lundi 12 janvier 2009

Cinoche : Le Che (1)

Icône de légende.

D'abord un petit coup de grogne contre le nouveau mode de distribution de certains films qui consiste à vous faire payer deux places au lieu d'une.
Après Mesrine épisode 1 et 2, voici le Che épisodes 1 et 2.
Les réalisateurs ne savent-ils plus faire tenir leurs propos en moins de deux heures ? où cherchent-ils plutôt à rentabiliser au maximum la production ?

Ceci étant dit, si on a pu zapper Mesrine, comment éviter le Che de Steven Soderbergh ?
Un sujet passionnant de l'histoire contemporaine, un épisode qui aura marqué toute une génération (celle dont on fait partie) et bien sûr l'avenir politique de l'Amérique.
Alors en route pour une leçon d'histoire (obligatoire pour les ados !).
Steven Soderbergh part cependant d'un point de vue bien personnel. Le Che est l'une des figures les plus emblématiques de la seconde moitié du siècle, sans doute l'image et le poster les plus répandus dans le monde. Et Soderbergh entend bien nous vendre son propre poster.
Non pas qu'il détourne la vérité historique, comme on dit. Bien au contraire, il reste fidèle aux écrits d'Ernesto Guevara, mais le film est particulièrement elliptique sur tout ce qui touche au contexte historique ou politique.
On entend ici ou là quelques échos de la grève générale, on devine quelques relations avec les communistes, on voit bien quelques instants d'une négociation entre Fidel Castro et des militants "urbains" mais ce sera à peu près tout ce que l'on verra de la révolution cubaine dans ce premier épisode.
Quand Castro part déjà sur ses propres routes, tout le film suit le Che asthmatique à la trace. On reste collé à ses rangers (plusieurs gros plans comme pour souligner que la révolution en marche est une expression à prendre au premier degré) et on partage tous les instants de la guérilla.
Le film est monté avec en alternance, d'un côté des images en couleurs de la progression du Che dans la guérilla cubaine et d'un autre côté des images en noir et blanc du discours du Che à l'ONU quelques dix ans plus tard, fausses images d'archives.
Comme pour encadrer l'aventure cubaine dans la perspective personnelle du Che : exporter le combat anti-impérialiste dans toute l'Amérique du Sud.
Au fil de la progression des guérilleros (depuis la jungle de la sierra jusqu'aux premiers combats de rue à l'approche de Santa Clara et bientôt La Havane) on sent peu à peu la légende du Che se construire.
Benicio del Toro incarne le bon docteur Ernesto Guevara, cette figure de légende, un des rares révolutionnaires du siècle dernier dont l'image n'aura pas été ternie par le pouvoir. Une sorte de Saint-Just moderne.
Un meneur d'hommes qui n'acceptait une nouvelle recrue qu'avec un fusil et l'engagement d'apprendre à lire et à écrire !`
À suivre avec le n° 2.


Pour celles et ceux qui aiment les leçons d'Histoire.
D'autres avis sur Critico-Blog, dont celui toujours pertinent de Cluny.
Pascale en parle également. Le second épisode est ici.

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