vendredi 13 novembre 2009

Cinoche : Micmacs à tire-larigot

Sérieux s’abstenir.

Il semble de bon ton de critiquer ça ou le dernier film de Jeunet : Mic-macs à tire-larigot.
Les marchands d'armes dont il est question (les méchants du film) ne font-ils plus recette ? Il serait pourtant bon de se rappeler que Pasqua et ses complices ne sont toujours pas derrière les barreaux et que Handicap International mobilise toujours aussi régulièrement la planète pour ériger des montagnes de chaussures (et ce sont bien les mines antipersonnel qui sont visées par Jeunet).
Mais finalement, quoiqu'on pense de ce contexte politique, l'industrie de l'armement est surtout chez Jeunet un prétexte bien vu pour fournir des méchants au profil idéal (Dussollier, excellent !).
Face à ces affreux jojos, une bande de joyeux drilles, marginaux de la récup (façon Max et les ferrailleurs) qui prennent fait et cause pour Dany Boon victime des méchants (son papa a sauté sur une mine et lui-même a pris une balle perdue).
Dans l'équipe des gentils, on trouve en vrac aux côtés du Ch'ti (qui heureusement n'en fait pas trop) :
- la Môme Caoutchouc qui se plie en quatre pour entrer dans une valise ou un frigo, au choix selon les besoins du moment,
- le black ethnologue qui collectionne sur sa machine à écrire Remington toutes les expressions imagées dont est le français est si friand (genre : si tu fais chou blanc alors les carottes sont cuites et le beurre va manquer dans les épinards)
- la petite Calculette qui calcule tout
- le géo-trouvetout qui concocte des machineries inutiles, superflues, voire même utiles parfois, (et à côté duquel McGyver fait figure d'enfant de chœur n'ayant jamais touché un Meccano)
- les impayables Marielle en chiffonnier-ferrailleur et Yolande Moreau en mama-gâteau.
Une fois les présentations faites, c'est parti pour un film hilarant, déjanté, sans queue ni tête, plein d'humour (finaud) et de poésie (drôle).
Jeunet ne sait peut-être pas dessiner ni faire de bonshommes en pâte à modeler, alors ne pouvant ainsi faire des dessins animés ... il fait des films !
Car on n'est pas loin de Tex Avery : dans un superbe Paris Art-Déco, l'équipe de joyeux lurons montent des combines abracadabrantes et des machineries alambiquées pour rouler les vilains méchants dans la farine. On rit beaucoup, genre fou rire inextinguible (n'est-ce pas MAM ?), tellement s'empilent et s'enchaînent les gags et les incongruités. Jeunet est tellement sûr de son coup qu'il se paye même le luxe de nous annoncer le gag quelques secondes avant et on rit d'avance, avant, pendant, après ...
Il faut avoir l'œil dans tous les coins pour saisir toutes les farces (la photo de Sarko, les affiches du film dans le film, ...) et tous les hommages de Jeunet au cinéma de notre enfance (le générique, le vidéo-club, les sketches à la Tati ou à la DeFunès, ...).
Tout cela (sauf le rire) est dosé juste comme il faut : rien de trop lourd, rien de trop long, rien de trop appuyé (ou si peu).
L'utilisation de l'islam terroriste dans le dénouement est, à ce titre, une perle d'intelligence et de finesse, chapeau ! j'en connais qu'auraient des leçons à prendre !
Certes tout cela n'a guère de prétentions, certes Jeunet utilise toujours la même palette de décors et de personnages (comme Walt Disney), certes ..., mais en cette journée de la gentillesse, il serait bien dommage de manquer ce sympathique dessin animé (pardon : film), marrant, malin et malicieux.


Pour celles et ceux qui aiment les joyeux-doux-dingues-dong.
Pascale a honte d'avoir aimé, Agnès a bien apprécié. Rob est sévère.

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