samedi 3 juillet 2010

Cinoche : Tournée

The little monty.

Malgré la superbe victoire du Ghana hier soir sur les Uruguayens(1) la Coupe de foot est toujours pas finie et la production cinéma tourne au ralenti.
Comme les salles sont toujours bien climatisées, on a voulu essayer de partir en Tournée avec Mathieu Amalric.
Un film primé à Cannes et encensé par tous (enfin, surtout les collègues du show-biz).
L'idée de départ est plutôt séduisante (et c'est bien le mot) : un producteur frenchy exilé aux States, tendance loser, incarné par M. Amalric himself, fait son come-back en France accompagné d'une troupe de stripteaseuses burlesques et américaines.
Ils entament une tournée dans la France profonde : enfin, le bord de la France profonde, Le Havre, La Rochelle, Toulon, ... bref, le tour des ports puisqu'on devine que Mathieu Amalric porte en son cœur meurtri des plaies et des secrets qui le font hésiter à rentrer vraiment au cœur de son pays natal.
En fait de terribles blessures non dites, on comprend peu à peu qu'il ne s'agit que d'anciennes rivalités d'égos parisiens(2) sur-dimensionnés dont on se fout éperdument (le producteur de la tournée fut homme de télévision avant de s'exiler aux States). Ouf, rien de grave, on a eu peur d'avoir affaire à une vraie histoire.
Il est finalement bien dommage que le film soit gâché par ces à-côtés, car il recèle vraiment quelques pépites.
À commencer par les dames de la troupe : Mimi Le Meaux, Dirty Martini (ce ne sont pas ses parents qui l'ont baptisée ainsi, dit-elle, ouf !), Evie Lovelle, Kitten on the keys, Julie Atlas Muz, Roky Roulette, ... ça ne s'invente pas !
Mathieu Amalric est accro aux blondes : il fume tout ce qu'il trouve et il aime ses drôles de dames aux grosses fesses et aux gros seins (surtout aux gros seins). Les quelques numéros de strip burlesque auxquels il nous est donné d'assister depuis les coulisses sont superbes. Ces dames dégagent une sacrée énergie et une sacrée envie de vivre, même si elles sont loin de chez elles, même si elles ont des coups de blues, même si elles ont travaillé dur pour parvenir à aimer leur propre corps (car c'est un peu de cela qu'il est question).
Pouce levé Reconnaissons à Mathieu Amalric le don de savoir filmer les femmes, celles au corps vrai, pas les bimbos relookées pour le cinoche et les magazines.
En marge de la tournée, Amalric nous donne aussi quelques scènes absolument superbes : l'ébauche de romance à la station-service avec la caissière dans sa cabine (heureusement il y a la vitre, dit Mathieu ...), une autre caissière (décidément) dans un supermarché, encore émue par le show qu'elle a vu la veille, ... Quelques pépites, on vous dit.
Pouce baissé Malheureusement noyées dans un fourre-tout plombé par l'histoire "perso" du producteur de télé parisien.
On aurait aimé que le film se concentre sur les magnifiques portraits de ces personnages en tournée (les femmes bien sûr, mais aussi un stripteaseur, et puis le petit jeunot homme à tout faire, ...), errant d'hôtel de province en salle de province(3).
On aurait aimé le film de Amalric mais sans Amalric, qui prend décidément trop de place sur la scène de son show, surtout quand on le voit affublé d'un frangin et même de gamins, tous aussi peu crédibles.
BMR a quand même repéré quelques trésors, mais MAM s'est profondément ennuyée parce que quelques belles scènes ne suffisent pas à faire un bon film.
Histoire de vous gâcher définitivement la séance, sachez que le producteur finira bien par coucher avec l'artiste qu'il reluque depuis le début. Oui. Ça traîne, ça traîne, mais ils y arrivent enfin, un peu avant la fin du film.
Ne tenant plus, MAM est allée aux toilettes juste à ce moment là (4) ! Ça lui apprendra.
Finalement, Mathieu l'écorché trouvera sa vraie famille avec ses drôles de dames : the show must go on ...
Tiens donc, voilà une morale à laquelle on ne s'attendait vraiment pas.

(1) : comment ça ils ont pas gagné ? match nul ? ! mais alors c'était quoi tous ces hurlements des blacks dans le quartier ?
(2) : voyez : des fois, on est réalistes, si, si.
(3) : ah, ça y'est, ça nous reprend : voir (2). Chassez le naturel ...
(4) : véridique et authentique, ce blog est uniquement basé sur des histoires vraies.


Pour celles et ceux qui aiment les gros seins.
Publikart en parle. Pascale également.
L'article de Wiki sur le New Burlesque.

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