, à commencer par la ressemblance entre les deux acteurs et à finir par une scène de patinage non pas sur glace mais sur roulettes.
Alors bien sûr on pourra se dire que c'est MAM qui a raison et que ce film est encore plus chiant que le Somewhere de la Sofia. On pourra se dire que BMR est bêtement ébloui par Mélanie Laurent (oui, ça on peut se le dire).
On pourra même se dire que BMR cherche à rester jeune et romantique en croyant participer ainsi aux états d'âme d'une génération qui n'est plus la sienne. MAM n'y pense même plus : il y a quand même une bonne dizaine d'écart entre eux deux(1).
Nul doute que ce film va encore ennuyer certains et diviser beaucoup !
À la réflexion, le lendemain, la seule et vraie question posée par ce film est la suivante : Sofia et Mike ont-ils couché ? 

(1) : aïe, le couteau de cuisine de MAM planté sur ma nuque m'incite à obtempérer et à écrire sous la dictée et la contrainte (mon écriture stressée est aisément reconnaissable) : reqtificassion, la dizaine d'ékar n'ait kune dizaine de mois et non pa d'anées.
Ouais, ben ça compte quand même non ?


Pour celles et ceux qui aiment la tristesse.
Critikat en parle.

Aucun commentaire: