dimanche 21 octobre 2007

Cinoche : Ennemi intime

À l'heure où, quarante ans après, la France dévoile à l'Algérie les plans d'enfouissement des mines anti-personnel, il n'est pas inutile de rappeler à notre mémoire quelques événements de cette sale guerre, notamment pour les plus jeunes (idéal pour les ados).L'ennemi intime, le film de Florent Emilio Siri (basé sur un documentaire de Patrick Rotman) s'affiche clairement comme un film de guerre. Juste retour des choses pour une guerre qui ne voulait pas dire son nom.
Un film de guerre comme ceux que nous ont donnés les américains après le Viêt-Nam.
Le Viêt-Nam y est d'ailleurs constamment présent puisqu'il est d'abord et fréquemment fait référence à la guerre d'Indochine.
Le Viêt-Nam est encore là lorsque le désert de roches est filmé comme une jungle, lorsque les avions larguent leur napalm, ou lorsque les partisans du FLN, à peine entrevus derrière leurs pierres, pourraient être des viêt-congs derrière leurs arbres.
Mais il est également et fréquemment fait référence à la guerre mondiale de 45, puisque l'ennemi intime c'est aussi le combattant qui était à vos côtés en Italie contre les Allemands et qui, quelques années plus tard, se retrouve du côté des fellaghas.
À chacun sa guerre, pourrait dire le film. Personnellement, trop jeunes pour celle d'Algérie, ce sera celle du Viêt-Nam qui marquera notre adolescence et nos enfants seront sans doute marqués par celle(s) d'Irak.
Bien sûr on pourra reprocher au film quelques scènes un peu explicatives (comme celle des femmes et de leur mulets) mais l'ennemi intime, et c'est là le propos essentiel du film, c'est avant tout soi-même.
Puisque le film est un hommage à tous ceux (et ils sont nombreux) qui furent envoyés dans ces sales guerres d'indépendance et qui y perdirent leur âme en attendant que l'Empire y perde ses colonies.
Un film dont l'unité de ton, de lieux, de couleurs, d'ambiance, ... laisse une impression très forte.
Un film qui nous apprend pourquoi nos soldats portaient des lunettes sombres aux verres fumés : et ce n'était pas à cause du soleil ...

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