mardi 30 mars 2010

Bouquin : Les chaussures italiennes

Entre deux solstices d’hiver.

On connait bien le suédois Henning Mankell par ses polars et son inspecteur Wallander qui tient même désormais série sur Arte.
On avait également suivi cet auteur prolixe et éclectique (il écrit du théâtre, il écrit sur l'Afrique, ...) avec un roman social sur l'immigration en Suède : c'était Tea-Bag(1).
Le voici de nouveau avec autre chose qu'un policier : Les chaussures italiennes, assurément son meilleur roman jusqu'ici (merci Véro !) et, tout aussi sûrement, un des meilleurs bouquins, tous rayons confondus, qu'on ait lu ces derniers mois, avis unanime et partagé de BMR et de MAM.
On aimerait en voir adapté un film, non pas à cause du scénario mais parce que les images y sont évoquées avec une force peu commune(2) et qu'il ne faut que quelques lignes à Mankell pour nous plonger au cœur de l'hiver suédois aux côtés de son Fredrik Welin.
Un type qui s'achemine lentement mais sûrement sur ses 70 ans, qui vit reclus sur une des îles de l'archipel suédois avec une fourmilière qui envahit peu à peu son salon, un type qui snife un pot de goudron dans son hangar à bateau quand ça va vraiment mal, un type qui tient un journal de bord résolument insignifiant où il ne parle que du temps et de la force du vent, et qui tous les matins creuse un trou dans la glace pour s'immerger dans l'eau glacée, comme pour se convaincre qu'il est encore vivant et qu'il fait plus froid dehors qu'en sa tête ou son cœur.
Il survit ainsi, taraudé par son passé : un amour de jeunesse qu'il a fuit lâchement sans explication et une erreur professionnelle qu'il a commise quand il était chirurgien.
Un beau jour d'hiver, boitillant sur la glace qui mène à son île, rongée par un cancer(3), surgit Harriet son ex-amie ...
Dès les premières pages on sent qu'on tient là un superbe roman à l'écriture sobre, qui fait mouche à tous les coups, qui touche à toutes les pages. Ça sent l'humanité, la vraie vie.
Si style, époque, pays et météo sont bien différents, on y a retrouvé un peu de la force d'évocation de John Fante, l'humour en moins, et ce sens de la chute au coin d'un paragraphe, pour aller droit au cœur, à l'essentiel.
[...] Le vent a soufflé par intermittence pendant toute la nuit.
J'ai mal dormi. Couché dans mon lit, je l'écoutais se déchaîner contre les murs. Le courant d'air de la fenêtre côté nord était plus important que l'autre, côté est, je pouvais donc en déterminer sa direction : vent de nord-ouest, avec rafales. J'en prendrais note dans mon journal de bord le lendemain. Mais la visite d'Harriet, je ne savais pas si je la mentionnerais.
Comme un coup de pied dans la fourmilière, l'arrivée d'Harriet va bousculer la vie jusqu'ici anesthésiée du chirurgien : les histoires et les femmes du passé vont envahir l'île de cet ermite du cœur.
Quant aux chaussures italiennes, seule petite note de couleur et d'optimisme, comme déplacée dans cette histoire très vraie mais pas très gaie, on vous laisse découvrir ce qu'elles viennent faire dans les forêts enneigées de Scandinavie.
Et toujours sans trop en dévoiler pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture, relevons que le docteur Welin et l'inspecteur Wallander partagent un peu des mêmes difficultés dans leurs relations familiales ...
Alors, que ceux qui ne connaissent pas encore Mankell ou qui n'en connaissent que ses polars, se précipitent sur cet excellent roman. De la très très belle littérature.
Un livre où l'on découvre qu'il n'est pas bon de vivre gelé dans son passé.
(1) : avec cette paire de Chaussures italiennes, Mankell se permet même une petite coquetterie et une allusion (page 185) aux personnages de Tea-Bag.
(2) : la nuit au fast-food ou la petite "fête d'été" donnée sur l'île sont des morceaux d'anthologie.
(3) : Harriet a son cancer, lui sa fourmilière ...

Pour celles et ceux qui aiment qu'on leur raconte la vie avec plein de choses dedans.
Seuil édite ces 341 pages qui datent déjà de 2006 en VO et qui sont traduites du suédois par Anna Gibson.
Avis unanimes de Jostein, Stephinette, Calepin, Nathalie, Julien, ...

lundi 29 mars 2010

Cinoche : L’arnacoeur

Dirty dancing.

Un coup de cœur pour L'Arnacoeur au grand cœur évidemment.
Un pré-générique façon 007 (hilarant), une équipe impossible façon Mission Impossible avec électroniques diverses et usurpations variées, sans que personne ne se prenne au sérieux dans cette joyeuse comédie.
Romain Duris est chargé de séduire Vanessa Paradis (ça tout le monde avait compris) avant que la belle ne convole en tristes noces avec le premier de la classe.
Le beau Romain et son équipe, rompus à ce genre d'exercice, se mettent à l'œuvre, pressés par le temps et l'argent, mais rien ne va plus ... et bien évidemment, le tombeur trompeur finira par tomber ... amoureux de sa proie.
C'est de toute évidence cousu du même fil que la robe de mariée mais, magie du cinéma, la mayonnaise prend et l'équilibre astucieux entre pitreries abracadabrantes et romance amoureuse fonctionne à merveille.
Avec trois fois rien mais un art consommé Pascal Chaumeil compose un coquetèle remarquablement réussi : une bonne de dose de Romain Duris, deux bonnes pincées épicées de ses deux acolytes (Julie Ferrier, excellente, et François Damiens), et un nuage de Vanessa Paradis.
On est pliés de rire la moitié du temps et l'autre moitié on reste béats, le sourire fendu jusqu'aux oreilles devant cette sympathique et surtout charmante histoire du beau gosse et de la jolie fille.
La réplique qui tue quand le papa mafioso accompagne la mariée à l'autel et lui chuchote à l'oreille discrètement : à la sortie, y'a une voiture avec les clés dessus. Tout est dit !
Ben oui quoi, la vie est trop courte pour se marier triste !
Et, oui mesdames, Romain Duris sait tout faire avec classe et avec le sourire : chanter, conduire, danser, boxer, vacciner, repasser, courir, pédaler, et même cuisiner les spaghettis ...
Un film où l'on découvre comment parler aux filles, aux colombes et aux dauphins.


Pour celles et ceux qui aiment les histoires d'amour.
Pascale en parle.

vendredi 26 mars 2010

Miousik : Marie Espinosa

Chagrin d’amour.

Il y a peu on évoquait avec Madame Aime, quelques comédiennes qui s'essayaient à pousser la chansonnette.
Voici cette fois une vraie chanteuse qui s'est aussi aventurée au cinéma ou à la télé : Marie Espinosa.
Elle vient de sortir fin 2009 son premier disque La démarrante écrit, parait-il, à la suite d'une déconvenue amoureuse(1).
C'est frais et sympa, une sorte d'album photos un peu mélancolique.
La demoiselle et son piano méritent une écoute attentive : voix haute et claire, riches arrangements, textes pas bêtes, ... on était presque tentés de mettre un petit cœur.
Toutes les chansons de l'album ne sont pas égales mais on aime bien :
- L'annonce
- Toi de Paris .
Les paroles de L'annonce :

Charmante jeune fille de 25 ans / bouffe la vie à pleines dents
essaie de vivre intensément / et partager appartement
Charmante jeune fille de 25 ans / qui veut rêver le monde en grand
voudrait voir la vie autrement / viens, montre-moi comment.
J'annonce, j'annonce, j'annonce / toujours pas de réponse
J'annonce, j'annonce, j'annonce / j'attends votre réponse.
Charmante jeune fille de 25 ans / pas de mari et pas d'enfant
qui ne croit plus au prince charmant / se contenterait d'un bon amant.
Jeune fille 25 ans passés / prendrait bien cours particuliers
pour voir la vie du bon côté / aimerait se sentir comblée.

http://carnot69.free.fr/images/deezer.png

Une jeune fille à suivre au-delà de ses 25 ans puisqu'elle veut décrocher la lune, même si elle doit y laisser des plumes ...
et à écouter sur notre playlist Deezer.

(1) : au fait, merci à l'imbécile qui l'a plantée là, je veux dire : merci pour l'album.


Pour celles et ceux qui aiment les jeunettes.

mardi 23 mars 2010

Cinoche : La révélation

Il faut que cela soit dit.

Pour découvrir ce qui se cachait derrière La Révélation, il fallait passer outre le titre français peu accrocheur (c'était Sturm, la tempête en VO).
En réalité le film aurait pu s'intituler : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Cour Pénale Internationale de La Haye sans jamais avoir eu le temps de le demander.
Ou plus précisément sur le TPIY, le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie qui la préfigure et qui n'est rien moins que le premier tribunal de guerre depuis Nuremberg(1).
Le réalisateur allemand Hans-Christian Schmid nous fait suivre les travaux d'une procureure attachée à faire condamner un ancien officier bosno-serbe coupable de crimes contre l'humanité.
Toute ressemblance avec des Radovan Karadzic ou des Milan Lukic n'est évidemment pas fortuite même si le metteur en scène se défend d'avoir voulu s'inspirer de faits réels.
Une bonne partie du film se déroule donc dans les bureaux du tribunal, dans des hôtels internationaux, entre couloirs froids et chambres impersonnelles : c'est le travail la vie quotidienne de ces agents, entre deux avions ou deux taxis.
Mais le film est loin d'être ennuyeux, bien au contraire, car il est monté comme un polar : depuis l'arrestation du triste sire sur une plage accueillante des Açores jusqu'aux scènes de procès où tout le monde porte les écouteurs de la traduction simultanée, en passant par les escales dans la poudrière d'ex-Yougoslavie, l'intérêt ne faiblit pas un instant.
Au cœur de cette enquête prenante, le témoignage difficile à obtenir d'une jeune femme qui a subi les horreurs de l'épuration ethnique, il y a 15 ans ...
Sur ce chapitre du viol organisé, du viol ethnique, devenu une nouvelle arme de guerre, le film est exemplaire de pudeur et de retenue, ne tombant dans aucun voyeurisme mais réussissant à nous faire ressentir l'oppression et l'horreur sans même une image d'archives comme on dit (le procédé eut été facile). L'indicible y est traduit, avec beaucoup de force, par un simple ... paquet de bonbons.
Et l'on découvre les mécanismes du procès, les tractations avec la partie adverse, les pressions de l'ONU ou de l'OTAN (qui finance et assure la sécurité sur place ...), les compromis nécessaires avec la realpolitik de l'UE qui voudrait accélérer le processus d'intégration de cette région dans l'Union et qui verrait d'un mauvais œil le sire Duric s'ériger en martyr de la cause nationaliste, ...
Au cœur de ces manigances juridico-politiques, le témoin balloté dans la tempête (d'où le titre en VO) qui vient bouleverser sa vie, pour la seconde fois 15 ans après.
Le duo d'actrices qui porte le film est formidable : la néo-zed Kerry Fox semble taillée pour le rôle de la procureure essayant de manœuvrer dans la jungle internationale et la roumaine Anamaria Marinca incarne sobrement la douleur de la jeune femme malmenée par la guerre. Toutes deux y perdront encore quelques illusions.
Leur dialogue qui clôture le film semble dire qu'au-delà de la justice proprement dite, il est vital pour les victimes - notamment les femmes qui subissent
[...] ce que subissent les femmes en temps de guerre - que les choses puissent être dites, à défaut d'être jugées.
Tout cela est filmé un peu façon reportage, la caméra centrée en gros plan sur les acteurs, tous excellents, pour tirer le portrait d'une galerie de personnages.
Juste quelques plans des lieux dans lesquels ils évoluent et qui semblent peser lourdement sur eux : hôtels froids, Yougoslavie en état de siège, ... seules quelques images de Berlin où la jeune femme, victime et témoin, avait tenté de refaire sa vie et d'oublier son passé, seules ces quelques images d'enfants, d'écoles, d'appartement familial, ... suggèrent qu'une vie normale existe ailleurs.
Un film où l'on découvre que la justice est rendue par des hommes (et des femmes), même la justice internationale.
(1) : mais avec une différence notable depuis Nuremberg qui était le tribunal des "vainqueurs", puisque le tribunal de La Haye dépend des Nations Unies.

Pour celles et ceux qui aiment les leçons d'histoire contemporaine.
Une interview du réalisateur Hans-Christian Schmid sur Courrier Int.
L'intéressant (si, si ...) dossier pédagogique du site officiel.
Critikat et Telerama en parlent, les Irréductibles aussi.

dimanche 21 mars 2010

Cinoche : Soul kitchen

Sehr sympatisch.

Décidément, le mal de dos est très tendance : il y a quelques jours le Bad lieutenant Nicolas Cage traversait La Nouvelle-Orléans bossu de douleur et voici Adam Bousoukos qui fait la cuisine torturé par une hernie discale dans Soul Kitchen, du réalisateur turc-allemand Fatih Akin.
Un petit film bien sympathique qui brosse le portrait d'une petite troupe d'amis des milieux branchés d'Hambourg : musicos, artistes, squatteurs et marginaux, ... qui se retrouvent dans un hangar désaffecté, transformé en restaurant par un immigré grec incarné par Adam Bousoukos.
Dans un joyeux désordre tourbillonnant, il se débat avec ses affaires de cœur (sa chérie, blonde allemande bcbg, est partie aider les tibétains), ses affaires tout court (le resto bat de l'aile, les promoteurs immobiliers sont à l'affut et les services d'hygiène et du fisc à la porte) et son frangin qui sort de taule et qui veut "faire semblant de travailler".
Heureusement, notre héros est secondé par une serveuse (un nom à retenir : Anna Bederke) qui picole visiblement plus que les clients et un cuistot qui est un adepte du lancer de couteaux !
Le tout est servi avec une sauce musicale bien relevée (la BOF est aussi sympa que le film).
Ne manquez pas non plus le générique de fin, très vintage.
Un film où l'on découvre comment accommoder le poisson pané, comment baiser le fisc et comment guérir radicalement une hernie discale.


Pour celles et ceux qui aiment la cuisine underground.
Les irréductibles en parlent. Pascale et Le Monde aussi.

Cinoche : Bad lieutenant

Bad trip.

Pas trop fan des tics agités de Nicolas Cage mais forcément attiré par la sensualité pulpeuse d'Eva Mendes depuis We own the night, BMR s'est laissé tenter par le remake du film d'Abel Ferrara par Werner Herzog : Bad lieutenant / escale à la Nouvelle-Orléans.
Et même si - avouons-le tout de suite comme ça on n'en parle plus(1) - on n'a pas vu l'original, toutes ces références semblaient prometteuses.
Première entorse à l'original justement, l'action a été transposée de New-York à New-Orleans où, après Tavernier, les brumes électriques laissées par le déluge Katrina n'ont pas encore fini de se dissiper ni d'attirer les cinéastes ...
Il faut dire que la chaleur humide des rues coloniales de la Louisiane va comme un gant en peau de croco à ce polar poisseux.
Il est d'ailleurs beaucoup question de serpents, d'iguanes et d'alligators dans ce film, comme si après l'ouragan, la nature primitive refaisait surface et venait ronger notre civilisation.
Depuis Mickey Rourke et Angel Heart on sait que la sorcellerie irrigue les marais de cette région.
Dans le film de Tavernier, Tommy Lee Jones voyait des fantômes sudistes dans les brumes du bayou.
Ici, le Bad Lieutenant voit batifoler les iguanes et danser les âmes des victimes.
Avec Nicolas Cage, flic ripoux avide de sexe et de drogue aux commandes d'une enquête mal barrée, on pouvait craindre un polar hyper-violent et hyper-tendu.
C'était sans compter sur l'alchimie qui a opéré entre ces deux givrés que sont Herzog et Cage.
Le résultat est un film surprenant qui, une fois ce décor polar planté, prend patiemment son rythme : le Bad Lieutenant traverse ce film comme une âme errant dans les mondes souterrains (l'enfer c'est ici et maintenant).
Perdu entre deux portes ou entre deux rives du Styx(2), il semble porter toute la misère du monde sur ses épaules, au figuré comme au propre puisqu'il se traîne à demi bossu, bourré de substances diverses - certaines licites d'autres beaucoup moins - pour ne pas trop souffrir d'un mal de dos chronique qui le plie en deux.
Accro à toutes sortes de drogues dont sa girl-friend, ce personnage très attachant survole cette enquête déjantée comme légèrement décalé, sachant que quelque part il doit forcément exister une paix inaccessible.
Le film est ainsi parsemé de scènes très poétiques : comme celle dans la remise du jardin à la recherche de la petite cuiller en argent perdue (la madeleine du Bad Lieutenant qui voyait là un trésor de pirates quand il était petit).
Les diverses rencontres, parfois agitées, avec le père alcoolo dans la vieille maison coloniale sont pleines de charme.
Le film se conclura sur une morale ambigüe et finalement une dernière image enfin apaisée devant un aquarium : les poissons rêvent-ils, that is the question !
Un film où l'on découvre comment truquer les matchs de foot et bien sûr comment obtenir de la came sans payer.
Un coup de cœur très personnel pour ce film qui ne plaira peut-être pas à tout le monde mais certainement à ceux qui accepteront, sans a priori, de se laisser porter par les folies douloureuses du tandem Cage-Herzog.
(1) : l'essentiel des débats tournent autour de ce "remake" : fidèle or not fidèle, that is not the question. D'ailleurs Herzog, un brin provoc, clame partout qu'il n'a pas vu le film de ... de qui déjà ? Ferreri ?
(2) : en VO comme en VF, le sous-titre du film rappelle que ce n'est qu'une escale ...

Pour celles et ceux qui aiment les trips planants.
Versatile en parle, Critikat et les Inrocks aussi. Un amusant billet du Monde.

vendredi 19 mars 2010

Bouquin : L’étrange destin de Wangrin

Au temps béni des colonies.

Il était une fois.
Amadou Hampaté Bâ est l'auteur malien par excellence. D'origine peule, il est né à Bandiagara au pays Dogon avec le début du siècle et il s'éteindra un peu avant lui.
Ethnologue et écrivain reconnu, il prononcera à l'Unesco cette phrase restée célèbre : "En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle."
Avec L'étrange destin de Wangrin il a recueilli puis mis sur le papier les mémoires de cet étrange Wangrin, personnage réel mais ô combien insaisissable, dans tous les sens du terme.
Interprète officiel des gouverneurs (du temps où l'AOF recouvrait le Mali, le Sénégal et d'autres colonies françaises), il aura consacré sa vie à monter des arnaques en tout genre, grugeant indifféremment ses compatriotes et les colons français, aux seules fins de s'enrichir et d'assoir son influence.
Si la concussion, la malversation et la prévarication étaient des disciplines olympiques, nul doute que le sieur Wangrin aurait réussit le grand chelem sans forcer.
Drôle d'idée donc que de brosser ainsi le portrait d'un noir a priori peu sympathique ... mais dont on ne peut s'empêcher de suivre avec intérêt les aventures abracadabrantes (et pourtant bien réelles, Hampaté Bâ nous l'a dit), racontées au rythme des contes et légendes de la brousse mais avec un suspense digne d'un polar.
http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifIl faut dire que les crimes perpétrés par l'infâme Wangrin ne sont jamais bien graves(1) : il ne s'agit, après tout, que de trafics et d'argent, de l'argent des colons français venus s'enrichir en Afrique, juste retour de manivelle.
Et puis Wangrin se montre un étonnant connaisseur des ressorts de l'âme humaine, jaugeant précisément ses interlocuteurs, trouvant habilement leurs points faibles.
Enfin, tout cela est mené de main de maître es arnaque, au nez et à la barbe des gouverneurs français, roulés dans la farine de mil.
Il faut dire que Wangrin a été à bonne école : l'école des otages, comme on l'appelait alors, lorsque les colons réquisitionnaient de force les fils des notables de la brousse pour les avoir sous la main dans des écoles éloignées et ainsi s'assurer de la fidélité de leurs vassaux(2).
L'école des colons blancs coiffés du casque colonial :

[...] Cette coiffure ridicule ne faisait pourtant rire personne. Bien au contraire elle inspirait la peur. C'était en effet la coiffure officielle et règlementaire des Blancs, ces fils de démons venus de l'autre rive du grand lac salé [...] C'était un emblème de noblesse qui donnait gratuitement droit au gîte, à la nourriture, aux pots-de-vin et, si le cœur en disait, aux jouvencelles aux formes proportionnées pour les plaisirs de la nuit.

Finalement, dans ce monde peu sympathique (c'est l'époque de la Grande Guerre), Wangrin nous apparaît plutôt humain et passe presque pour une sorte de Robin des Bois de baobabs, un Robin des Baobabs qui volait beaucoup les riches et donnait un peu aux pauvres et qui, comme la charité bien ordonnée, commençait par se servir lui-même.
Les histoires d'argent comme les histoires d'amour finissent mal, en général, et l'on se prend à la fin de ces aventures truculentes, à regretter ce trouble personnage, l'écriture impeccable d'Hampaté Bâ et le rythme répétitif des contes de la brousse ...
Un livre où l'on découvre les vilénies dont sont capables les colons blancs, et comment utiliser à son profit différents mécanismes de l'âme humaine (sans couleur celle-ci).
Voir aussi les polars de Moussa Konaté, un autre auteur malien.

(1) : bon d'accord, il joue quand même un temps les proxénètes avec une cousine adoptive ...
(2) : Hampaté Bâ y a également "séjourné".


Pour celles et ceux qui aiment les contes africains.
Les éditions 10-18 éditent en poche ces 366 pages qui datent de 1973 ou de Ramadan 1391.
D'autres avis sur Critiques Libres. Nathalie parle longuement de l'auteur et du livre sur Littexpress.

lundi 8 mars 2010

Cinoche : Ghost writer

Tony Blair était-il un agent de la CIA ?

Pendant que Madame poussait la chansonnette, Monsieur faisait son cinéma : voici The ghost writer de Roman Polanski. Film attendu par beaucoup et encensé par tous, à juste titre, récompensé par plusieurs nounours à Berlin, à juste titre toujours.
L'intrigue politico-affairo-militaire rappelle un peu le film de l'été dernier avec Russel Crowe : Jeux de Pouvoir, ... où il était déjà question d'écriture.
Avec les mêmes jeux de pouvoir et au centre de l'embrouille, la société Blackwater, la société Halliburton, la société Hatherton et cette fois, le scandale des vols secrets de la CIA qui souhaitait torturer de suspectés terroristes en dehors du territoire US.
C'est sur cette trame qu'est construit le bouquin de Robert Harris, The ghost, qui avait longtemps fréquenté et interviewé Tony Blair et qui reconnait s'être inspiré de lui pour le personnage d'Adam Lang dans le film.
Un scénario en or pour un cinéaste aux doigts de fée.
C'est cette même trame que reprend le film de Roman Polanski : The ghost-writer, le nègre, puisque Ewan McGregor incarne le rôle du sous-fifre chargé de ré-écrire les mémoires du ministre Adam Lang, mémoires insipides au plan littéraire mais que certains tiennent pour explosives au plan politique ...
Ce nouveau "nègre" vient remplacer au pied levé le "ghost" précédent ... qui a fini noyé pour être "tombé" du ferry !
Véritable fantôme, le personnage d'Ewan McGregor n'a pas de prénom et n'est même pas crédité d'un nom au générique ! Cet homme de l'ombre(1) finira-t-il par faire la lumière sur la carrière du politicien ?
Et c'est là tout l'art de Polanski car, franchement, le JT de 20h raconte déjà très bien les magouilles militaro-politiques qui nous entraînent dans de sales guerres, alors ?
Alors, Polanski construit son film autour du personnage d'Ewan McGregor, le ghost, gentil garçon embringué malgré lui, et nous avec, dans une affaire qui le dépasse et qui va le secouer un peu, et nous avec.
La mort aux trousses, va-t-il connaître le sort peu enviable du ghost précédent(2)? Découvrira-t-il le fin mot de l'histoire, les véritables secrets des uns et des autres, et donc finalement qui manipule qui ?
Il ne faut que quelques secondes à Polanski avec la scène d'ouverture(3) pour nous plonger au cœur d'une ambiance sombre, angoissante et glauque.
Le suspense et la tension sont sans cesse relancés dans un décor où Polanski a donné libre cours à ses fantasmes de huis-clos : l'île battue par les vents, les flots et la pluie, le ferry, l'enseigne grinçante de l'hôtel dont le ghost est le seul client, la maison high-tech aux grandes verrières où les protagonistes se voient en direct aux infos de la télé, ...
Même un simple taxi finit par devenir inquiétant.
Jusqu'à une fin elliptique superbe : du grand grand cinoche !
De quoi nous consoler de l'adaptation décevante par Scorcese de Shutter Island.
Notons au passage avec humour(4) quelques vacheries de Polanski à l'intention de ses "amis" américains qui voudraient bien l'extrader de Suisse : entre autres, le film nous rappelle que les États-Unis sont en effet l'un des rares pays où peuvent se réfugier les criminels de guerre recherchés par la Cour de La Haye ... à bon entendeur, salut !

(1) : c'est le titre du bouquin de Robert Harris en français
(2) : un fantôme à la poursuite d'un autre fantôme ...
(3) : cette scène où la voiture vide encombre l'entrepont du ferry restera dans les annales !
(4) : même si le film a été tourné avant les rebondissements récents du procès de Polanski.


Pour celles et ceux qui aiment les traversées en ferry.
Dasola en parle, Céline, Kathel aussi, Pascale bien sûr. Nico dévoile la fin.
L'intéressant article du Monde.

Cinoche : Nord

Snow-movie givré.

 http://carnot69.free.fr/images/polaire.gifOn connaissait le road-movie US, en voici la version polaire : Nord, le snow-movie de Rune Denstad Langlo.
On se souvient d'Une histoire vraie racontée par David Lynch où Alvin partait sur les routes américaines fièrement assis sur sa tondeuse ... et bien voici Jomar(1) qui parcourt les plaines, les forêts et les montagnes enneigées de Scandinavie sur sa motoneige.
Une sorte de cousin norvégien du finlandais Vatanen (celui du lièvre hein ! pas celui des rallyes, pfff ...).
Alors évidemment les jeux de mots sont faciles : humour blanc, film givré, comédie blizzard, ... Passons.
Jomar est en pleine déprime : ancien sportif déchu, largué par sa femme, il fait la navette (en motoneige) entre l'hôpital psy et sa cabane du remonte-pente qu'il est supposé faire fonctionner(2). Comme rien ne va plus, il finit par mettre accidentellement le feu à son chalet mais se garde bien de l'éteindre(3) : il prend ses cliques et ses claques, et enfourche sa motoneige.
Direction : le nord (Narvik : 890 km). Le nord qu'il a perdu.
Et nous voilà partis à travers les sapins, musique d'ambiance, sur les traces d'un Jomar plus préoccupé du ravitaillement en alcool qu'en essence (il finira d'ailleurs à skis !).
En chemin quelques rares rencontres dans le désert blanc, toutes plus improbables les unes que les autres, qui nous valent quelques scènes fantastiques.
Au fil des étapes et des rencontres, Jomar gagne peu à peu en sagesse et en sérénité.
Peu de mots. Un film très elliptique où chaque raccourci est l'occasion de se laisser surprendre et d'entrevoir quelques chemins de traverses. Un film sobre et lent, on dirait du cinéma asiatique !
Quelques thèmes récurrents viennent ponctuer le récit comme cette étrange fuite des parents(4).
À travers la caméra de Rune Denstad Langlo, ces quelques échantillons du peuple norvégien nous apparaissent très humains, très étranges et en tout cas pas banals.
Des pionniers du far-north, perdus dans leurs petites maisons dans la prairie ... blanche.
Un film où l'on découvre, entre autres choses, l'art de se saouler sans boire et les différentes façons de se servir d'une motoneige.

(1) : ça a l'air de se prononcer un peu comme you-mar
(2) : mais quand il va vraiment mal, les clients sont priés de se servir eux-mêmes en forfaits, en échange d'une casserole remplie de neige qu'il fera fondre pour sa tambouille ... !
(3) : il est en fait obsédé par les incendies dans les tunnels (comme celui du Mont-Blanc) qu'il regarde en boucle à la télé sur National Geographic ... !
(4) : ceux de l'adolescente qui vit avec sa grand-mère, ceux du jeune homme qui sont partis en Thaïlande, et même le vieux sâme qui part, lui aussi ...


Pour celles et ceux qui aiment le ski de fond.
Critikat en parle. Télérama aussi, et bien pour une fois (pfff, quand je relis leur critique de l'ennuyeux Sans laisser de traces !).

vendredi 5 mars 2010

Bouquin : La mort du roi Tsongor

La guerre de Troie a bien eu lieu. Deux fois.

Il était une fois.
Dans une Afrique imaginaire, à une époque imaginaire, Laurent Gaudé nous conte La mort du roi Tsongor, à la veille des épousailles de sa fille unique et préférée.
Mais rien ne va plus dans le pays de Massaba.
Un deuxième prétendant s'invite au mariage de la fille. Le roi meurt. Les deux princes vont s'entre-déchirer pour la belle et son royaume, ils vont livrer bataille au pied des murailles de la ville assiégée.
Bref, tout fout le camp et il y a quelque chose de pourri au royaume de Tsongor, un empire bâti à force de conquêtes, d'ambitions, de batailles et donc de morts.
Trop de morts, qui pèsent maintenant lourdement sur le destin de chacun : aucun n'en sortira indemne.
Dans un style très théâtral, Laurent Gaudé fait preuve d'un étonnant syncrétisme mythologique rassemblant des bribes de tragédie grecque, de guerre de Troie, d'amazones, de jardins babyloniens et même d'une armée de soldats d'argile.
On retrouve dans cette épopée homérique la poussière des combats déjà soulevée dans les romans d'Ismail Kadaré.
On aurait aimé y retrouver le souffle qui animait l'albanais nationaliste.
On aurait aimé y retrouver un peu d'exotisme puisqu'on n'est finalement guère curieux de retrouver ici une autre Hélène ou d'autres Hector ou Achille sous les remparts de la ville : un air de déjà vu.
Tout cela est fort bien écrit mais on aurait aimé y trouver un supplément d'âme plus intime comme si Laurent Gaudé s'était livré à un exercice trop académique : rassemblez vos souvenirs de la classe de mythologie classique et racontez une belle histoire.
On aurait surtout aimé que l'Afrique soit plus présente ou que l'humain et le fantastique s'invitent plus souvent, comme dans ces troublants passages où l'âme en peine du Roi Tsongor qui attend son heure sur les berges du fleuve des morts, voit peu à peu "arriver" les combattants trucidés, puis ses sujets, et enfin ses fils eux-mêmes, ...
[...] - J'ai vu aujourd'hui une foule immense apparaître à mes yeux, reprit le mort. Ils sortaient de l'ombre et se sont dirigés, lentement, vers la barque du fleuve. C'étaient des guerriers hagards. J'ai observé leurs insignes ou ce qu'il en restait. J'ai regardé leurs visages. Mais je n'ai reconnu personne. Dis-moi, Katabolonga, qu'il s'agit d'une armée de pilleurs que les troupes de Massaba ont interceptés quelque part dans le royaume. Ou de guerriers inconnus qui sont venus mourir sous nos murailles sans que personne ne sache pourquoi. Dis-moi, Katabolonga, que cela n'est pas.
- Non, Tsongor, répondit Katabolonga. Ce n'est ni une horde de pilleurs ni une armée de mourants venus s'échouer sur nos terres. Ce sont les morts de la première bataille de Massaba. Tu as vu passer sous tes yeux les premiers écorchés de Souame et de Sango Kerim, mêlés les uns aux autres dans une pauvre colonne de révulsés.
- Alors la guerre est là et je n'ai rien empêché, dit Tsongor. Ma mort n'a servi à rien.

Pour celles et ceux qui aiment les tragédies antiques.
Les éditions Actes Sud Babel éditent ces 205 pages qui datent de 2002.
D'autres avis (partagés également) sur Critiques Libres.

jeudi 4 mars 2010

Miousik : Joyce Jonathan

Devenez producteur de zik.

Aujourd'hui on vous propose de jeter une oreille du côté de chez Joyce Jonathan, dont les médias sont friands en ce moment (MAM avait repéré la demoiselle dans les magazines).
Non que la zik ou la voix de Joyce Jonathan soient vraiment remarquables (ça ressemble quand même un peu trop à de la variété, soit dit sans méchanceté) même si on aime bien par exemple : L'heure avait sonné .
Mais c'est surtout le "système" qui se cache derrière qui nous a un peu scotchés.
Ces jeunes artistes sont en effet co-produits grâce au site My Major Company où les internautes peuvent écouter leurs musiques et "miser" sur leurs poulains préférés.
Des vrais euros (10 €, 100 € pour certains, 5.000 € pour d'autres !) et qui dit miser, dit aussi retour sur investissement potentiel ... ou espéré.
Après les sites de microcrédit en ligne (comme Babyloan), voici une sorte de Monopoly de la zik, pour de vrai.Deezer
Reste plus qu'à acheter des cigares et des pompes en croco pour poser dans son salon en Eddie Barclay.
Bon, si jamais vous placez vos économies sur My Major Company, dites-nous : on ira écouter "votre production".
En attendant écoutez notre playlist sur Deezer.


Pour celles et ceux qui aiment la starac' en ligne.

Bouquin : Héritage sanglant

À éviter.

Héritage sanglant d'Odile Barski, lu dans le cadre du partenariat entre LivrAddict et les Éditions du Masque. LivrAddict
Quelques affaires louches entre une cimenterie, une maison de retraite et une décharge de pneus, quelques meurtres crapuleux dans le midi en Camargue vont faire ressurgir de sinistres histoires d'un lointain passé.

[...] Ariane repense aux lettres de Colombe, sa détresse d'enfant, son amour pour le petit Corsin, la cruauté de Gerling et de sa femme. Une histoire qui remonte à plus de vingt ans et qui n'est pas terminée, elle en a la certitude.

Malheureusement Odile Barski (scénariste des films de Chabrol et mère de la chanteuse Adrienne Pauly) se pique d'écrire moderne et oublie trop souvent de faire des phrases.

[...] Marquez lit à mesure qu'Ariane lui passe les feuilles. Ils se regardent la gorge nouée. Une enfant torturée par un couple intouchable. À la limite de l'abstraction. Ruse et prudence. Mensonge et persévérance. Réseaux de la politique et de l'argent. Miraculés de toutes les crises. À l'abri des faillites et des représailles. Combien de temps ont-ils kidnappé Colombe.

Son style en devient parfois terriblement plat et elle accumule les clichés :

[...] Carmen propose du thé et du Coca. Ariane n'a pas soif mais Marquez accepte. Il boit avec les enfants. La pluie tombe dehors, des éclairs zèbrent la cimenterie, le ciel est rouge.

Alors que reste-t-il de cette histoire ?
Justement une accumulation de poncifs car Odile Barski ratisse large pour être sûre de toucher sa cible : milieux pourris des affaires, néonazis voire nazis tout court, prostitution roumaine et même inceste pour faire bonne mesure.
Avec en prime une sympathique fliquette qui fait dans le social et qui a le bon goût de ne pas mépriser les paumés qui rôdent autour de la décharge : de vrais gens, malmenés par le destin et qui connaissent les vrais valeurs de la vraie vie.
Vous l'avez compris on n'a guère aimé.
Il y avait peut-être de quoi tirer un petit polar mais le style de l'auteure "m'as-tu-vu comme je suis branchée en prise avec la réalité du monde actuel" gâche franchement la sauce qui ne prend pas.


Pour celles et ceux qui aiment le style journalistique.
Les Éditions du Masque éditent ces 268 pages qui datent de 2010.
Cacahuète est aussi sceptique que nous, Mrs Pepys a aimé.

Miousik : Madame aime

Séquence pipole.

C'est un peu à la façon de Nouvelle Vague(1) : on reprend de vieux tubes, quelques célébrités du moment et hop : la compile.
C'est le Figaro Madame(2) accompagné de Kenzo (et voilà, on vous avait bien dit qu'on en reparlerait !) qui s'est emparé à son tour de ce concept.
Les tubes punks de Nouvelle Vague ont cédé la place à quelques bonnes chansons françaises du siècle dernier(3), et les voix sucrées de Mélanie & co à quelques stars du cinéma franco-français.
Voici donc parmi nos préférées :
- Rachida Brakni qui avoue J'aime regarder les ..., repris et "féminisé" de l'original de Patrick Coutin et de Sly & The Family Stone
- Virginie Ledoyen qui fait L'amour à la plage , de Niagara
- Mélanie Laurent qui chante Barbara Du bout des lèvres .
On retrouvera aussi avec plaisir sur ce CD : Valérie Lemercier qui chante Sylvie Vartan,  Sylvie Testud pour Alain Chamfort ou encore Nathalie Baye pour Louis Chedid, et puis bien d'autres encore.
Notre playlist sur DeezerOriginal, sans prétention mais sympa et puis nous, on aime bien entendre de temps en temps les bons vieux tubes relookés au goût du jour.
C'était le cadeau d'anniversaire de MAM et ... Madame aime !
Sur le site on peut écouter les chansons en version intégrale, sinon découvrez notre playlist sur Deezer.
(1) : bon on reste ici un cran en-dessous tout de même ! Ces dames ne prétendent pas à la Star Ac' mais c'est très sympa
(2) : ben oui, je suis quand même obligé de les citer, non ?
(3) : oui, on est au XXI° désormais !

Pour celles et ceux qui aiment les stars.