mardi 8 avril 2008

Cinoche : Deux sœurs pour un roi

Grandeurs et décadence.

En avril, ne te découvre pas d'un fil et révise ton Histoire d'Angleterre.
Après la confrontation entre Élisabeth et Marie Stuart que l'on a découverte au Théâtre 13 sur le texte de Schiller, voici en quelque sorte la saison 1, avec la concurrence entre la mère d'Élisabeth, Anne Boleyn, et sa soeur Mary Boleyn.
Deux sœurs pour un roi, c'est effectivement le titre du film qui met en scène cet épisode précédent de l'histoire de la cour d'Angleterre.
Catherine d'Aragon, l'épouse du roi Henri VIII ne lui donne pas de fils et le roi se trouve donc contraint de chercher meilleure fortune parmi les dames du royaume.
Au sein de la famille Boleyn, les intrigues vont bon train pour essayer de mettre l'une des filles, de préférence la brune Anne (Natalie Portman), dans le lit du roi et gagner ainsi quelques faveurs pour le domaine et la famille.
Mais le roi jette finalement son dévolu sur la blonde Mary (Scarlett Johansson) pourtant déjà mariée.
Le drame se noue alors entre le sacrifice de Mary et la jalousie de Anne.
Le drame d'une famille où père et oncle n'hésitent pas à vendre leurs filles pour gagner quelques faveurs.
Même le frère devra se sacrifier et épouser une princesse haïe.
Plongés trop tôt dans ce nid de vipères les trois jeunes gens y perdront vite leur innocence et bientôt leur âme.
Seule la blonde Scarlett Johansson illumine ce monde cruel de sa franchise innocente tandis que la brune Natalie Portman se consume du feu sombre de la jalousie et de l'ambition.
Mais les brunes ne comptent pas pour des prunes et, après avoir appris en exil à la cour de France la science du marivaudage et l'art de la répartie, Natalie Portman reviendra finalement à la cour d'Henri VIII damer le pion à sa sœur et coiffer la couronne d'Angleterre. Pendant un temps, les femmes semblent pouvoir mener les hommes par le bout du nez (enfin, le nez, c'est une façon de parler).
Mais c'est compter sans la puissance des intrigues politiques, la force des complots de couloir, bref le vent de l'Histoire.
La pauvre Anne Boleyn y perdra son âme mais aussi la tête : elle finira décapitée, comme Mary Stuart cinquante ans plus tard.
Henri VIII est celui qui aura rompu avec l'Église Catholique et le Pape de Rome, laissant le champ libre aux protestants et à ce qui deviendra l'Église Anglicane : le film nous laisse entendre que cette rupture devait lui permettre d'annuler son mariage avec l'espagnole Catherine d'Aragon et d'épouser Anne Boleyn en secondes noces. On peut quand même se demander si ce ne fut pas plutôt l'inverse, et si son re-mariage avec Anne Boleyn ne fut pas le prétexte à rivaliser avec le pouvoir d'un Pape jugé trop envahissant et trop proche de la couronne d'Espagne (quelques années plus tard ce sera l'épisode de la Grande Armada).
Enfin peu importe on est au cinéma ! Et on peut se régaler avec cette intrigue riche d'enseignements,  menée tambour battant, filmée comme du Shakespeare et illuminée par deux belles et excellentes actrices.


Pour celles et ceux qui aiment les histoires de princesses.
L'avis de Cluny.

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