mardi 22 janvier 2008

Cinoche : La graine et le mulet

Couscous poisson !

Voilà le petit film de la rentrée qui fait salle comble depuis plusieurs semaines dans les petits cinés qui ont parié (et gagné) sur lui (mais il y en a d'autres, des petits films, en cette nouvelle année 2008 !).
Adellatif Kechiche nous y dévoile sa recette du couscous au poisson : de la graine et du mulet.
Mais parmi tous les ingrédients, il ne faut surtout pas oublier une bonne et généreuse pincée de Hasfia Herzi, l'actrice qui donne la réplique (et c'est pas peu dire) au héros du film Habib Boufares (alias Slimane), viré du chantier naval de Sète et qui se met en quête de transformer une épave de cargo pour ouvrir son propre resto de couscous-poisson.
C'est un film sur la famille, celle qui gravite autour de Slimane. Une famille du sud, filmée au plus près des visages. Des visages parfois quelconques, pas spécialement beaux mais qui sous la caméra de Kechiche illuminent le grand écran.
On traîne avec plaisir au repas dominical avec cette grande tablée, et le sourire largement ouvert, on les écoute rire, parler de tout et de rien, parler la bouche pleine de couscous-poisson et on se prend à rêver de revenir dimanche prochain ...
Alors que Slimane est plutôt un taiseux, tout au long du  film ça parle, ça cause, ça gueule, ça babille, ...
C'est aussi et surtout un film sur les femmes : les ex, les nouvelles, les filles, les belles-filles et les brus, tout un essaim d'éclatantes personnalités féminines qui bruissent et brillent dans tout le film, pendant que les hommes jouent l'orchestre ou font tapisserie (ils font d'ailleurs le décor du futur bateau-restaurant) : pour ceux qui en doutaient, après en avoir été l'avenir, la femme est bien désomais le présent de l'homme, surtout de l'homme mis au rencart de l'économie libérale délocalisée.
Mais pour tout dire on a trouvé la fin un peu longuette et décevante (que vient donc faire cette histoire de mobylette volée ? à part souligner trop lourdement que Slimane poursuit un rêve inaccessible et que la vie lui est passé sous le nez ?), et de tous les petits-grands films de ce début 2008, ce n'est peut-être pas celui qu'on aura préféré (peut-être déjà victime de son succès ?) mais il vaut largement le détour.


Pour celles et ceux qui aiment les portraits de famille en gros plan. 
D'autres avis sur Critico-Blog, dont celui toujours éclairé et pertinent de Cluny.

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