mardi 6 octobre 2009

Cinoche : Mary et Max

C’est l’histoire d’un fou …

Voilà bien un étrange film d'animation : Mary & Max de l'australien Adam Elliot, à voir sans les enfants.
Un film sur la correspondance échangée entre une petite fille australienne de la banlieue de Melbourne et un vieux monsieur qui vit au cœur de New-York.
Mary n'est pas très jolie, affligée d'une tâche sur la figure et en proie aux moqueries de ses camarades. Maman boit du sherry et Papa empaille des oiseaux blessés dans le garage.
Max, juif renégat, est boulimique et atteint du syndrome d'Asperger, une forme d'autisme.
Tous deux partagent le même plaisir du chocolat et la même incapacité à aimer ou être aimé.
Le film a beau être plein de traits d'humour (Max écrit à Ridiculani, le maire de New-York, il achète et rachète des poissons rouges qui tombent comme des mouches dans la chasse d'eau, ...), tout cela n'est pas très gai et la vie semble bien dure vue par les yeux de Max et Mary. Heureusement les petits personnages de pâte à modeler mettent une relative distance entre le spectateur et cette sombre histoire.
Le film est d'une rare beauté plastique avec une belle unité de tons : sépia et marron pour la petite Mary down-under, noir et blanc pour Max et un New-York plus vrai que nature.
Mais le propos essentiel du film tourne autour de Max et sa maladie, un peu façon Rain Man. Le réalisateur A. Elliot a lui aussi correspondu dans la vraie vie pendant de nombreuses années avec un "aspie". Ce syndrome d'Asperger qui fait de Max un inadapté social, hyper-logique (il attend le bus avec son rubik's cube) mais incapable de saisir les nuances de la communication non verbale : le genre de type qui part avec les meubles quand on lui dit  "mais prenez-donc un siège".
Mary et Max sont entourés de voisins guère mieux lotis : celle de Max est aux trois-quarts aveugle (elle contribuera d'ailleurs à l'hécatombe de poissons rouges !), celui de Mary est agoraphobe.
Mary finira quand même par épouser un petit voisin, un ... grec, qui la quittera pour un éleveur de moutons Néo-Z !
Moralité : on ne choisit ni sa famille, ni son héritage génétique. Acceptons nous tels que nous sommes, cela nous aidera à nous accepter les uns, les autres.
Ou encore : on ne choisit pas sa famille et il n'est pas facile de se faire des amis ...
Après le bipolaire mythomane de The informant, après l'alcoolique du Dernier verre, le cinéma de la rentrée a mal à la tête ...


Pour celles et ceux qui aiment recevoir du courrier.
Alexis, Pascale, Valérie, Marion en parlent.

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