vendredi 23 décembre 2011

Miousik : Tamco (Tammy Paine)

Cadeau de Noël.

Le hasard fait parfois (très) bien les choses.
Voici Tamco et surtout Tammy Payne découverte au fil d'une recherche trop compliquée pour être relatée ici.
Ce groupe anglais un peu jazzy est menée par une voix ! Une voix ! UNE VOIX !
Tammy Payne reprend de vieux standards et c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes.
Goûtez moi une louche de ce ... Amsterdam ! Et oui !
Si vous tombez sous le charme et si vous reprenez le refrain en braillant en VO In the port of d'Amsterdam sous votre casque, reprenez-en, il y a encore du Stranger Song (oui celui de Cohen) et il reste aussi du Jolene (oui, celle de Dolly Parton, yes !), ouh la la ...
Des 'reprises' très très réussies.
Cadeau de Noël !

Pour celles et ceux qui aiment les vieux standards revisités.

mardi 20 décembre 2011

Miousik : Les enfoirés

Bande d’enfoirés.

Allez bande d'enfoirés, c'est l'hiver et c'est bientôt Noël. Le moment ou jamais de penser aux Restos du Cœur et à ceux qui sont toujours de plus en plus nombreux à ne pas manger tous les jours à leur faim. Et de toute évidence c'est pas près de s'arranger.
Alors pour une fois notons que les Enfoirés ont concocté un hymne plutôt sympa et c'est pas parce que c'est Lorie qui ouvre le bal ou que l'élégante Michèle Laroque fricote avec l'inutile Baroin qu'il faut bouder le plaisir d'écouter Maurane, Maxime Leforestier ou même Mimie Mathy.
C'est JJ. Goldman qui a remixé le tube d'Indochine et les paroles sont plutôt réussies :

[...] J’ai demandé à la lune la France veut-elle encore de moi
Elle m’a dit j’ai pas l’habitude de m’occuper des cas comme ça
Et toi et moi on était tellement sûrs mais on se disait quelques fois
Que si demain l’hiver est dur les Restos seront-ils toujours là
Nous ne sommes pas venus te dire qu’ils nous suffira de chanter
Pour une assiette et un sourire, il faut des milliers d’Enfoirés
Nous sommes juste venus vous dire qu’il ne suffit pas de rêver
Pour une assiette et un sourire, il faut des milliers d’Enfoirés

Alors comme pour une assiette et un sourire, il faut des milliers d'Enfoirés yakakliker pour rejoindre la troupe.
Et même que si vous promettez de donner aux Restos et d'acheter leur tube, on vous laisse écouter un extrait.
Faites passer ... !


Pour celles et ceux qui aiment.

mercredi 7 décembre 2011

Miousik : Mirel Wagner

Triste mais beau.

BMR & MAM, deux baobab-coolLa jeune Mirel Wagner est née en Ethiopie mais vit en Finlande.
Son blues-folk ne ressemble pourtant à rien de ce que produit habituellement la world-music.
Une guitare sèche (la sienne), une voix frissonnante (la sienne encore) et c'est tout.
Un blues dépouillé jusqu'à l'os comme l'une de ses chansons : To the bone.
C'en est presque trop triste. Il faut donc piocher parmi les morceaux les moins obsédants comme ce très très beau No death ...

[...] My baby has a swollen face long stiff limbs
them eyes are black pits of a place where I've been
her hair is long still smells like mud
she answered to my kiss with a rotten tongue
no death can tear us apart
her body is cold well it's gonna get colder
but my love will ignite what was left to smoulder
I move my hips in her I am home
I'll keep on loving 'till the marrow dries from her bones

On vous laisse vous noyer dans les yeux noirs de l'âme de Mirel Wagner ...


Pour celles et ceux qui aiment les chansons tristes.

mercredi 23 novembre 2011

Miousik : Régis Israël - Greenshape

Le Ch’ti folk.

La boxe est un noble sport, un noble art, qui mène ... à tout et à un autre art : la musique. C'est ce que prouve Régis Israël (un Ch'ti), alias Greenshape avec un album bien nommé : Storyteller ...
Dans la lignée des Cocoon ou des Angus et Julia Stone.
Jetez-y une oreille et vous piocherez à coup sûr une ou deux ritournelles qui vous accrocheront.
Nous, ce fut : Please ... ou les chœurs féminins qui émaillent d'autres historiettes.


Pour celles et ceux qui aiment les conteurs d'histoires.

mercredi 16 novembre 2011

Cinoche : Tintin

Tintin.

On l'a déjà dit, 2011 est une année faste en matière de dessins animés : après le Chat du rabbin et Chico et Rita, et surtout les excellents Contes de la nuit de Michel Ocelot, voici le Tintin de Spielberg, deux grands noms réunis ici.
La 3D animée, c'est un peu comme un nouveau train électrique : tout le monde veut y jouer.
Et les grands cinéastes sont un peu comme de grands enfants : voici donc le tour de Spielberg avant bientôt Scorcese.
On reste toujours aussi sceptique quant à l'apport réel de la 3D qui certes donne de la profondeur au dessin animé (c'est la moindre des choses !) mais bon ... passons, si ça peut motiver encore quelques mois quelques grandes réalisations avant de passer de mode, tant mieux !
Spielberg nous livre donc une adaptation plutôt réussie de l'univers de Hergé(1) : à la fois fidèle à deux ou trois albums de la série et en même temps avec suffisamment de liberté pour donner libre cours à son imagination de cinéaste.
Et il s'en donne à cœur joie : la deuxième moitié du film recèle plusieurs séquences mémorables. Comme cette course poursuite digne des meilleurs James Bond (ou plutôt Indiana Jones), cette bataille navale fantastique qui relègue les pirates des Caraïbes au rang de marins d'eau douce et même ce duel de grues portuaires !
La première partie du film est un peu plus convenue et un peu lente à se mettre en place : comme si Spielberg se sentait un peu obligé d'exposer fidèlement les standards tintinesques sur lesquels il était attendu(2) avant de démarrer enfin “son” film, heureuse surprise.

(1) : le racisme d'Hergé est toujours bien présent ! espérons qu'une partie des spectateurs prendra cela comme un hommage au second degré !
(2) : et il s'en tire très bien mais, par construction, c'est plutôt 'convenu'


Pour celles et ceux qui aiment les grands reporters.
Critikat et Nicolinux en parlent.

samedi 12 novembre 2011

Cinoche : Intouchables

L’homme de fauteuil.

Quel succès que ce film qui continue de remplir les grandes salles des grands cinés toujours aussi combles ! Rien que pour cela, rien que pour ce succès grand public, bravo.
Pourtant pas facile de se dépatouiller d'un sujet aussi casse-gueule qu'un film sur un tétraplégique.
Même si on se souvient qu'Alain Monne avait fort bien réussi sa copie avec Sophie Marceau et Christophe Lambert (c'était L'homme de chevet).
Même si ce film-ci est inspiré d'une histoire vraie : alibi certainement nécessaire pour s'autoriser à déployer l'humour de la comédie sur un tel sujet.
Avec ces Intouchables, Olivier Nakache et Eric Toledano réussissent à leur tour l'exercice de style.
Grâce surtout à François Cluzet et Omar Sy.
Grâce surtout à Omar Sy (celui du SAV de Canal) qui crève l'écran, du moins sur le ton de la comédie (après cela, ce sera peut-être difficile de changer de registre).
Avec tout le battage qui entoure ce succès, vous connaissez forcément l'histoire : un riche tétraplégique des beaux quartiers(1) se morfond dans son fauteuil. À la recherche d'une aide(2) il tombe par hasard sur Omar Sy, grand black de banlieue à peine sorti des pattes des keufs. La rencontre des deux extrêmes va détonner. Le mélange est explosif et l'insensible Cluzet va être enfin touché par quelque chose : l'humour et l'amitié du grand black de la banlieue. Et le public comblé a droit à une belle histoire, bien racontée, avec juste ce qu'il faut d'émotion et beaucoup, beaucoup d'humour.
Une histoire vraie à laquelle, c'est paradoxal, on ne croit pas un seul instant. Mais peu importe, c'est un film pas un reportage.
De tout cela il ne reste pas grand chose à la sortie : paralysés par tant de bonnes intentions, on n'a pas vraiment été touchés par cette romance(3). Mais peu importe, il y eut le plaisir d'un bon moment passé devant la toile ... en compagnie de très nombreux spectateurs !

(1) : l'adage est encore vérifié - mieux vaut être riche et tétraplégique que pauvre et paralysé
(2) : après l'homme de chevet déjà cité, voici donc l'homme de fauteuil
(3) : contrairement à la poésie tropicale qui baignait le film avec Sophie Marceau et son chéri


Pour celles et ceux qui aiment les belles histoires.
Pascale et Nicolinux en parlent.

mardi 8 novembre 2011

Bouquin : La mort, entre autres

Polar noir des années noires.

Revoici l'écossais Philip Kerr et son étonnant détective privé Bernie Gunther, façon Nestor Burma chez les nazis.
On avait beaucoup apprécié le gros volume précédent qui réunissait trois épisodes : c'était la Trilogie Berlinoise.
Cette quatrième aventure, La mort entre autres, se laisse lire avec toujours autant de plaisir (Philip Kerr est un bon auteur de polars) mais n'atteint pas le niveau de la trilogie précédente.
Le goût de la nouveauté et le plaisir de la découverte ne sont évidemment plus là. Et l'intrigue de cette enquête, de cette manipulation dont est victime l'ami Bernie est un brin rocambolesque.
Reste, outre le plaisir de lire un bon polar, un polar bien noir, l'intérêt de relire quelques pages de notre Histoire, des pages bien noires.
Puisque tout l'intérêt des histoires de Philip Kerr c'est que, sans jamais pontifier, il nous fait voyager de Berlin à Vienne ou Garmish et même Tel-Aviv, il nous fait rencontrer toutes sortes d'aimables personnages comme Eichmann ou encore Hadj Amin le Grand Mufti de Jérusalem. Il nous balade entre les prémices du nazisme avant guerre jusqu'aux compromissions de l'Église, de la Croix-Rouge et de la CIA, toutes très occupées à faire échapper un grand nombre de nazis et de SS vers l'accueillante Argentine de Peròn.
Et toutes les ‘anecdotes’ dont Philip Kerr émaille son récit sont tristement avérées : depuis la visite d'Eichman à Tel-Aviv pour trouver une terre d'accueil où envoyer les juifs d'Allemagne, jusqu'au plan B qui consistait à récupérer une colonie française pour ce faire. C'était Madagascar. La suite on la connait et une autre solution, plus finale, sera mise en oeuvre.
Y'a de quoi déprimer pour le pauvre Bernie qui navigue en eaux troubles :
[...] Je me sentais aussi solitaire qu'un poisson dans une cuvette de toilette. Je n'avais pas de parents, et pas d'amis à qui parler, hormis le type dans le miroir de la salle de bains, celui qui d'ordinaire me souhaitait le bonjour, le matin. Dernièrement, il avait cessé de m'adresser la parole, même lui, et j'avais l'impression qu'il me saluait trop souvent d'un sourire sarcastique, comme si ma présence lui était devenue odieuse. Nous étions peut-être tous devenus odieux. Nous tous, les Allemands. Les Américains nous regardaient tous avec un mépris silencieux. Philip Kerr
Alors bien sûr il faut en revenir aux fondamentaux de tout bon détective :
[...] Voyez un peu les pays qui boivent beaucoup de bière. Ils sont presque tous protestants. Et ceux où l'on boit beaucoup de vin ? Tous catholiques.
- Et les Russes ? Ils boivent de la vodka.
- C'est une boisson qui aide à trouver l'oubli, répondit le père Bandolini. Absolument rien à voir avec Dieu.
L'époque était des plus sombres. Ce polar noir l'éclaire un tout petit peu.
Chacun connait bien désormais les sinistres compromissions dont firent preuve français, anglais ou américains à la fin de la guerre, par exemple avec les ‘médecins’ nazis qu'évoque largement ce bouquin.
Ce qui reste généralement passé sous silence, et pour cause, ce sont les compromissions des mêmes, avant guerre dans les années 30, pour trouver un consensus sur une solution au ‘problème juif’, aucun n'en voulant chez lui. On connait la suite.

Pour celles et ceux qui aiment les histoires avec de l'Histoire dedans.
D'autres avis sur Critiques Libres.
Le Livre de poche édite ces 565 pages qui datent de 2006 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Johan-Frédréik Hel Guedj.


mercredi 26 octobre 2011

Miousik : Helena Esparon

Créole.

Helena Esparon est une 'métro' qui est allé retrouver les racines de ses ancêtres à La Réunion. 
La dame (chant et guitare sèche) est accompagnée d'un percussionniste aux doigts magiques (Vincent Philéas).
Plusieurs morceaux, pleins de douceur, sont superbes, quelques uns moins heureux lorsque la dame s'emballe vers le blues-rock.
Ce blog vous a généreusement mis en ligne un long extrait de la plus belle chanson : Un vide en équateur.
[...] Je marche sur la corde d'un vide en équateur
J'accroche selon l'humeur ton regard à mon âme
J'attache sur ce fil mes contours figés de femme
Je surprend sans pudeur tes mélodrames, tes peurs [...]
Il n'y a malheureusement qu'un seul CD 4 titres pour le moment ...

Pour celles et ceux qui aiment les îles.

dimanche 16 octobre 2011

Miousik : Liben & Berry

Mademoiselle is back.

La Belgique produit parfois de jolies choses, si, si, notamment en musique.
Voici donc le petit bruxellois Vincent Liben (du groupe Mud Flow) qui nous a préparé un fort joli duo avec une petite française, Elise Pottier, plus connue sous le nom de Berry et pour son tube Mademoiselle (ça date déjà de 2008).
Leur nouveau duo Mademoiselle Liberté est un joli clin d'œil.
Un joli piano, la douce voix de Berry et un refrain qui souffle le chaud, et souffle le froid ...
Une sympathique ritournelle que l'on oubliera sans doute trop vite mais qui peut tourner en boucle quelques semaines entre vos oreilles.
Mademoiselle liberté
avec ta vieille Volvo déglinguée
tu roules à travers champs
avec l'idée de rattraper le temps perdu
Mademoiselle liberté
dans mes grands yeux tu as cru
pouvoir te noyer à condition
de laisser expirer l'air pur
Qui comme toi tout contre moi
souffle le chaud et souffle le froid
qui comme toi tout contre moi
souffle sur terre et agite la mer ...

Pour celles et ceux qui aiment les duos.

mardi 4 octobre 2011

Bouquin : Les courants troubles du lac Tai

L’inspecteur Chen devient écolo ?

Nous sommes depuis longtemps fans des polars shanghaïens de Qiu Xiaolong.
Après quelques dernières déceptions (voir De soie et de sang) on a voulu laisser une nouvelle chance à l'Inspecteur Chen avec Ces courants fourbes du lac Tai.
Malheureusement la veine prometteuse des savoureux premiers épisodes semble bien tarie.
L'inspecteur Chen promène son ennui sur les bords du lac, ne sachant trop ce qu'il est venu y faire, envoyé par un ponte du Parti, sans trop savoir s'il est ici en vacances forcées ou plutôt pour être l'oeil de Pékin sur place ...
Polar On a donc quitté Shanghaï à regrets et on n'est pas vraiment convaincu par cet épisode où Qiu et Chen jouent aux écolos ...

[...] Mon grand-père a cru aux nationalistes, mais Chiang Kai-shek a expédié tout l'or à Taïwan en 1949. Mon père a cru aux communistes, mais les Gardes rouges de Mao l'ont battu jusqu'à le rendre infirme en 1969. J'au cru à la réforme de Deng pendant les premières années, mais l'entreprise où j'avais travaillé toute ma vie a fait faillite du jour au lendemain. [...]

Tout tourne autour du profit. À quoi d'autre les gens pourraient-ils se raccrocher ? Rien qu'à l'argent.
Tout cela est pétri de bons sentiments et c'est dans l'air du temps. L'air du temps occidental (Qiu Xiaolong vit depuis longtemps aux US) mais ce n'est pas forcément ce qui faisait tout le charme des histoires shangaïennes du Qiu Xiaolong de la première heure.
Encore déçus par cet épisode donc, ce billet est donc à nouveau l'occasion de vivement vous conseiller de découvrir (si ce n'est déjà fait) Qiu Xiaolong par ses précédents polars, tous excellents et la plupart en format poche (voir des extraits au format PDF).


D'autres avis sur Babelio.

vendredi 9 septembre 2011

Bouquin : La prière d’Audubon

Alice au pays des merveilles nipponnes.

http://carnot69.free.fr/images/chinois.gif

C'était un coup de cœur des libraires Virgin mais cet étrange bouquin ne nous aura pas tout à fait emballés. http://carnot69.free.fr/images/Pigeons.jpg
Il faut dire que le japonais Kôtarô Isaka souffre de la comparaison avec sa compatriote Yôko Ogawa et qu'il est bien difficile de se faire une place sur l'étagère de l'étrange et du bizarre aux côtés de la grande dame. 
Et cette Prière d'Audubon ne possède pas le charme des nouvelles de Madame Ogawa.
Reste une bien étrange histoire : à la suite d'un concours de circonstances, un jeune homme se retrouve sur l'île d'Ogishima, un microcosme coupé du reste du monde depuis des lustres (une situation bien connue des japonais !).
Notre esprit cartésien est encore un peu plus secoué lorsqu'on découvre qu'une rizière est occupée par un épouvantail ... qui parle.
Et pas pour rien dire, puisque l'épouvantail est capable de prédire l'avenir !
Bientôt quelques personnes disparaissent sur cette île fermée, quelques meurtres aussi. Et même l'épouvantail est assassiné !
Pour quelqu'un qui était supposé deviner son futur, ça la fiche mal. À moins que ...
Au fil des chapitres de cette intrigue mi fantaisiste mi policière, le voyageur-lecteur fera la connaissance de quelques personnages bizarres : un chat qui donne la météo sur son arbre, un peintre qui parle à l'envers, un poète qui n'hésite pas à tuer ceux qui s'écartent du droit chemin, et les fameux pigeons migrateurs du sieur Audubon.
Et c'est finalement tout un empilement de circonstances hasardeuses, d'événements et d'incidents fortuits, que l'on découvre au fil des pages jusqu'à la vision finale du puzzle. Sacré épouvantail !

[...] Il y avait en ce monde une île dont l'existence était ignorée de tous. Comme par hasard, cette île se trouvait au Japon et il y vivait entre autres un épouvantail doté du langage humain et des pigeons migrateurs qui avaient disparu du reste du globe depuis plusieurs décennies. Et j'allais croire tout ça ?

Un mélange curieux d'étrangeté fantaisiste et d'écriture nippone, comme désabusée et distanciée.
L'occasion aussi de découvrir cet étrange français qu'est Jean-Jacques Audubon, plus connu en Amérique sous le nom de John James Audubon !


Pour celles et ceux qui aiment les oiseaux et les épouvantails.
Philippe Picquier édite ces 441 pages qui datent de 2000 en VO et qui sont traduites du japonais par Corinne Atlan.
D'autres en parlent ici ou .

vendredi 2 septembre 2011

Bouquin : Le cantique des innocents

Polar sans crime.

Rien de tel que d'être coincé pour dans un hôtel de la banlieue de Madrid pour cause de surbooking sur la route de retour de vacances, pour vous faire découvrir quelques nouveaux bouquins, en fait les seuls en langue française dans une boutique de Bajajas ...
Ce sera donc le Cantique des innocents chanté par notre habituelle Donna Leon, mi-américaine, mi-vénitienne.
Revoici donc la Fred Vargas italienne (oui, on l'a déjà dit et redit) et son commissaire fétiche, Guido Brunetti.
Cet épisode-là tient la route même si ce n'est pas le meilleur de la dame et même si le sujet est un peu casse-gueule puisqu'il s'agit d'évoquer les adoptions peu orthodoxes et mieux encore les enfants que l'on peut acheter [de préférence à une fille de l'est] faute de pouvoir en faire. 
Un polar sans meurtre, presque sans crime.

[...] - Quels torts a-t-elle, en fin de compte ? D'être née dans le mauvais pays? D'être venue dans un pays plus riche. De s'être retrouvée enceinte, de ne pas vouloir le bébé et de trouver quelqu'un qui le voulait ? D'une certaine manière, elle a au moins le mérite d'avoir pris l'argent et de ne pas être revenue plus tard pour m'en demander d'avantage.

Juste une balade dans Venise, comme seule Donna Leon sait nous les organiser, avec le commissaire Brunetti comme guide.
Ça commence pourtant plutôt fort avec une descente musclée des carabiniers au domicile d'un pédiatre, sans doute coupable d'avoir eu un enfant qui n'était pas le sien mais dont la mère ne voulait pas.
Le gosse part à l'orphelinat auquel il était destiné, le pédiatre part à l'hôpital après s'être violemment jeté sur la crosse des fusils des carabiniers.
L'intrigue est mince mais suffira largement à Donna Leon pour démêler tout un écheveau de fils et contre-fils dans les arcanes du milieu médical italien.
Un bon épisode où l'on a même droit à une escapade de signor Brunetti et de la fameuse signorina Elettra(1) partis tous deux à Vérone jouer les faux parents en mal de vrais enfants.

[...] - Je suis allé à Vérone avec la signorina Elettra, dit-il, surpris lui-même de faire cette révélation. Nous étions un couple désespérant d'avoir un enfant. Je voulais vérifier si la clinique n'était pas impliquée  dans ces affaires d'adoption.
- Et est-ce qu'ils t'ont cru ? À la clinique ? " demanda-t-elle, même si Brunetti considérait que la question importante était de savoir si la clinique était partie prenante ou non dans les adoptions illégales.
" Je crois que oui ", dit-il, estimant plus prudent de ne pas essayer d'expliquer pourquoi.
Paola reposant les pieds par terre et s'assit. Elle posa son verre sur la table, se tourna vers Brunetti et retira un long cheveu noir du devant de sa chemise. Elle le laissa tomber sur le tapis et se leva. Sans rien dire, elle alla dans la cuisine préparer le reste du repas.

Hmmm, savoureux !
Rien que pour cette demi-page, le bouquin vaut le détour : les amateurs de Donna Leon et les fans de Brunetti (ou de Paola, ou de la signorina Elettra) apprécieront !
À force de lire Donna Leon on se demande comment on peut ne pas vivre à Venise ?
Ah oui, c'est vrai j'oubliais : on vit à Paris qui est encore plus belle !
Ceux qui découvriraient seulement Donna Leon pourront commencer par l'un des meilleurs épisodes comme Requiem pour une cité de verre.

(1) : oui, oui, BMR avoue un penchant coupable pour la signorina Elettra à la vie mystérieuse mais que l'on suppose ô combien tumultueuse !


Pour celles et ceux qui aiment les pâtes italiennes.
Points poche édite ces 341 pages qui datent de 2007 en VO et qui sont traduites de l'anglais (Donna Leon est une américaine qui vit à Venise) par William Olivier Desmond.

Bouquin : L’armée furieuse

Le pelleteux de nuages dans le bocage normand.

Cet été, il fallait vraiment passer ses vacances sans lunettes au fin fond de la Creuse pour manquer le dernier Fred Vargas, promis au statut de polar de l'été, objet d'un battage médiatique soutenu.
Mais le succès étant ce qu'il est, cette Armée furieuse allait-elle tenir ses promesses ?
Reconnaissons que l'amie Vargas démarre très fort.
Grâce à Tavernier, James Lee Burke et Dave Robicheaux, on avait découvert il y a peu les brumes électriques des marais de Louisiane, propres à faire surgir du néant toute une armée de confédérés.
Avec Fred Vargas, ce sont maintenant les sous-bois du bocage normand qui laissent entrevoir, à la nuit tombée, la Mesnie Hellequin, l'Armée Furieuse.

[...] - Comment ça se présente ? De  quoi s'agit-il ?
- Il y a eu un meurtre - un homme - et une tentative de meurtre sur une vieille femme. On ne pense pas qu'elle survivra. Trois autres morts sont encore annoncées.
- Annoncées ?
- Oui. Parce que les crimes sont directement liés à une sorte de cohorte puante, une très vieille histoire.
- Une cohorte de quoi ?
- De morts en armes. Elle traîne dans le coin depuis les siècles des siècles, et elle emporte avec elle les vivants coupables.
- Parfait, dit Noël, elle fait notre boulot en quelque sorte.
- Un peu plus car elle les tue. Danglard, expliquez leur rapidement ce qu'est l'Armée Furieuse.

Une ‘vraie’ légende qui veut que depuis l'an mille, de Suède en Touraine, en passant par l'Allemagne et la Lorraine, et jusqu'en Normandie donc, les nuits de pleine lune voient défiler l'Armée furieuse du sieur Hellequin, une chevauchée d'esprits guerriers dont les âmes ne trouvent jamais le repos. Ces fantômes bruyants et caracolants viennent “se saisir” ici-bas de nouveaux compagnons malfaisants qui ne méritent pas, eux non plus, le repos éternel.
Malheur à vous, si l'on vous voit chevaucher et hurler en compagnie de la meute du sieur Hellequin : vous voici, à votre tour, condamné pour d'inavouables fautes commises ici-bas. Et condamné à très court terme : tout au plus vous reste-t-il quelques jours pour plier vos bagages avant le grand voyage. 
Alors bien sûr quand Lina, une jeune fille du village normand, affirme avoir vu trois ou quatre de ses concitoyens chevaucher à bride abattue un soir de pleine lune ... c'est la panique. D'autant qu'un premier cadavre est vite découvert.

[...] - Le Seigneur Hellequin a désigné des victimes, et un homme se croit légitimé pour les tuer. C'est ce que vous pensez ? Que la vision de Lina a fait surgir un assassin ?
[...] - Tout est venu de la Mesnie Hellequin. Elle est passée et je l'ai vue. Il y avait quatre saisis, il y aura quatre morts.

Est-ce l'Armée furieuse qui les emporte ? Est-ce un voisin “bien intentionné” qui a jugé bon de répondre à l'invitation de la Mesnie Hellequin et a voulu rendre lui-même “vraye justice” ?
De toute évidence ce mystère est de ceux auxquels Jean-Baptiste Adamsberg ne peut résister bien longtemps ! Et nous non plus !
Allez, vous prendrez bien un sucre dans votre café ou votre calva en regardant fixement ces vaches paisibles qui ne semblent pas bouger de la journée, un mystère encore plus impénétrable pour Adamsberg que celui de l'Armée du Sieur Hellequin.
Alors au final, le succès annoncé ?Fred Vargas
Et bien c'est sans doute l'un des Vargas les plus solides, les mieux construits. L'intrigue policière (ou plutôt les intrigues car il y en a deux, presque trois, qui s'entrecroisent) est bien maîtrisée. On sent que Vargas a choisit de plaire à un plus large public.
Les dialogues savoureux, délicieux, onctueux, dont elle est coutumière, sont au rendez-vous. Les petites histoires débarquent sans prévenir, on n'y comprend goutte, et puis voilà, cinquante pages plus loin, ça resurgit et ça fait plop.
Mais on est devenu exigeant (trop ?) et tout cela semble trop raisonnable, trop sage. De belles explosions de ci, de là, mais le feu d'artifice n'est pas aussi délirant que, par exemple, dans un récent Lieu incertain.


Pour celles et ceux qui aiment les fantômes, datent-ils du Moyen Âge.
Viviane Hamy édite ces 427 pages qui datent de 2011.
On peut lire aussi cette intéressante interview de Fred Vargas herself.
D'autres avis sur Critiques Libres et Babelio.

mardi 23 août 2011

Bouquin : Femme de chambre

La solitude des chambres d’hôtel.

À l'heure où l'arrogance des puissants vaut tous les passe-droits, ce blog entend réhabiliter une profession promise à tous les abus : femme de chambre, femme de ménage,...
Après la lettre À l'attention de la femme de ménage, voici donc la Femme de chambre de Markus Orths.
Comme pour faire écho à la pitoyable actualité du FMI(1), l'héroïne de ce roman, Lynn ou plus exactement Linda Maria Zapatek, est femme de chambre dans un grand hôtel allemand (Bonn ?).
Lynn est une femme de chambre hors pair, légèrement franchement accro au ménage, tendance maniaco-obsessionnelle.

[...] Personne ne lui ordonne de s'arrêter. On la laisse faire. Et bientôt Lynn disparaît dans le décor de l'hôtel, on ne la remarque plus, c'est comme si elle en faisait invisiblement partie, une pièce de mobilier qui se meut de temps en temps de façon à peine perceptible, un esprit qui va et vient comme il veut, un lutin qui fait tout le travail en passant.
Un objet tombe par terre : Lynn est là pour le ramasser. Une revue oubliée dans le bar : elle n'y reste pas longtemps. Les traces de pas boueuses d'un client qui a marché sous la pluie : avant que le chef de la réception ait pu s'en soucier, c'est déjà effacé.
Mais Lynn passe la plupart du temps dans les chambres. Et là, c'est l'existence des choses, l'importunité des choses, l'omniprésence des choses qui enveloppe Lynn tout entière comme un drap.

Parce qu'en plus de son obsession de la propreté, Lynn a aussi un autre petit travers.
Une toute petite déviance. Un très très léger défaut. Une gentille petite manie.
En fait, elle aime beaucoup se glisser sous les lits des clients. Et se faire oublier. 
Comme pour s'accaparer une part de leur vie, elle qui n'en a pas beaucoup.
Elle préfère même ne pas prendre de congés(2) (ah, le vide insondable de la solitude des 'vacances') pour mieux profiter des dessous de lit de ses clients.
Jusqu'à ce que l'on comprenne, en même temps que Lynn elle-même, quel était le lit qui lui manquait.
Sans même évoquer la triste actualité, il est un peu étrange d'avoir lu ces deux livres coup sur coup, puisque pas mal d'échos résonnent de l'un à l'autre. Bien sûr on y retrouve ces fameuses ‘femmes de chambre’ qui se fondent dans le décor jusqu'à faire corps avec lui (et dans le bouquin de Markus Orths, c'est le cas de le dire), mais on y entend tout également des roucoulements saphiques : est-ce là un simple hasard littéraire ou est-ce que tout cela relève de notre imaginaire collectif lié à ce ‘personnel de maison’ ?
Dans les lettres écrites À l'attention de la femme de ménage, cette dernière était absente et servait en contre-point de miroir à l'héroïne. Mais ici c'est bien la femme de chambre qui tient le premier rôle.
Les deux bouquins, tous deux gentiment givrés, tous deux plus proches de la nouvelle que du roman, se lisent rapidement, avec peut-être un peu plus de facilité pour l'allemand.

(1) : pour dire vrai, le hasard fait bien les choses (si on peut dire) puisque les deux bouquins furent acquis bien avant les dskonneries de dski vous savez
(2) : ce pourrait être le livre de chevet des patrons du Medef, à défaut d'être celui des patrons du FMI


Pour celles et ceux qui aiment les chambres d'hôtel.
Liana Levi édite ces 132 pages qui datent de 2008 en VO et qui sont traduites de l'allemand par Nicole Casanova.

lundi 15 août 2011

Bouquin : À l’attention de la femme de ménage

Le chant glacé des sirènes.

Drôle de bouquin (enfin non, pas drôle du tout) que cet ouvrage d'Émilie Desvaux, à mi-chemin entre une longue nouvelle et un court roman.
L'histoire d'une folie ordinaire. Une folie glacée.
Une jeune et riche veuve, oisive et neurasthénique, raconte ...
Elle écrit À l'attention de la femme de ménage. La femme de ménage qui fait partie des meubles, de la maison : qui voit tout, entend tout, comprend tout mais ne dit rien.
Et qui surtout, passe derrière vous pour faire ... le ménage.
La riche veuve vient de perdre son mari. Une histoire un peu trouble d'accident d'auto.
La jeune et fraîche cousine du mari était venue loger chez eux.
Le mari décédé ne pouvait plus approcher son épouse, glacée. S'est-il montré un peu trop proche de la jeune cousine ?
La riche veuve, elle, s'est franchement éprise de la fraîche cousine, qui est restée.
La jeune cousine s'incruste et s'enferme des heures dans la salle de bain.

[...] Je la trouvais partout, Marie-Jeanne, la cousine de mon mari, ma nouvelle colocataire. Elle était ma première vision, ma paralysie pour un minuscule instant,  une seconde sans fin ni frémissement - elle était dans le salon, dans la cuisine, dans la véranda inachevée, sur la terrasse. Elle était vautrée sur le canapé ou à même la moquette, un genou replié, occupée à se vernir avec application les ongles de pieds.

Deux femmes goûtant les plaisirs de Sapho. Un absent.
Et un quatrième personnage : la maison qui semble peser de tous ses murs, de toutes ses pièces sur cette étrange histoire.
D'autres absents aussi, encore trop présents eux aussi : la mère qui fut beaucoup trop lointaine et le père qui aura été un peu trop proche et qui lui racontait des histoires à l'oreille le soir en lui caressant les cheveux ...

[...] J'ai eu des grands-parents, je crois, lorsque j'étais bébé, ils sont morts très vite. Tout le monde est mort si vite. Ce serait une maison idéale pour les fantômes mais en fait de fantôme, il n'y a que moi.

Il faut un peu de temps pour entrer dans cette histoire glaçante, un peu de temps pour se laisser prendre par ces personnages ces fantômes de famille qui hantent la maison. Et puis on se laisse glisser dans l'eau froide ...
Et puis la femme de ménage découvrira la lettre.
Brrr.... idéal pour se rafraîchir un soir d'orage.
On reparle très bientôt des femmes de ménage ... n'en déplaise à dski vous savez.


Pour celles et ceux qui aiment les douches froides.
Stock édite ces 183 pages qui datent de 2011.

mercredi 27 juillet 2011

Cinoche : Les contes de la nuit

Il était une fois et la lumière fut.

Année faste en matière de dessins animés : après le Chat du rabbin et Chico et Rita, voici Michel Ocelot (souvenez-vous, Kirikou c'était lui ... en 1998) qui revient pour nous raconter de nouvelles histoires : Les contes de la nuit.
Une série de six petits contes que l'on dirait tout droit sortis de nos vieux recueils d'enfance "Contes et légendes de ...".
Et Michel Ocelot nous fait voyager à travers les lieux et les époques : au Moyen-Âge, aux Antilles, au Tibet, en Amérique du Sud et en Afrique bien sûr.
Chaque voyage est prétexte à un festival de couleurs et de superbes graphismes sur lesquels viennent se découper quelques personnages venus nous jouer leur histoire.
Comme on le disait il y a quelques jours à propos de Chico & Rita, pour les européens, dans 'dessin animé' il y a d'abord dessin.
Et même, pour une fois la 3D sert à autre chose qu'à mettre en relief les sous-titres d'une VO : ici les ombres chinoises se découpent au premier plan devant une multitude de fonds multicolores.
C'est lumineux, gentiment rétro, on dirait du papier cristal.http://carnot69.free.fr/images/coeur.gif
Les contes sont inventifs et délurés (la chevauchée du loup-garou, la fée-caresses, ...), faussement naïfs. Le message vivifiant est toujours celui de la tolérance entre les hommes (on est bercé par les accents chantants antillais, africains, ...), du refus de l'arbitraire ou du pouvoir, et de l'amour tout simplement.
Le box-office dira si les tout-petits sauront apprécier, mais ce qui est sûr c'est que Michel Ocelot cache bien son jeu à l'égard des grands : “[l'animation], c’est un déguisement qui me permet d’approcher les adultes sans éveiller leur méfiance, et de les toucher”.

PS : malgré la séance tardive et un ou deux (trois ?) petits verre de blanc, Véro ne s'est pas endormie - elle était coincée entre MAM et BMR qui la pinçaient et la secouaient entre chaque conte, Véro ? tu dors ?


Pour celles et ceux qui aiment les contes et légendes.
À lire : une interview de Michel Ocelot.

lundi 25 juillet 2011

Cinoche : Chico & Rita

Besame mucho.

En matière de dessin animé, il y a le standard américain, façon Dysney revisitée Pixar. Et le standard nippon, façon manga revisitée Miyasaki.
Entre les deux, les européens tracent leur bonhomme de chemin original, faisant du dessin, du vrai dessin, animé certes mais toujours très proche des albums papier.
Après les graphismes sophistiqués de Renaissance, on a eu droit plus récemment aux aquarelles de l'Illusioniste ou à la ligne claire façon Hergé du Chat du rabbin et demain, Michel Ocelot nous conte ceux de la Nuit après son mémorable Kirikou. Ça foisonne ...
Et voici donc, venu de Catalogne, Chico et Rita, un dessin "très BD" et une musique "très Cuba" !
Que Lorraine nous pardonne cet emprunt à son blog, mais elle a tout à fait raison de relever qu'ici la 3° dimension de la 3D, c'est la musique, délibérément. Un superbe dessin en 2D et une superbe BO en relief.
Il faut un peu de temps pour entrer dans cette histoire d'amour et de musique, un peu de temps pour se laisser bercer par le rythme, pour se laisser porter par cette romance très comédie américaine des sixties, je t'aime moi non plus ou les amours contrariées de Chico au piano et de Rita la belle au micro. De Cuba à New-York, une visite des grands de la musique : Dizzie Gillepsie, Charlie Parker, Chano Pozo, Nat King Cole, ... on croise (et on écoute !) du beau monde.
Si l'on aime, ne serait-ce qu'un tout petit peu, le jazz cubain, c'est un pur régal !
Outre quelques standards, la BO est signée (à plus de 90 ans !) par Bebo Valdès.
Et les dessins, très BD on l'a dit, sont superbes.
Mais MAM a trouvé que cela manquait de sensualité : il est vrai que l'histoire reste très sage, que ce soit côté love story (même si quelques scènes dénudées attirent le gogo) ou que ce soit côté visite guidée du monde jazzy, même si l'on relève ça ou là quelques petites piques qui fustigent le côté raciste des américains amateurs de jazz qui voulaient bien des noirs sur scène mais pas dans les chambres d'hôtel. Sur les deux volets, le scénario parait effectivement un peu trop sage et l'ancrage socio-historique aurait gagné à être plus marqué, plus incisif.

Pour celles et ceux qui aiment la musique latino.

samedi 23 juillet 2011

Bouquin : Rosa candida

Parfum de rose islandaise.

À ne pas confondre avec Vera Candida. Rien à voir.

Rosa candida raconte une histoire islandaise ... qui se passe en Europe sur le continent, on ne sait pas trop où(1).
Arnljotur est un jeune homme d'Islande presque ordinaire(2) amoureux des roses comme l'était sa maman, un peu trop tôt disparue. Il se décide à quitter son caillou pour aller repiquer des Rosa Candida, variété rarissime, dans le jardin réputé d'un lointain monastère.
En fait, ce résumé est idiot et cette trame ne sert que de prétexte à quelques rencontres de savoureux personnages.
Le père du jeune homme, une amoureuse un peu vite embrassée dans une serre (of course) juste le temps de faire un bébé, un moine cinéphile, et plusieurs autres croisés en chemin.
C'est une espèce de voyage initiatique, un peu road-movie, une rêverie sans queue ni tête mais un bouquin très maîtrisé.
Quelques péripéties comme une opération de l'appendicite :

[...] Depuis que j'ai été opéré, je pense nettement plus qu'avant à mon corps, tant au mien qu'à celui des autres. Par celui des autres, j'entends principalement le corps des femmes, mais je remarque aussi celui des hommes. Je me demande si l'anesthésie d'il y a quatre jours peut avoir pour effet secondaire d'accroître la conscience corporelle.

Car le jeune homme est effectivement très attiré par les personnages féminins croisés au cours de son périple :

[...] Les femmes ont une très longue mémoire et sont sensibles à l'effet des choses singulières qui se sont produites dans leur famille au cours des deux cents dernières années ; après quoi elles vont essayer de me relier à leurs racines historiques.

http://carnot69.free.fr/images/audur.jpgPas vraiment facile à raconter. Un roman en forme de berceuse, très "zen", où il faut accepter de se laisser porter, tout comme le héros, sans jamais trop savoir où cela va nous/le mener. Ici et maintenant : carpe diem, telle pourrait être la devise de (accrochez-vous) : Audur Ava Olafsdottir.
Un certain regard sur les femmes (Audur machin-dottir est une dame, on a vérifié sur le ouèbe, d'ailleurs elle s'appelle -dottir, donc).
Bien sûr l'allusion au Candide de Voltaire avec son "il faut cultiver son jardin" ne vous aura pas échappé (sinon, vous êtes bon pour repasser votre bac de philo).
Après l'Odeur du gingembre, voici un deuxième excellent roman pour l'été : MAM a beaucoup aimé cette odeur de roses islandaises, BMR a préféré le parfum exotique des racines asiatiques.

(1) : quelques indices épars, laissés ici ou là, qu'on n'a pas pris le temps de déchiffrer, pourraient bien donner lieu à toute une glose sur le sujet !
(2) : si tant est qu'un islandais puisse être ordinaire


Pour celles et ceux qui aiment les fleurs.
C'est Zulma qui édite ces 333 pages qui ont fleuri en 2007 en VO et qui sont traduites de l'islandais par Catherine Eyjolfsson.
Ce bouquin a fait le tour de la blogosphère et donc y'a plein d'autres avis chez Babelio ou Critiques Libres.

mercredi 13 juillet 2011

Bouquin : L’homme inquiet

Rattrapé par le passé.

Les derniers polars d'Henning Mankell nous avait laissé un petit goût de déception lorsque l'auteur se perdait dans des méandres politico-policiers.
Alors nous voici ravis avec cet Homme inquiet, ravis de renouer avec la meilleure veine du suédois, même s'il s'agit de la dernière enquête du commissaire Wallander.
Et oui Kurt rend les armes.
Mankell nous avait habitués à porter un regard incisif sur la Suède.
Déjà avec Le retour du professeur de danse, on avait vu la supposée ‘neutralité’ suédoise se montrer beaucoup trop bienveillante à l'égard du nazisme. Mankell poursuit sa leçon d'histoire et met en scène les années 80 où, après la guerre froide, la ‘neutralité’ suédoise incline cette fois du côté de l'Otan.
C'était l'époque du Premier ministre Olof Palme (assassiné en 1986), du groupe suédois d'armement Bofors et bien sûr des mystérieux sous-marins soviétiques venus rôder dans les eaux suédoises.
En réalité, il y a beaucoup d'hommes inquiets dans ce roman.
À commencer par Kurt Wallander lui-même. Le bonhomme a passé la soixantaine(1). Un cap difficile.
Le temps a gagné la partie : Wallander vieillit, le diabète gagne du terrain et le commissaire est victime d'absences répétées. L'homme est rattrapé par son passé : toutes ‘ses femmes’ se sont comme donné rendez-vous dans cet épisode. Son ex (Mona, devenue alcoolique), sa fille Linda et maintenant sa petite-fille et même son aventure lettone, Baïba, qui est de passage.  Tout cela a un petit parfum des Chaussures italiennes(2).

[...] Ce fut une période où il tourna dans sa maison comme un ours en cage, sans plus trouver la force de résister à l'évidence qu'il avait soixante ans et qu'il était en marche, qu'il le veuille ou non, vers sa vieillesse. Il pouvait vivre encore dix ans ou même vingt, mais tout ce que lui apporteraient ces années, ce serait de vieillir, précisément.

L'autre homme inquiet, celui du titre, celui de l'histoire, est un marin. Un officier qui était aux premières loges dans les années 80 lorsque les sous-marins soviétiques rôdaient près des bases navales suédoises. Lui aussi est rattrapé par son passé en même temps que la Suède est rattrapée par son histoire.
L'homme disparaît subitement sans explication. A-t-il été assassiné ? Était-il menacé ? Cherche-t-il à fuir ?
Qu'avait-il à cacher ? Des histoires d'espionnage ? Ou bien des secrets de famille ?

[...] - L'histoire des sous-marins remonte à vingt-cinq ans. Qu'est-ce qui pourrait être encore dangereux après tant d'années ? Bon sang, l'Union Soviétique n'existe même plus. Le mur de Berlin est tombé. La RDA c'est fini. Toute cette époque-là est révolue. Quelles seraient ces ombres qui resurgiraient à l'improviste ?
[...] - Palme était Premier ministre à l'époque où les sous-marins faisaient du cabotage dans nos eaux territoriales, dit-il.
[...] Tout cela remonte à plus de vingt ans de toute manière. Quoi qui ait pu être dit ou fait, c'est prescrit, et sans intérêt.
- Pas complètement. L'Histoire n'est pas figée. Elle nous suit.

Cet excellent roman est empreint d'une certaine tristesse désabusée qui mêle habilement le passé et le présent, l'histoire personnelle de Wallander et celle de l'officier de marine.
La dernière enquête Wallander s'avère être une réussite (sur le plan littéraire s'entend, pour le reste, on vous laisse dénouer les fils de l'intrigue politico-policière !).
Les amateurs de polars ne manqueront pas cet excellent épisode.
Les autres ne manqueront pas le détour par les Chaussures italiennes, excellent roman.

(1) : Henning Mankell est né en 1948
(2) : le meilleur roman de Mankell, même si ce n'est pas un polar


Pour celles et ceux qui aiment la saga Wallander.
Seuil édite ces 552 pages qui datent de 2010 en VO et qui sont traduites du suédois par Anna Gibson.
D'autres avis sur Babelio et Critiques Libres. Cathulu en parle.

lundi 11 juillet 2011

Bouquin : Une odeur de gingembre

Parfum de voyage suranné.

Remercions Martine de nous avoir conseillé ce petit bouquin merveilleux : Une odeur de gingembre, écrit par l'anglais Oswald Wynd qu'on pourrait croire du début du siècle alors que le bouquin date de 1977.
Un parfum délicieusement vieillot, un brin rétro, une odeur de bonbon anglais, un peu dans la même veine que les Prodigieuses créatures de l'américaine Tracy Chevalier.
Avec la même sensibilité, la même finesse d'esprit.
Et aussi des propos très voisins sur la libération féminine, ce doit être l'époque(1).
À tout juste vingt ans, Mary MacKenzie quitte son Ecosse natale pour aller rejoindre le mari qui lui a été promis, attaché militaire au consulat de Pékin.
Après avoir découvert la Chine et Pékin, la jeune femme découvrira le Japon et Tokyo (l'auteur est né au Japon). Il s'agit donc bien entendu d'un récit de voyage (sous forme de 'journal' et de lettres).
Mais c'est aussi le récit d'une émancipation.
Dès le deuxième jour de bateau sur le S.S. Mooldera, c'est à dire dès la deuxième page du bouquin, Mary commence par ne plus mettre son corset (il fait trop chaud en mer Rouge).

[...] Il parait que les gens changent à l'est de Suez et c'est peut-être ce qui est en train de m'arriver. [...] C'est presque effrayant d'être sur un bateau et de se sentir changer. Cela n'arrive pas à tout le monde. La plupart des passagers sont trop vieux.

Il s'ensuivra la lente mais inéluctable libération d'une jeune femme qui découvre et le monde, et la vie, et qui ne peut rester confinée dans l'étouffante oppression anglicane. Et donc quelques deux cent pages plus loin :

[...] Cela fait presque exactement deux ans que j'ai emprunté la passerelle du S.S. Mooldera à Tilbury. Cette jeune fille que j'étais aurait été horrifiée à l'idée de partager une cabine avec la femme que je suis devenue.

Alors bien sûr quand, après déjà quelques aventures, Mary rencontre une sorte de suffragette tokyoïte emprisonnée pour avoir oser lever les yeux sur l'Empereur Meiji, c'est un vrai régal :

[...] « Deux femmes de mauvaise réputation comme nous devraient être amies, qu'en pensez-vous ? »
Je pense que oui. Nous allons ensemble au théâtre Kabuki la semaine prochaine.

On manque de place ici pour citer ne serait-ce que quelques unes des multiples perles que recèle ce bouquin.
L'écriture d'Oswald Wynd est un pur régal : on apprécie son sens de la formule, de l'ellipse explicative (oui c'est paradoxal mais c'est ainsi), son humour et son art d'enfiler les perles fines.
Passant habilement d'un savoureux exotisme :

[...] J'ai comme l'impression que les Japonais sont assez désinvoltes pour ce qui touche à la religion, et ne croient pas à grand-chose à part aux fantômes.
C'est un grand pays pour les fantômes, tout y est hanté, y compris les arbres !

à des vérités assénées avec une rare férocité :

[...] Je n'ai rien reçu quant à un éventuel divorce, mais je suppose qu'avec la loi anglaise, il pourrait être prononcé sans que cela me soit notifié.

Curieusement, cette Odeur de gingembre est le seul 'vrai' roman d'Oswald Wynd qui a écrit également des polars.

(1) : soyons honnêtes : il y a quand même cent ans d'écart entre les deux bouquins, les Créatures prennent vie vers 1810 du temps des guerres napoléoniennes alors que Mary MacKenzie voyage en orient vers 1910 durant la guerre russo-japonaise.


Pour celles et ceux qui aiment les Femmes et l'Orient.
C'est Folio qui édite ces 474 pages parues en 1977 en VO et qui sont traduites de l'anglais par Sylvie Servan-Schreiber.

jeudi 7 juillet 2011

Cinoche : Transformers (3)

Dark side of the moon.

Ben oui, il est allé le voir (MAM avait du repassage et donc une bonne excuse).
Appâté par la très réussie bande-annonce du n° 3(1), le BMR a chaussé ses lunettes 3D(2) et a replongé non pas dans son enfance (les Transformers n'existaient pas t'encore) mais dans l'enfance de ses enfants (ça va, on suit ?).
Mais un peu dans son enfance à lui quand même (aïe, là ça se corse) puisque l'histoire commence en 1969, lorsque Armstrong et Aldrin(3) posent un pied sur la Lune, avec quelques images d'archives gentiment entremêlées au film.
On peut dès lors imaginer un black-out de quelques minutes au cours duquel Houston perd (du moins officiellement) le contact avec les cosmonautes, le temps que ceux-ci aillent sur la face cachée de notre lune, récupérer ... les Transformers. Rien que pour cette histoire, le film vaut le détour des grands enfants que nous voulons rester : les Transformers avaient été repérés dix ans avant et c'était pour eux que Russes et Américains se seraient fait la course à l'échalote pour aller là-haut. Savoureux !
Mais voilà, y'avait aussi des méchants chez les Transformers. Nous revoici donc à notre époque : déluge d'effets spéciaux plutôt réussis, habiles mélanges de ces transformers et des humains, etc.
Le film se tient bien tout du long.
Pas mal d'humour au second degré comme le rôle de Frances McDormand en cheftaine des services secrets et surtout, surtout, cette blonde bombe aux lèvres pulpées : Rosie Huntington-Whiteley, directement sortie de chez Victoria's Secrets et du calendrier Pirelli(4), plus blonde et plus bombe tu meurs ! Plié de rire.
Divertissement amusant, effets spatiaux plein la vue.
Et puis la nostalgie des années "Lune", aaaaah !

(1) : pas vu les deux premiers, ce qui explique peut-être qu'on fut bon public pour ce n° 3
(2) : la 3D c'est vraiment super pour ... détourer les sous-titres de la VO
(3) : ah, délicieux, Aldrin joue son propre rôle dans le film
(4) : Pirelli, Transformers, fallait pas un boudin ...


Pour celles et ceux qui aiment la tête dans les étoiles.

jeudi 30 juin 2011

Bouquin : Crimes de Seine

Après Danièle Thiéry, le déluge.

Avec son dernier polar, on découvre cette auteure, Danielle Thiéry, ancienne commissaire qui n'en est pas à son premier épisode.
Il faut bien commencer.
Il faut dire que ce Crimes de Seine est campé dans un décor plutôt alléchant : en 2013, la Seine déborde mais pour de bon cette fois et voici Paris inondé par une crue centennale(1).
La dernière date de 1910. La prochaine est pour bientôt.
Les Mayas l'annonçaient pour 2012 avec tout plein d'autres catas, Danielle Thiery parierait plutôt sur 2013.
Pour les lecteurs de son bouquin, c'est pour cet été, malgré la sècheresse !
Un roman bien documenté, et on “plonge” avec intérêt dans la description apocalyptique d'un Paris complètement désorganisé. Cellule de crise, évacuations en tous genres(2), PC préfectoral, tout y est minutieusement décrit. Façon film catastrophe à l'américaine. L'ambiance est garantie et on se surprend de temps à autre à jeter un regard par la fenêtre : mais non, dehors c'est l'été, il ne pleut pas !
On se félicite au passage d'habiter sur les hauteurs du XIV°, ce qui semblerait nous laisser un peu de répit, à moins que les immeubles bâtis sur les carrières ne s'effondrent ...
Côté polar, dame Thiery tient son rang et nous a concocté une petite enquête captivante. Abracadabrante mais passionnante. Le commissaire Marion (pardon : La commissaire Marion), son héroïne habituelle(3), est abattue d'une balle en pleine tête. Coma. Hôpital (La Salpêtrière justement). Et puis voilà que le brancard disparaît avec Marion dessus. C'est louche, non ?
Et puis voilà que des momies refont surface, délogées par les eaux. Des momies vieilles de quelques milliers d'années, façon Ramsès.  Et puis des momies beaucoup plus jeunes aux ongles de pieds vernis, embaumées il y a quatre ou cinq ans, façon tueur fétichiste en série. Aïe, aïe, aïe ...
Tout cela a un petit air gothique, très parisien, un léger parfum de Fred Vargas (mais sans Adamsberg, hélas).
Les adjoints de Marion mènent leur enquête, surnagent dans les eaux qui montent, qui montent, et naviguent entre les remous habituels de la guerre des polices.
La crue restera dans les annales, forcément elle est encore plus haute que celle de 1910.
L'écriture (sans fioritures) et l'enquête (captivante mais sans grande originalité) s'oublieront peut-être.
Tout cela est comme formaté pour faire une série télé, mais c'est courant aujourd'hui.
Outre la crue, l'autre originalité du roman est d'être écrit au féminin : c'est la commissaire Marion qui disparaît, c'est une préfète qui tente de sauver Paris des eaux, c'est une autre commissaire qui est aux commandes de la Crim', c'est les femmes et pas les hommes que l'adjointe de Marion préfère, etc. Il y a donc beaucoup d'eau et beaucoup de femmes dans ce bouquin !
Avec une fin policière ... entre deux eaux ..., voici un petit polar bien sympa pour cet été, désaltérant.
(1) : Wiki nous rappelle qu'il ne faut pas confondre crue centennale et crue du siècle, mais pour le roman on s'en fout
(2) : des tableaux du musée d'Orsay aux malades de la Salpêtrière, ...
(3) : bon c'est malin ça de zigouiller son héros, va falloir qu'on lise les épisodes précédents si on veut faire sa connaissance alors ?

Pour celles et ceux qui aiment Paris, même sous l'eau.
Payot Rivages édite ces 380 pages qui datent de 2011.
Lo en parle, Jean-Marc aussi, d'autres avis sur Babelio.

mardi 21 juin 2011

Miousik : Fête de la -

Vive le 21 juin.

Histoire de fêter la musique, voici une petite compile de rien que des nouveautés sorties dans les bacs depuis ce début 2011.
Pas forcément de quoi se concocter un album pour chacun de ces artistes pris un par un (on en aurait déjà parlé ici) mais finalement tout plein de petites musiques sympas sorties cette année.
Et puis, vos oreilles y piocheront peut-être quelques belles découvertes ...
Il y en a qu'on connaissait déjà mais qui nous reviennent avec du neuf : Keren Ann, Moriarty, Julia Stone, Norah Jones, ...
Il y en a d'autres qu'on aura eu le plaisir de découvrir cette année : Ladylike Lily (Orianne Marsilli), Selah Sue, Armistice, Brigitte, McMorrow, McCombs, Mariza, Charles Pasi, Raphaële Lannadère (ou L), Mélanie Laurent, Hugh Laurie(1), Lola Lafon, Elsa Kopf, ...
Alors : fêtes vous de la musique ...
Et comme aujourd'hui il faut que ça swingue, alors un petit coup de cœur pour Joan Wasser, alias Joan as police woman et sa basse ronflante : The Magic, c'est elle qui ouvre notre playliste.
Pour être tout à fait honnêtes, signalons aussi quelques déceptions cette année : les nouveaux albums de The Do et même d'Alela Diane (et oui, même elle ...) sont très très décevants, mais que cela ne vous empêche pas d'apprécier les autres bonnes surprises de cette première moitié de 2011.

(1) oui, on reste dans la rubrique "du DVD au CD" avec le Dr. House préféré de MAM


Pour celles et ceux qui aiment la musique.

lundi 20 juin 2011

Cinoche : L’affaire Rachel SInger

Rattrapés par le passé.

Côté scénario :

L'histoire (même s'il s'agit d'une pure fiction) est passionnante : dans les années 60, en pleine guerre froide, un commando du Mossad est chargé d'exfiltrer (comme on dit) depuis Berlin Est, un ancien tortionnaire nazi : le chirurgien de Birkenau. L'affaire cafouille et ils sont obligés d'abattre l'affreux.
Trente plus tard, les trois membres du commando se retrouvent à Tel Aviv.
Depuis, la femme est marié à l'un d'eux.
Lui, est devenu une huile des services israéliens.
Elle (Helen Mirren), a propulsé leur fille sur le devant la scène qui a écrit un bouquin sur leur aventure.
Le troisième ... allez, on vous laisse découvrir les premières images chocs du film.
Ces trois-là partagent un lourd mensonge. Un trop lourd secret.
Que cache L'affaire Rachel Singer(1) ?
Que s'est-il réellement passé le 31 décembre 1965 à Berlin-Est ?
Que raconte donc le bouquin de la fille, écrit à la gloire de ce commando ?
D'où vient cette cicatrice qui défigure Helen Mirren ? Pourquoi s'est-elle mise à boire ?
Que fait son mari sur une chaise roulante ? Pourquoi leur couple s'est-il déchiré ? Et le troisième larron, pourquoi ...
En 1965, ils étaient jeunes, fraîchement embrigadés. Une femme, deux hommes, coincés dans la promiscuité d'un appartement délabré de Berlin-Est. Le trio commando se fera triangle amoureux. Avec un prisonnier encombrant, cela deviendra bientôt insupportable.
L'histoire est passionnante, passionnément racontée, les aller-retours entre passé trop lourd et présent insupportable sont parfaits.

Côté mise en scène :

Malheureusement le film se complait un peu trop dans la facilité de certains effets chocs (des premières images, on l'a dit, en passant par le doc gynéco jusqu'au final dans un hôpital ukrainien digne de Stephen King). La violence ou la tension auraient gagné à être suggérées un peu plus subtilement. On finit par fermer les yeux un peu trop souvent.
Très critiqués également, les quelques dialogues entre l'ancien nazi et ses geôliers juifs : pas vraiment utiles, ces propos éveillent maladroitement un sujet trop sensible.
Restent Helen Mirren, impeccable, qui campe Rachel Singer en 1990 à Tel Aviv et Jessica Chastain qui tient le rôle, jeune, en 1960 à Berlin. Elles font l'affiche ... et le film.

(1) : remake d'un film israëlien de 2007 dont le titre était The debt, La dette


Pour celles et ceux qui aiment les espions, fussent-ils du Mossad.
Critikat en parle.

samedi 18 juin 2011

Cinoche : Minuit à Paris

I love Paris.

Véro et MAM ont traîné BMR jusqu'à Minuit à Paris.
Woody Allen et Carla Bruni : c'est dire les efforts que firent les deux commères pour attirer le compère ... qui, ma foi, s'il est entré à reculons, n'a pas regretté l'escapade.
Un petit film (le grand Woody a pris sa retraite il y a longtemps), un petit film gentillet pour les amoureux de Paris. I love Parisss nous dit Woody.
Et il nous envoie tout plein de cartes postales. So cliché.
I love Parisss, comme avant lui, le dirent, Picasso, Cole Porter, Matisse, Hemingway, Dali ou même les Fitzgerald.
Toute une galerie d'anciennes stars que rencontre le héros au hasard de ses pérégrinations nocturnes : chaque soir, aux douze coups de minuit, une superbe Peugeot des années 20 passe le prendre pour l'emmener dans le Paris de l'Âge d'Or.
Le jour venu, notre homme-cendrillon retrouve sa promise (il va se marier) et sa belle-famille, caricatures de riches américains en vacances, tout comme le Paris de Woody est une caricature des milieux artistes parisiens.
Le héros noctambule arpente les pavés de Paris et finira par découvrir ... une parisienne.
Il faut se laisser gentiment prendre à ce jeu de Disneyland. Sans autre raison que de nous faire partager ce que l'on sait déjà : Paris est la plus belle ville du monde, fréquentée par les plus grands esprits de ce monde.
Belles images, belle musique, jolies évocations du passé glorieux, littéraire ou artistique.
Et puis, Marion Cotillard en robe des années 20 ... hmmmmm.
Un petit film sans prétentions mais une balade sympathique.


Pour celles et ceux qui aiment Paris et les parisiennes.
Critikat en parle, toujours féroce, Lo a bien aimé.

mardi 14 juin 2011

Cinoche : Une séparation

Téhéran (bis).

Il y a un peu moins de deux ans, le public français découvrait le cinéaste iranien Asghar Farhadi avec À propos d'Elly. Aujourd'hui tout le monde se précipite(1) vers Une séparation. Avec raison.
Cette séparation raconte plusieurs histoires, qu'on peut lire, comme toujours chez Farahdi, à plusieurs niveaux. L'une des histoires est une histoire de famille : la séparation d'un couple avec une jeune adolescente au milieu.
Asghar Farhadi est un cinéaste de tout premier ordre, un grand pro de la direction d'acteurs (il est originaire du monde du théâtre).
Il ne lui faut que quelques plans pour qu'on se sente entièrement à leurs côtés, complètement immergé dans cette famille, adoptant le point de vue de l'un puis de l'autre.
Pour Elly, notre billet disait : il faut moins de deux minutes à Asghar Farhadi pour que l'on fasse partie de la bande.
L'un des grands mérites des films de Farhadi est de nous faire découvrir un peuple iranien(2) très très loin des clichés véhiculés par les médias et les journalistes. Des gens comme nous(3). Bon, disons comme nous il y a quelques années.
Notre billet sur Elly disait : on oublie complètement que l'on est en Iran, tant ce groupe d'amis à l'ambiance bon enfant pourrait être au bord du Pacifique en Californie ou ailleurs encore.
Avec cette séparation, on pourrait se croire au cœur du cinéma social italien des années 70/80.
Un couple se sépare donc, elle (superbe Leila Hatami !) veut quitter le pays et partir à l'étranger.
Lui ne veut pas. Leur fille (très juste Sarina Farhadi), toute jeune adolescente, se retrouve écartelée au milieu, tout à la fois enjeu, trait d'union, témoin ou ancrage. C'est aussi à travers son regard que l'on voit souvent ce qui se passe.
Le père s'occupe du grand-père, atteint d'Alzheimer et à demi grabataire. Il engage une jeune femme pour s'occuper de lui. Elle vient des quartiers pauvres au sud de Téhéran et fait plusieurs heures de trajet chaque jour pour venir travailler chez ces gens plus aisés (classe moyenne comme on dit : elle est prof d'anglais, il travaille dans une banque).
La jeune femme est très pieuse. Elle leur cache qu'elle est enceinte et qu'elle travaille en cachette de son époux pour essayer de sortir son mari de la panade. Une dispute, un accident, la jeune femme tombe dans l'escalier et perd son enfant. Le drame est noué. Le couple démuni porte plainte et tente d'obtenir réparation.
Personne ne sortira indemne de cette tourmente. Le rouleau compresseur de la vie est en marche, suivi de près par celui de la 'justice'.
Bien sûr on peut lire le film de Farhadi comme l'opposition de deux couples situés sur deux barreaux bien éloignés de l'échelle sociale : il est beau parleur, ils ont des amis, professeurs, médecins, la belle-famille peut payer la caution, ...
Le couple démuni n'a que le Coran pour toute aide ou protection.
C'est aussi le devenir des enfants iraniens : l'adolescente du couple aisé bien sûr mais aussi la petite fille de l'aide-ménagère qui l'accompagnait dans les transports jusqu'au travail. Leurs regards se croisent tout au long du film, parfois proches mais souvent aussi éloignées que leurs parents. L'avenir de la jeune Sarina Farhadi est au cœur du film, du début à la (très belle) fin.
C'est aussi un film sur les mensonges, professés en toute bonne foi, imaginés pour arranger les choses, ils emportent les acteurs chaque fois un peu plus bas sur la mauvaise pente. On ne peut guère vous en dire plus sur ce plan sous peine de trop en dévoiler, mais chaque mari(s), épouse(s), cache, tait, ment, ... croyant bien faire. Même les enfants finiront par perdre leur innocence.
La séparation des couples, des générations, des milieux sociaux, ... Les portes, mêmes vitrées, occupent une place importante dans ce film.
Le credo d'Asghar Farhadi est de laisser le spectateur faire son propre film à partir des images qu'il nous livre. Le pari est de nouveau réussi et malgré la multiplicité de ces histoires ou niveaux de lecture, le film, très maîtrisé, est d'une belle unité.
Un film stressant : une forte tension imprègne l'histoire, les dialogues sont à cran, la caméra nous emporte au plus près.
Et des acteurs qui sont, tous, vraiment tous, excellents.
Fin 2009, il ne fallait pas manquer Elly. Cette année ne manquez pas cette Séparation. Du très beau cinéma.

(1) : salle comble et c'est tant mieux !
(2) : tout au moins, celui de Téhéran, 13 millions d'habitants ...
(3) : bien entendu, ne faisons pas l'amalgame entre les iraniens et leurs dirigeants, pas plus qu'entre les américains d'il y a peu et Bush ou qu'entre les français et Sarko.


Pour celles et ceux qui aiment le vrai cinéma.
Critikat en parle.

dimanche 12 juin 2011

Cinoche : Beginners

Et paf le chien.

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Aaarrgh, décidément 2011 risque d'être une année fatale pour la communion qui rassemble habituellement MAM et BMR sur ce blog ...
Après Somewhere en janvier, voici Beginners en juin ...
Deux réactions opposées, deux avis contradictoires ... pour deux films qui se ressemblent beaucoup.
Comme pour le film de Sofia Coppola, MAM s'est franchement ennuyée et BMR a plutôt bien aimé celui de Mike Mills. Véro n'était pas là, et ne s'est donc pas endormie sur son fauteuil.



Beginners ne ressemble en rien, ni à son affiche ni à sa bande-annonce : rien d'une comédie gaie sur le milieu gay de la Côte Ouest.
Le film est, bien au contraire, d'une profonde tristesse et décline le mot sad sur tous les tons.
Ewan McGregor (Oliver) vient de perdre son papa. Qu'il avait déjà ‘perdu’ quelques années avant, quand celui-ci avait fait son coming out après que maman ait, elle-même, abandonné les siens. Bref, Oliver est paumé, triste (ça va, vous suivez le fil ?) et se raccroche au chien de papa qui est toujours là (le chien).
Si le film s'en tenait là, MAM aurait raison.
Mais voilà que les copains d'Oliver réussissent à le sortir un soir à une ‘party’ ... et une étoile filante, un ange, que sais-je, enfin Mélanie Laurent (Anna) traverse la vie d'Oliver.
Anna est triste, elle aussi. Si on ne le voit pas, son papa est toujours là, un peu trop même. Visiblement ces deux-là ont des problèmes avec leurs papas. Alors ils traînent ensemble leur tristesse. Et le chien.
Tout comme dans le Château Marmont de Sofia Coppola, Anna et Oliver traînent leur spleen et leurs cartons dans des lieux qu'ils n'arrivent pas à habiter : la maison du vieux, l'appart d'Anna, celui d'Olivier, encore des halls et des chambres d'hôtel, nulle part où se poser, même pas somewhere.
Une génération (Mike Mills est né en 66, Sofia Coppola et Ewan McGregor en 71, Oliver a 38 ans dans le film, ...) qui a tout eu : les parents se sont battus (les guerres, les droits comme ceux des gays avec Harvey Milk, ...) mais les enfants ont tout eu, argent, éducation, ... et du coup se retrouvent désemparés, pas encore construits, débutants ...
Somewhere était une belle histoire entre Stephen Dorff et sa fille Cléo (rappelez vous : Ellene Fanning) et pour ces Beginners il est à peine plus question de sexe entre Oliver et Anna qui s'endorment et se réveillent ensemble ou pas, selon leurs humeurs, pardon leur humeur, c'est à dire la tristesse (vous suivez toujours le fil ?).
Bien sûr, le désarroi des riches de la Côte Ouest peut être franchement exaspérant (c'est le point de vue un peu primaire de MAM). Sauf si l'on accepte de se laisser porter par le spleen beaudelairien (le jour du bac de philo c'était pourtant facile) et de se retenir de botter le cul à ce c... d'Ewan MacGregor qui a LA chance inouïïïe de voir Mélanie Laurent frapper à SA porte ... et qui s'occupe du chien !
Les clins d'œil au film de Sofia Coppola sont nombreux, à commencer par la ressemblance entre les deux acteurs et à finir par une scène de patinage non pas sur glace mais sur roulettes.
Alors bien sûr on pourra se dire que c'est MAM qui a raison et que ce film est encore plus chiant que le Somewhere de la Sofia. On pourra se dire que BMR est bêtement ébloui par Mélanie Laurent (oui, ça on peut se le dire).
On pourra même se dire que BMR cherche à rester jeune et romantique en croyant participer ainsi aux états d'âme d'une génération qui n'est plus la sienne. MAM n'y pense même plus : il y a quand même une bonne dizaine d'écart entre eux deux(1).
Nul doute que ce film va encore ennuyer certains et diviser beaucoup !
À la réflexion, le lendemain, la seule et vraie question posée par ce film est la suivante : Sofia et Mike ont-ils couché ? 

(1) : aïe, le couteau de cuisine de MAM planté sur ma nuque m'incite à obtempérer et à écrire sous la dictée et la contrainte (mon écriture stressée est aisément reconnaissable) : reqtificassion, la dizaine d'ékar n'ait kune dizaine de mois et non pa d'anées.
Ouais, ben ça compte quand même non ?


Pour celles et ceux qui aiment la tristesse.
Critikat en parle.

samedi 11 juin 2011

Cinoche : Le chat du rabbin

Œcuménisme animé.

BMR & MAM, deux baobab-coolVoici donc, longtemps attendue, la traduction animée de la BD de Joann Sfar (qu'on n'avait pas lue, on avoue).
Entre temps la 3D est passée par là : toujours aussi peu indispensable.
Un dessin animé pour adultes, un plaidoyer pour la tolérance entre les religions et l'amitié entre les peuples.
Le dessin est plutôt bien vu, riche et beau.
Le texte est très verbeux, heureusement truffé de réparties amusantes et irrévérencieuses (merci le chat !) et toutes les religions (catholique, juive, islamique, ...) en prennent pour leur grade !
On reste quand même un peu sur notre faim et on aurait bien aimé un peu plus de politiquement incorrect comme le petit épisode où l'équipée croise Tintin, parodie féroce du racisme néo-colonial d'Hergé et de son époque.
On a bien aimé également le clin d'œil à la croisière noire de Citroën qui date du même temps béni des colonies : après avoir lu tout récemment l'épopée de la Croisière Jaune, c'était savoureux.
Un dessin animé à regarder et à écouter.


Pour celles et ceux qui aiment l'Afrique.
Lorraine, Critikat et Pascale en parlent.