mardi 8 janvier 2008

Cinoche : Free world !

Le livre de la jungle.

Au passage saluons la programmation de notre ciné préféré, Les 7 Parnassiens, qui ce week-end a dû voir commencer l'année 2008 en couleurs car de longues files d'attente se pressaient dans une ambiance bon enfant samedi et dimanche pour voir les nombreux coups de coeur de la rentrée : La visite de la fanfare, California Dreamin', Ken Loach, La graine et le mulet, ...
Longue vie à ces petits cinés (et aux grands films qu'ils diffusent) !
Et jetez donc un oeil sur la programmation d'un Pathé ou d'un Gaumont cette même semaine ...



Dimanche donc ...
À plus de 70 ans, Ken Loach sait encore frapper fort, très fort.
Et plutôt du genre coup de poing dans la gueule.
Avec son dernier film, It’s a free world, on en prend plein la tête : rarement on aura vu un film aussi fort et aussi noir.
La démonstration est brève et sans appel : une jeune femme, exploitée par les valets du capitalisme relève la tête, elle tient absolument à s’en sortir. Super, on est avec elle ! Vas-y ma grande !
Pour élever son jeune fils, pour ne pas finir comme son père, …
... elle deviendra elle-même une exploiteuse pour assurément rendre service à tous ces immigrés qui viennent chercher du boulot à l'ouest, permettant ainsi au patronat de maintenir la pression vers le bas sur les salaires du pays.
Mais au-delà de la démonstration politique ou sociale, toute l’habileté de Ken Loach tient dans la personnalité de son héroïne (et dans la direction de son actrice, Kierston Wareing, crédible à 200%) : une jeune femme a priori charmante, quelqu’un pratiquement comme vous et moi.
Et serions nous vraiment sûr de quoi faire à sa place (si tant est qu'on peut s'imaginer à sa place, assis bien au chaud dans son fauteuil de ciné) ? L’enfer est pavé de bonnes intentions et d’ailleurs la belle se prénomme … Angie !
Yes, the jungle it’s a free world.
Et il ne semble guère y'avoir de lueur d'espoir dans cette libre jungle ...
Le père de l'héroïne (Ken Loach ?) qui parait bien désabusé et désarmé, la copine qui laisse tomber, ...
Une fin ciselée à la seconde près, juste le temps de réaliser ce qui vous arrive, et qui vous laisse assommé sur votre siège, brrrr .... il fait soudain un peu froid dans la libre jungle.
Finalement on aurait peut-être mieux fait d'aller au Gaumont d'à côté ...
Après Le vent se lève déjà apprécié fin 2006, Ken Loach prouve une fois encore qu'il est décidément un grand monsieur et l'on se faisait la réflexion que le ciné n'avait guère engendré d'équivalent, d'autre réalisateur aussi clairement engagé et aussi clairement bon cinéaste. Et si Kenneth Loach à près de 72 printemps semble faire cavalier seul, c'est qu'il est sans doute déjà bien trop tard pour lui voir apparaître un successeur.

Pour celles et ceux qui aiment les belles leçons de politique. 
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