lundi 18 octobre 2010

Cinoche : Elle s’appelait Sarah

Le choix de Sarah.

Dans cette automne ciné poussif, il ne faudrait surtout pas manquer le film de Gilles Paquet-Brenner(1) : Elle s'appelait Sarah, l'adaptation du bouquin de Tatiana De Rosnay(2).
Mais on est fan de Kristin Scott-Thomas et elle ne nous avait pas échappé sur l'affiche.
...
Le soir du 16 juillet 42, la police française frappe à la porte de la famille Starzynski.
La petite Sarah fait le mauvais choix : pour lui éviter la rafle, elle enferme son petit frère dans un placard ...
Quelques jours plus tard, trop tard, elle réussira à s'échapper du camp de Beaune-la-Rolande, non loin d'Orléans, où furent emmenés la plupart des juifs parqués au Vel d'Hiv ...
La première partie du film, tout en bruit et fureur, reconstitue ces sombres évènements sans éviter quelques lourdeurs académiques.
http://carnot69.free.fr/images/coeur.gifMais c'est après cet exercice difficile que le film prend vraiment tout son sens et tout son intérêt en se recentrant sur notre époque et une histoire très actuelle : Kristin Scott-Thomas est une américaine qui vit à Paris, elle est journaliste, ... elle enquête sur cette Rafle du Vel d'Hiv.
Son architecte de mari retape l'appartement de son enfance dans le Marais ...
Le Marais c'était bien sûr le quartier juif en 1942. L'appartement était justement celui de la petite Sarah : les grands-parents du mari architecte avaient récupéré l'appartement en août 42 dès qu'il fut "libre" ...
La grande Histoire se mêle à la petite, le film oscille habilement entre alors et aujourd'hui, les souvenirs du passé viennent bouleverser les équilibres du présent, ... Kristin Scott-Thomas se met en quête de retrouver la trace de Sarah et de ses descendants. Le film est un peu l'histoire de cette enquête, une quête intérieure et personnelle de Kristin également.
Tous les acteurs sont admirables : comme à son habitude Kristin Scott-Thomas illumine l'écran, le rôle semble écrit pour elle. On est également ravi de revoir Michel Duchaussoy (dans le rôle du le beau-père donc contemporain que la petite Sarah) : il est remarquable. Niels Arestrup (lui aussi se faisait trop rare mais il est sur plusieurs affiches en ce moment) campe le paysan qui recueillit la jeune Sarah à l'époque : son Heil Hitler(3) fera date ! Tous les personnages sont fouillés, intéressants, et tous les acteurs sont vraiment très bons.
Une fois passé l'exercice imposé du début, le film est tout en équilibre, plein de justesse et de finesse. Aucun jugement sur des personnages complexes, ceux d'hier comme ceux d'aujourd'hui.
Même la réplique finale qui est bien sûr celle qu'on attend, sans surprise, parvient à nous émouvoir.
À l'unanimité de MAM, BMR et de notre teenageuse maison, un film très réussi sur un sujet pourtant casse-gueule : après quelques pas hésitants, le surprenant Gilles Paquet-Brenner(4) a trouvé la bonne foulée.
On y voit notamment quelques images du Mémorial de la Shoah à Paris (les premières au ciné apparemment).

(1) : dont apparemment, on a bien fait de louper les films précédents ...
(2) : bof le livre ? pas lu ici, sauf par notre teenageuse maison
(3) : lorsque les allemands viennent fourrer leur nez dans sa ferme
(4) : ce réalisateur est d'origine juive, le vieux juif à la bague empoisonné est un hommage à son grand-père


Pour celles et ceux qui aiment l'Afrique.
Critikat en parle. Une interview du réalisateur.

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