vendredi 2 novembre 2007

Bouquin : Pays de neige

Pour découvrir l'un des deux prix Nobel nippons.


Yasunari Kawabata est l'un des deux auteurs japonais à avoir obtenu le Nobel de Littérature, c'était en 1968 (l'autre étant Kenzaburô Ôe en 1994).
Son roman Pays de Neige a été publié au Japon dans les années 30 et traduit en France en 1960.
Kawabata décrit la vie simple d'un village de montagne, à quelques heures de train de Tôkyô, où ceux de la grande ville viennent parfois skier.
Des montagnes recouvertes de neige immaculée tout l'hiver.
Une sorte de paradis tranquille, idéalisé par les yeux d'un citadin qui cherche à se ressourcer, à la recherche d'un éden perdu.

[...] Adossée à un mur de pierres, une gamine de douze à treize ans tricotait, à l'écart des autres. Hors de la rude étoffe de ses larges pantalons montagnards, il vit qu'elle avait les pieds nus dans ses geta, et que la peau en était rouge et gercée par le froid. 
Sagement assise sur un tas de bûches à côté d'elle, un petit bout de fille qui pouvait avoir deux ans écartait ses menottes pour lui tenir avec patience l'écheveau de laine, d'une couleur terne et grise, dont le fil acquérait une teinte plus vive et plus chaude, en passant des bras de la plus petite aux mains de la plus âgée des deux fillettes.
Un riche oisif de Tôkyô y vient régulièrement en villégiature et fait la connaissance de deux femmes dont une geisha.
On a déjà presque tout dit car il ne se passe pas grand chose dans ce roman qui enchaine les rencontres entre cet homme et ces deux femmes.
Mais c'est précisément ce qui en fait tout le charme : les rencontres inabouties, les dialogues inachevés, les sentiments suggérés et les passés à peine entrevus, les amours qui ne se disent pas vraiment, ...
Tout un art subtil de l'elliptique.
On y retrouve donc un peu de l'atmosphère qu'on avait déjà appréciée à la lecture des Années douces de Hirowi Kawakami.
[...] - J'ai pensé que je pourrais vous demander de venir jusque chez moi; c'est pour cela que je vous ai rejoint. 
 - Ta maison est par ici ? 
- Tout près. 
- J'accepte, si j'ai la permission de lire le journal que tu tiens. 
- J'ai l'intention de le brûler avant ma mort. 
Pour le lecteur, comme pour le personnage principal, ce livre est une douce parenthèse à ouvrir.
Une parenthèse dont ne sait trop si elle se referme vraiment une fois les dernières pages du livre lues.
Voir aussi Les belles endormies et Le grondement de la montagne.

Pour celles et ceux qui aiment la neige, les estampes japonaises et les amours elliptiques. 
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