mercredi 13 mai 2009

Cinoche : Dans la brume électrique

Au fond du bayou.

On est des fans inconditionnels de Tommy Lee Jones.
Espérons que cela n'aura pas trop aveuglé notre jugement sur cet excellent film de Bertrand Tavernier : Dans la brume électrique, un polar sur fond de bayou, en Louisiane.
Une Louisiane qui panse ses plaies après Katrina ... et d'autres maux, moins "naturels", comme la Guerre de Sécession ou le racisme, comme la mafia ou le show-biz (c'est pareil ?) et d'autres trafics.
Avec Tommy Lee Jones, le décor so cliché de Louisiane, ... on pouvait s'attendre à un thriller à l'américaine, mené à un rythme d'enfer et haletant ... et bien non ...
Il faut même quelques minutes au début, pour se mettre au diapason du film de Bertrand Tavernier, monté comme un bouquin, comme un polar, avec même une voix off (Tavernier aurait d'ailleurs eu des différents à ce sujet avec la production américaine ... heureusement, la version française est sortie conformément à ses souhaits).
Le rythme est plutôt calme comme dans un bon polar savouré dans un canapé, c'est celui des pensées de cet homme, c'est celui du bayou.
Magnifique scène de la pêche à la mouche ... on pense bien sûr aux polars récemment découverts de William G. Tapply, même si le décor du Maine et celui du bayou ne se ressemblent guère, à l'élément liquide près.
Un bayou où, après quelques verres, on voit des petites lumières électriques dans la brume : il s'agit peut-être des gaz du marais ou peut-être des lampes des fantômes des soldats confédérés enlisés ici depuis 150 ans, depuis Gettysburg. Qui sait ...
Comme dans un bon polar, on se laisse porter au fil de l'eau et l'intrigue policière ou la découverte du méchant importent peu.
On y (re)découvre également une Louisiane avec son charmant passé francophone : les noms des personnages ou des villes, les chansons (à la radio de la voiture, au générique, ...).
Marco Beltrami signe avec Tavernier, une excellente bande son et on vous laisse d'ailleurs écouter un long extrait de cette très belle chanson du générique de fin qui balance entre blues afro et gigue cajun : la terre tremblante  avec les voix de Dirk Powell et Courtney Granger.
Bien sûr, après un tel film, le bouquin de James Lee Burke ne pouvait qu'atterrir sur ce blog !


Pour celles et ceux qui aiment les bons polars.
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