dimanche 10 mai 2009

Cinoche : Millénium

La rançon du succès.

Le bouquin (enfin, les bouquins puisqu'il s'agit d'une trilogie) a connu un succès inattendu et suscité un enthousiasme étonnant de Stockholm à Paris.
Un engouement qu'on n'a guère partagé car, si on tenait là un bon polar, il n'y avait quand même pas de quoi abattre tous ces sapins : Millénium est un peu au thriller ce que le Da Vinci Code est à l'énigme ésotérique ou Harry Potter à la sorcellerie.
On avait même lâché la série au milieu du second tome, un peu trop racoleur à notre goût.


Et bien un autre petit suédois futé a eu l'idée d'acheter les droits ciné avant que le succès du roman de Stieg Larsson devienne quasi planétaire et voilà donc le film adapté du premier épisode Les hommes qui n'aimaient pas les femmes.
Et force est de constater que le film de Niels Arden Oplev est fort réussi, bien mieux que le bouquin originel.
Toute la première partie du film est passionnante, pleine de tensions, qui nous dépeint une Suède stressante et angoissante, froide et pluvieuse, qui n'a rien à envier à l'Islande d'Indridason transposée récemment à l'écran avec Jar City.
D'autant que Millénium fouille dans le trouble passé du modèle suédois, à l'époque sombre de la collaboration avec les nazis.
La suite du film reste fidèle au bouquin (y compris dans certaines scènes trop violentes et trop complaisantes, on l'a dit), avec les simplifications nécessaires à l'écran et on ne reviendra pas ici sur les détails de l'intrigue.
Juste un casting plutôt bien vu avec deux acteurs suédois, donc inconnus chez nous : Michael Nyqvist qui incarne le journaliste d'enquête et surtout l'étonnante Noomi Rapace qui endosse le rôle difficile de la punkette hackeuse - la jeune femme a une belle carrière devant elle !
Au passage, on ne manquera pas de relever ces rôles de hackeuses qui semblent désormais faire école ici ou là :
- la signora Elettra en talons aiguilles chez Donna Leon,
- la mamy Josette en pantoufles chez Fred Vargas,
- et donc la punkette Lisbeth en bottes de moto chez Stieg Larsson.
Nouvelles héroïnes des temps modernes, Robin des bois au féminin volant les e-mails et les passwords des riches pour rétablir la justice, ou nouvelles guerilleras de la non-violence surfant sur une technologie dont on craint qu'elle nous dépasse ? À suivre ...

Pour celles et ceux qui aiment les thrillers suédois.
Papillon en parle, Philippe également, la Boîte à sorties est moins tendre.
D'autres avis sur Critico-Blog.

Aucun commentaire: