vendredi 26 décembre 2008

Cinoche : Secret défense

Pestacle de marionnettes.

Un pestacle de marionnettes pour adultes : Secret Défense.
Un film d'espionnage sur le même thème que Mensonges d'État sorti récemment également.
Et dans la même veine que, plus ancien, l'excellent Spy Game. La veine du «qui manipule qui ...».
Mais là où Mensonges d'État explore le côté occidental de la force, Secret Défense établit le parallèle entre les défenseurs de l'ordre (ici la DGSE, l'équivalent de la CIA d'outre-Atlantique) et le côté obscur de la force, les islamistes.
Avec un habile jeux de miroirs entre deux destins : une jeune fille un peu paumée se laisse enrôlée par les services français, un jeune homme un peu paumé se laisse embrigadé par les islamistes.
La première histoire, celle de la jeune fille, ressemble un peu trop à celle de Nikita pour être vraiment crédible. Celle du jeune homme est étonnante de réalisme, grâce notamment au jeu de Nicolas Duvauchelle.
Conclusion : il est plus facile d'imaginer qu'on peut tomber dans les bras des intégristes plutôt que de croire qu'on peut se dévouer corps et âme au service de l'état français ...
Au générique du début du film, une exergue : tant que tu n'auras pas vendu ton âme au diable, le diable essaiera de te l'acheter ...
On pense bien sûr aux deux héros, le jeune homme et la jeune fille, auxquels différents diables font des offres qu'on ne peut guère refuser et qu'ils ont toutes les bonnes raisons d'accepter.
Mais un autre personnage justifie cette citation : le rôle tenu par Gérard Lanvin (qui pour une fois ne joue pas Gérard Lanvin, il est excellent), l'officier traitant, comme on dit, de la jeune fille. Dur en affaire (et c'est pas peu dire) il a appris à ne jamais considérer ses agents comme des êtres humains (mais comme des armes). Lui, c'est clair et c'est le message final du film, il a vendu son âme au diable.
On pense évidemment à Russel Crowe dans Mensonges d'État : le Russel Crowe bedonnant, papy revenu du terrain, en train de poser ses gosses en voiture à l'école, téléphone vissé sur l'oreillette et en train de dicter ses ordres en Irak ou ailleurs. Quand il reprend le volant, une fois les gosses expédiés avec leurs cartables, il y a eu quelques morts de plus sur "le terrain".
Gérard Lanvin et Russel Crowe tiennent le même rôle et ont perdu toute humanité.
C'est peut-être le prix à payer dans la guerre contre le terrorisme (c'est l'autre message de ce film de Philippe Haim).
Un petit film bien intéressant, mené tambour battant mais loin des jeux de guerre US auxquels le cinéma américain nous avait habitués.
Surprenant. En bien.


Lo et Pascale en parlent. Sandra aussi.
Le Monde est beaucoup trop méchant.

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